L'accessibilité au Luxembourg

Auteur/autrice : Accessibilité Luxembourg

  • 37 offres « tourisme et culture pour tous » dans un classeur FALC

    37 offres « tourisme et culture pour tous » dans un classeur FALC

    Le Syndicat Intercommunal Kanton Réiden vient de publier un nouvel outil innovant : le classeur « Tourisme & Culture pour tous ». Cette initiative vise à rendre l’offre touristique et culturelle de la région plus inclusive et accessible.

    Ce classeur disponible en allemand , rassemble 37 offres différentes, réparties en six catégories : visites guidées, sentiers de promenade, activités sportives, gastronomie, hébergements et événements culturels.

    L’objectif principal est clair : permettre à chacun, y compris aux personnes avec une déficience intellectuelle, de profiter pleinement des richesses du territoire. Le projet contribue également à sensibiliser les acteurs du tourisme et le grand public aux besoins spécifiques de ces publics.

    Développé en collaboration avec différents partenaires régionaux, ce classeur constitue un véritable guide pratique pour découvrir la région du « Wëlle Westen » sous un angle inclusif et humain.

    Une belle avancée vers un tourisme plus responsable, où l’accessibilité devient une priorité pour tous.

  • Sites web accessibles : pour qui et comment les concevoir ?

    Sites web accessibles : pour qui et comment les concevoir ?

    Internet est aujourd’hui un outil indispensable pour s’informer, faire des démarches administratives, acheter, communiquer ou se divertir. Un site web accessible est un site conçu pour que toutes les personnes puissent y naviguer, comprendre son contenu et utiliser ses fonctions, indépendamment d’un éventuel handicap ou de besoins particuliers. Cela concerne aussi bien les personnes aveugles ou malvoyantes que celles qui utilisent d’autres dispositifs qu’un clavier et une souris, ou qui ont besoin d’un outil de traduction automatique. L’accessibilité d’un site repose à la fois sur des critères techniques et sur la qualité de son contenu. Cet article explique sur quelles normes s’appuyer au Luxembourg et ce qui rend concrètement un site accessible.

    Les normes de référence : WCAG et RAWeb

    La norme internationale de référence pour l’accessibilité des sites web est le WCAG (Web Content Accessibility Guidelines), publié par le W3C. La version WCAG 2.2, parue en 2023, est reconnue depuis 2025 comme norme ISO/IEC 40500:2025 et organise l’accessibilité autour de quatre grands principes : perceptible, utilisable, compréhensible et robuste. Ces quatre principes sont parfois résumés par l’acronyme POUR, une formulation reprise notamment dans les référentiels francophones d’accessibilité numérique. Le Luxembourg a développé son propre référentiel, le RAWeb, qui reprend l’intégralité des critères du RGAA français ainsi que des critères supplémentaires, pour un total de 136 critères de contrôle couvrant l’intégralité de la norme européenne EN 301 549. Le RAWeb peut être utilisé pour vérifier l’accessibilité d’un site et guider sa conception.

    À qui profite un site accessible ?

    À tout le monde. Un site web accessible est conçu pour que chacun puisse l’utiliser, que la personne navigue avec un ordinateur ou un autre appareil. Il doit aussi pouvoir être consulté par une personne qui a besoin d’applications spécialisées pour surfer sur Internet ou d’appareils adaptés pour utiliser un ordinateur. L’accessibilité web est utile en particulier :

    • aux personnes qui utilisent d’autres accessoires qu’un clavier et une souris pour se servir d’un ordinateur ;
    • aux personnes malvoyantes ou aveugles ;
    • aux personnes qui ont besoin d’un outil de traduction automatique pour consulter des sites web.

    Les quatre piliers d’un site accessible

    Un site web accessible répond à plusieurs qualités importantes :

    Compatibilité technique

    Le site doit fonctionner avec différents navigateurs et outils d’assistance, comme les lecteurs d’écran ou les logiciels de grossissement de caractères.

    Informations bien présentées

    Tous les contenus doivent être faciles à percevoir : textes lisibles, contrastes de couleurs suffisants, descriptions pour les images porteuses d’information, sous-titres pour les vidéos.

    Fonctionnement prévisible

    Le site doit se comporter de manière logique : les boutons et liens font ce qu’on attend d’eux, et en cas d’erreur, le site aide l’utilisateur à la corriger.

    Navigation simple et claire

    Les visiteurs doivent pouvoir se déplacer facilement sur le site : des menus bien organisés, des liens qui expliquent où ils mènent, et la possibilité d’utiliser toutes les fonctions au clavier seul. Un bon réflexe consiste à éviter les intitulés vagues comme « cliquez ici » ou « en savoir plus », qui n’apportent aucune information aux personnes qui parcourent une page lien par lien avec un lecteur d’écran.

    Comment évaluer rapidement l’accessibilité d’un site ?

    Il est possible de se faire une première idée de l’accessibilité d’un site sans compétences techniques particulières. Quelques vérifications simples suffisent : peut-on atteindre tous les liens et boutons uniquement avec le clavier, le contraste entre le texte et l’arrière-plan est-il suffisant, les éléments animés peuvent-ils être arrêtés, une vidéo reste-t-elle compréhensible sans le son, et la page est-elle structurée avec des titres cohérents. Si l’un de ces points pose problème, cela révèle une lacune à corriger. Pour aller plus loin, un audit complet réalisé par des experts permet d’identifier l’ensemble des non-conformités et d’établir un plan d’action pour les corriger progressivement.

  • Le cadre législatif de l’accessibilité au Luxembourg

    Le cadre législatif de l’accessibilité au Luxembourg

    Au Luxembourg, trois lois importantes encadrent l’accessibilité. Elles concernent tous les domaines de la vie sociale et économique : les infrastructures, les services publics numériques et, depuis 2025, les produits et services du secteur privé. Ensemble, elles montrent l’engagement du pays pour l’inclusion de tous les citoyens, en particulier des personnes en situation de handicap. Cet article présente les organismes qui surveillent l’application de ces lois, les outils pratiques disponibles pour s’y conformer, et le détail des trois textes.

    Une dynamique portée par la société civile

    Ces lois permettent une approche globale : l’accessibilité devient progressivement un standard dans tous les domaines de la vie. Ce processus est soutenu par différentes organisations qui représentent ensemble l’expertise nationale, comme Info-Handicap, le centre national d’information et de rencontre du handicap, qui fédère plus de 60 associations depuis 1993 et promeut notamment le concept de « Design for All ». L’objectif est que toutes les personnes vivant au Luxembourg puissent participer de manière autonome et égale à la vie sociale, quelle que soit leur situation personnelle.

    Trois lois, un même objectif : l’inclusion

    Accessibilité des produits et services : loi du 8 mars 2023

    Cette loi transpose la directive européenne 2019/882 (European Accessibility Act) et étend les obligations au secteur privé. Elle est entrée en vigueur le 28 juin 2025. Sont concernés notamment les services de communications électroniques, les plateformes audiovisuelles, les services bancaires, le commerce électronique, le transport de passagers ainsi que les livres numériques. Les microentreprises (moins de 10 salariés et un chiffre d’affaires annuel inférieur à 2 millions d’euros) sont exemptées de certaines obligations.

    L’Office de la surveillance de l’accessibilité des produits et services (OSAPS) surveille la mise en œuvre de cette loi. En cas d’infraction, des amendes administratives et pénales pouvant atteindre 500 000 euros sont prévues, et jusqu’à 1 million d’euros en cas de récidive. Le montant de l’amende est proportionnel à l’ampleur et à la gravité du manquement.

    Accessibilité numérique publique : loi du 28 mai 2019

    Cette loi transpose la directive européenne 2016/2102. Elle concerne l’accessibilité des sites internet et applications mobiles des organismes du secteur public : l’État, les communes ainsi que certains organismes travaillant dans l’intérêt public et financés publiquement. Les sites web doivent être accessibles depuis septembre 2020, les applications mobiles depuis juin 2021. Le Service Information et Presse (SIP, Ministère d’État) surveille la mise en œuvre et traite les réclamations.

    Accessibilité des infrastructures : loi du 7 janvier 2022

    Cette loi règle l’accessibilité des lieux ouverts au public, des voies publiques et des bâtiments d’habitation collectifs. Elle concerne les commerces, restaurants, administrations, professions libérales et établissements d’hébergement. Les principales obligations portent sur les entrées accessibles, les zones d’accueil, les voies de circulation, les sanitaires et une signalétique adaptée. Les lieux ouverts au public existants doivent être accessibles avant le 1er janvier 2032.

    RAWeb, RAAM, RAPDF : des référentiels pour passer à l’action

    La loi sur l’accessibilité numérique ainsi que la loi sur l’accessibilité des produits et services se basent sur la norme européenne EN 301 549. Le Luxembourg a développé des référentiels pour faciliter la mise en œuvre de l’accessibilité :

    • Le RAPDF s’applique aux documents PDF avec 46 critères de contrôle ;
    • Le RAAM s’applique aux applications mobiles avec 107 critères de contrôle ;
    • Le RAWeb s’applique aux sites internet et contient 136 critères de contrôle.

    Ces cadres de référence aident les organisations à appliquer plus facilement la norme européenne. Ils évitent le travail direct avec des textes de loi complexes et contiennent des tests précis, des méthodes claires et des techniques concrètes (HTML, CSS, JavaScript). Le texte intégral de la directive européenne 2016/2102, qui fonde l’obligation d’accessibilité numérique du secteur public dans toute l’Union européenne, est consultable sur le portail EUR-Lex.

  • La transcription simultanée : le sous-titrage en temps réel pour les personnes sourdes et malentendantes

    La transcription simultanée : le sous-titrage en temps réel pour les personnes sourdes et malentendantes

    Pour les personnes malentendantes ou sourdes, suivre une conversation orale peut être un vrai défi, que ce soit en cours, au travail, chez le médecin ou lors d’un événement public. La transcription simultanée, aussi appelée sous-titrage en temps réel, répond à ce besoin en retranscrivant les paroles en texte écrit au fur et à mesure qu’elles sont prononcées. Cet article explique son fonctionnement, ses usages et comment l’organiser au Luxembourg.

    Secret professionnel et complémentarité

    Les transcripteurs et transcriptrices sont soumis au secret professionnel. La transcription complète utilement d’autres solutions d’accessibilité comme les sous-titres préenregistrés ou la langue des signes, dans le cadre plus large du principe de la redondance sensorielle. Le concept anglophone équivalent, la Communication Access Realtime Translation (CART), est reconnu aux États-Unis comme un aménagement d’accessibilité à part entière pour les personnes sourdes et malentendantes.

    Comment organiser une transcription au Luxembourg ?

    Pour organiser une transcription, contactez le service de conseil pour personnes malentendantes Hörgeschädigten Beratung SmH (hoergeschaedigt.lu). Pour une bonne collaboration, fournissez à l’avance tous les documents utiles : plans de déroulement, termes techniques, présentations, noms des participants. Prévoyez aussi de bonnes conditions de travail : une table avec chaise sans accoudoirs, une prise électrique, un bon éclairage et une bonne acoustique. Ce travail étant intellectuellement très exigeant, deux transcripteurs qui se relaient sont nécessaires pour les missions de plus d’une heure.

    Des usages variés, sur place ou à distance

    La transcription s’applique à de nombreux domaines : santé (chez le médecin, à l’hôpital), travail, école et formation, administrations, tribunal et police, services religieux, activités associatives, événements privés (fêtes de famille, mariages) et événements culturels ou de loisirs.

    Elle fonctionne aussi bien sur place qu’à distance. En présentiel, les transcripteurs sont assis directement à côté du client, à l’écart dans la salle, ou dans une pièce adjacente ; si ce n’est pas la même salle, une transmission sonore (par exemple via un système FM) est nécessaire. À distance, on parle de transcription en ligne : elle requiert une transmission audio via un outil de visioconférence.

    Trois techniques de transcription

    Les transcripteurs et transcriptrices se préparent avant chaque intervention : ils se familiarisent avec le sujet et le vocabulaire spécialisé, et créent des abréviations pour les noms de personnes et d’institutions. Trois techniques principales sont utilisées au Luxembourg et en Allemagne, qui peuvent être combinées entre elles :

    • La transcription par reconnaissance vocale (respeaking) : le transcripteur répète ce qu’il entend dans un système de reconnaissance vocale entraîné à sa voix, qui convertit la parole en texte presque instantanément ; les corrections se font directement au clavier.
    • La vélotypie assistée par ordinateur : un clavier spécial (vélotype) permet d’enfoncer plusieurs touches simultanément, comme au piano, pour écrire des syllabes ou des mots entiers d’un seul geste et augmenter fortement la vitesse.
    • La technique conventionnelle : un clavier standard sert à transcrire les propos. Quand le débit est trop rapide, le texte est résumé à l’aide d’abréviations.

    Selon la situation, les professionnels travaillent dans la même pièce à l’aide d’un masque microphone spécial (sténomasque), ou à distance avec un casque, depuis une salle adjacente ou une cabine d’interprétation.

    Un service d’interprétation écrite en temps réel

    La transcription simultanée, ou transcription, est une forme d’interprétation conçue pour les personnes nées sourdes, malentendantes ou devenues sourdes. Les informations acoustiques sont transmises en direct sous forme écrite : les mots prononcés, mais aussi les expressions non verbales, les bruits (rires, applaudissements), l’ironie et les changements d’interlocuteur. La personne malentendante lit le texte sur un écran, une tablette ou un écran de projection.

    Ce service aide surtout les personnes qui communiquent oralement et connaissent peu ou pas la langue des signes. Son avantage principal : contrairement à un enregistrement ou un résumé rédigé après coup, il permet de lire en temps réel, de poser des questions et de participer activement à la conversation.

    Sources

  • Le FALC (langage facile à lire et à comprendre) : règles et acteurs au Luxembourg

    Le FALC (langage facile à lire et à comprendre) : règles et acteurs au Luxembourg

    Le langage facile à lire et à comprendre, ou FALC, est une variante fortement simplifiée d’une langue, créée comme moyen de participation communicative pour permettre aux personnes avec des difficultés d’apprentissage d’accéder à l’information. Ce n’est pas un langage naturel mais un langage artificiellement créé et fortement réglementé, porté en Europe notamment par l’association Inclusion Europe. Au Luxembourg, plusieurs structures produisent et vérifient des textes en FALC. Cet article présente les règles principales du FALC et les acteurs luxembourgeois qui le mettent en œuvre.

    Toujours privilégier le FALC, même sans vérification

    Si une vérification par un groupe de relecture n’est pas possible, les textes devraient néanmoins être rédigés en FALC : cela garantit le plus grand accès possible à l’information.

    Qui vérifie les textes en FALC au Luxembourg ?

    Pour garantir la compréhension d’un texte FALC, il est recommandé de le faire vérifier par un groupe de relecture composé de personnes avec des difficultés d’apprentissage. Un texte vérifié peut porter le logo d’Inclusion Europe pour le langage FALC. Au Luxembourg, il existe actuellement :

    • l’atelier isie de l’APEMH, qui relève des textes en allemand, français et anglais ;
    • le groupe de relecture Op der Schock, spécialisé dans le tourisme ;
    • le Service Langage facile du Centre pour le développement intellectuel (CC-CDI), exclusivement pour le domaine scolaire.

    Le service Klaro de l’APEMH propose par ailleurs des conseils et des formations en FALC pour toute personne intéressée.

    Trois catégories de règles

    Les textes en FALC sont plus courts en contenu que les textes standards, car une sélection d’informations est nécessaire pour les personnes ayant une capacité d’attention réduite.

    Mise en page

    • Polices sans empattement, interligne de 1,5, texte aligné à gauche.
    • Une phrase par ligne ; images et pictogrammes pour faciliter la compréhension.

    Structure des phrases

    • Phrases courtes de 8 à 10 mots, une seule information par phrase, structure sujet-verbe-complément.
    • Phrases actives et positives plutôt que passives ou négatives.

    Vocabulaire

    • Utilisez des mots simples et le même mot pour parler de la même chose ; expliquez les termes techniques.
    • Évitez les abréviations, les métaphores et les initiales.
    • Présentez les chiffres et les dates de manière simple (« 3 livres » plutôt que « trois livres »).

    Origines et reconnaissance du FALC

    Le concept de langage facile existe pour différentes langues : le FALC pour l’espace francophone, la « Leichte Sprache » pour les pays germanophones, et le « easy-to-read » pour les pays anglophones. L’association Inclusion Europe, qui défend les droits des personnes en situation de handicap intellectuel à travers l’Europe, a joué un rôle décisif dans son développement et a élaboré des règles de référence intitulées « Information for all » (2010). Depuis 2014, le langage facile fait aussi l’objet d’études linguistiques.

  • Le langage inclusif : rendre visibles tous les genres, de manière accessible

    Le langage inclusif : rendre visibles tous les genres, de manière accessible

    Notre langage façonne notre réalité et notre perception : il peut inclure ou exclure certaines personnes. Dans une démocratie, tout le monde doit pouvoir participer et être inclus, y compris les personnes handicapées et les personnes de tous sexes et genres. Le langage inclusif vise à rendre visibles tous les genres et toutes les orientations sexuelles et à les traiter de manière égale, sans normes universelles imposées. Mais l’inclusivité et l’accessibilité ne vont pas toujours spontanément ensemble : certains procédés typographiques, comme le point médian, peuvent poser problème aux lecteurs d’écran. Cet article explique comment concilier les deux.

    Une question d’attitude, avant tout

    Il n’existe pas de langage parfait, totalement non discriminatoire. L’essentiel est de prendre conscience de la personne à qui l’on s’adresse et de ce qui est important pour elle. Le langage évolue constamment ; en participant activement à cette évolution, nous pouvons contribuer à une société plus inclusive.

    Langage non discriminatoire et validisme

    Le langage non discriminatoire consiste à utiliser les mots de manière à éviter toute forme de stigmatisation. Il ne s’agit pas seulement d’éviter certains mots, mais d’adopter une attitude respectueuse. Certaines expressions peuvent, sans intention, dévaloriser une personne en situation de handicap, on parle alors de validisme. Par exemple, on privilégiera « personne en situation de handicap » ou « personne avec un handicap » plutôt que « handicapé », et « utilise un fauteuil roulant » plutôt que « victime d’un handicap ». Chaque personne peut avoir ses propres préférences : il est conseillé de demander directement comment elle souhaite être appelée.

    Plusieurs techniques pour un langage inclusif

    Il existe plusieurs façons de parler et d’écrire de manière inclusive. Il ne s’agit pas de règles strictes mais de recommandations, à adapter selon le contexte et le public :

    • La double flexion : écrire les deux formes entièrement, par exemple les étudiants et les étudiantes.
    • Le point médian (·) : regroupe les formes masculine et féminine dans un même mot, par exemple un·e employé·e.
    • Mots épicènes : privilégier des mots neutres, par exemple un/une élève, un/une journaliste.
    • Les noms collectifs : utiliser un nom qui désigne un ensemble de personnes sans distinction de genre, par exemple la clientèle plutôt que les clients.
    • La voix active : reformuler une phrase à la voix active permet souvent d’éviter de choisir entre le masculin et le féminin, par exemple nous vous prions de confirmer plutôt que vous êtes priés de confirmer.

    S’adresser à un groupe ou à une personne

    Pour un discours ou un courrier adressé à un ensemble de personnes, une formule de salutation neutre évite de présumer qui sera présent : « Bonjour à toutes et tous », « Cher public » ou « Chers invité·es » remplacent avantageusement des tournures qui supposent un public uniquement masculin ou féminin.

    Face à une personne que l’on ne connaît pas, il vaut mieux éviter de présumer son genre. Un simple « Bonjour », dit avec un sourire, remplace utilement un « Bonjour Madame » ou « Bonjour Monsieur » qui pourrait s’avérer erroné. Si la relation se prolonge, la personne elle-même indiquera souvent comment elle souhaite être appelée, par exemple en précisant son pronom dans la signature d’un courriel.

    Concilier inclusivité et accessibilité

    Le langage inclusif peut être compatible avec le FALC (Facile à lire et à comprendre), à condition de privilégier des formulations neutres ou collectives plutôt que des signes typographiques complexes.

    Le point médian peut poser un problème d’accessibilité, car les lecteurs d’écran ne le lisent pas toujours correctement, ce qui peut rendre le texte confus pour les personnes malvoyantes ou non-voyantes. Par exemple : « les étudiant·e·s sont invité·e·s » devient plus accessible sous la forme « les membres du corps étudiant sont invités », sans symbole spécial.

    Une étude représentative menée en 2022 par l’organisme allemand BFIT-Bund auprès de personnes aveugles et malvoyantes a montré qu’aucun caractère de séparation (astérisque ou deux-points) n’offre d’avantage technique clair sur l’autre en matière d’accessibilité. Selon Access42, il est par ailleurs possible de personnaliser certains lecteurs d’écran pour qu’ils interprètent correctement les caractères spéciaux ; cette organisation considère d’ailleurs que le point médian demeure une bonne option pour pratiquer un langage inclusif, à condition de sensibiliser les utilisateurs de technologies d’assistance. Des extensions de navigateur comme LEIA permettent aussi de configurer la lecture du point médian pour certains lecteurs d’écran, ce qui limite cette gêne pour les personnes qui les utilisent.

    Sources

  • Médias sociaux accessibles : comment publier pour toutes et tous

    Médias sociaux accessibles : comment publier pour toutes et tous

    Les médias sociaux font aujourd’hui partie de notre quotidien : nous les utilisons pour nous informer, partager des expériences et rester en contact. Il est donc important que personne ne soit exclu de leur utilisation. Les personnes en situation de handicap doivent elles aussi pouvoir percevoir, comprendre et utiliser les publications, images et vidéos sur les réseaux sociaux. Depuis juin 2025, le European Accessibility Act renforce d’ailleurs les obligations des services de communication en la matière. Cet article explique comment créer des publications accessibles et quelles erreurs éviter.

    Une obligation légale, mais surtout un enjeu d’inclusion

    De nombreuses entreprises et organisations ont désormais l’obligation légale de rendre leurs services numériques accessibles, y compris leurs réseaux sociaux. Mais au-delà de l’obligation, des contenus accessibles sont inclusifs, touchent plus de monde et favorisent une véritable participation. Plus tôt vous commencerez à publier de manière accessible, mieux ce sera.

    Ce qu’il faut éviter

    N’utilisez pas d’outils en ligne qui transforment le texte en « faux gras » ou « faux italique » : ces outils génèrent des caractères Unicode spéciaux que les technologies d’assistance ne peuvent pas lire correctement, ou qu’elles ignorent entièrement. Évitez également de créer de fausses colonnes à l’aide d’espaces et de sauts de ligne : ce qui ressemble visuellement à des colonnes est lu par un lecteur d’écran comme un texte continu, ligne par ligne, ce qui le rend incompréhensible. Écrivez toujours vos textes dans l’ordre dans lequel ils doivent être lus.

    Cinq bonnes pratiques pour des publications accessibles

    Écrire dans un langage simple et clair

    Rédigez des phrases courtes, expliquez les termes techniques, évitez le jargon et structurez les textes longs avec des paragraphes.

    Utiliser correctement les hashtags

    Les hashtags peuvent être difficiles à comprendre pour les lecteurs d’écran. Évitez d’en mettre trop et placez-les en fin de publication. Écrivez les mots composés avec une majuscule au début de chaque mot (Camel Case) : #RéseauxSociauxAccessibles plutôt que #réseauxsociauxaccessibles. Sans cette majuscule, un lecteur d’écran tente de lire le hashtag comme un seul mot continu au lieu de plusieurs mots distincts.

    Utiliser les emojis avec modération

    Les lecteurs d’écran lisent chaque emoji comme du texte, en le décrivant selon sa définition Unicode officielle. Utilisez-les avec parcimonie, de préférence en fin de phrase, et évitez les longues suites d’emojis.

    Ajouter des sous-titres aux vidéos

    Sans sous-titres, seules les personnes qui entendent suffisamment bien peuvent comprendre une vidéo. Les sous-titres aident les personnes sourdes ou malentendantes, celles qui regardent sans le son, et celles qui ne maîtrisent pas la langue originale. La plupart des plateformes proposent des sous-titres automatiques : vérifiez toujours l’orthographe, le contenu et le timing avant de publier.

    Utiliser des textes alternatifs pour les images

    Décrivez les images à l’aide de textes alternatifs, lus notamment par les lecteurs d’écran. Un bon texte alternatif décrit de manière concise ce que l’on voit, en donnant d’abord l’information la plus importante et en restant factuel. Contrairement aux sites web, les images sur les réseaux sociaux sont rarement purement décoratives : il faut donc presque toujours ajouter un texte alternatif. Par exemple, au lieu de « Photo gagnante », préférez : « La photo gagnante du concours : une femme en robe rouge sourit devant un immeuble de bureaux. »

  • Le principe de la redondance sensorielle : pourquoi communiquer par au moins deux sens

    Le principe de la redondance sensorielle : pourquoi communiquer par au moins deux sens

    Le principe de la redondance sensorielle, aussi appelé « principe des deux sens » ou « principe de la redondance multimodale », est l’une des règles de base de la communication accessible. Il consiste à transmettre une même information par au moins deux canaux sensoriels différents (vue, ouïe, toucher), afin que les personnes qui n’entendent pas ou ne voient pas bien puissent quand même y accéder. Un feu de circulation qui émet aussi un signal sonore, une vidéo sous-titrée, une alarme accompagnée d’un signal visuel : ce principe se retrouve partout, de la signalétique urbaine aux contenus numériques. Il est même inscrit dans la législation luxembourgeoise sur l’accessibilité des lieux ouverts au public. Nous vous expliquons ici ce que recouvre ce principe et comment il se traduit concrètement.

    Le principe des deux sens : une même information par au moins deux canaux

    Le principe de la redondance sensorielle est un principe fondamental de la communication accessible, aussi appelé principe de la redondance multimodale ; en allemand, on parle de « Zwei-Sinne-Prinzip » (littéralement « principe des deux sens »). Selon ce principe, une information doit être publiée via au moins deux canaux sensoriels différents, afin que les personnes qui n’entendent ou ne voient pas bien puissent quand même la percevoir et la comprendre. Le principe prend en compte les sens de l’ouïe, de la vue et du toucher : une information visuelle doit par exemple aussi être proposée sous forme auditive ou tactile, et inversement.

    Concrètement : comment appliquer ce principe ?

    Ce principe devrait être appliqué dans toute forme de communication.

    Dans les médias numériques

    Les contenus numériques doivent également être conçus selon ce principe : les contenus auditifs doivent être accompagnés d’une alternative visuelle, et les contenus visuels ont besoin d’une alternative auditive ou tactile. Voici quelques exemples :

    • Sous-titrage des vidéos
    • Vidéos en langue des signes
    • Signaux visuels en complément des alertes sonores
    • Transcriptions pour les podcasts
    • Audiodescriptions pour les vidéos
    • Textes alternatifs pour les images, accessibles de manière auditive via un lecteur d’écran
    • Descriptions textuelles pour les diagrammes, graphiques et tableaux
    • Signaux haptiques (vibrations) dans les applications mobiles
    • Compatibilité avec les plages braille grâce à un balisage HTML sémantique

    Ces pratiques rejoignent les critères de succès des Web Content Accessibility Guidelines (WCAG) du W3C, qui exigent notamment des sous-titres pour les contenus audio préenregistrés et une audiodescription pour les contenus vidéo préenregistrés.

    Dans la communication orale

    Pour garantir une plus grande participation, la communication orale devrait être mise à disposition sous forme visuelle. Voici quelques exemples :

    • Interprétation en langue des signes
    • Transcription écrite en direct
    • Version écrite des conférences et présentations

    Dans la communication visuelle

    • Pour faciliter l’orientation, toute signalisation visuelle devrait aussi être disponible de manière tactile ou acoustique : les feux de circulation peuvent émettre des signaux sonores, les panneaux d’information peuvent être complétés par des éléments tactiles, des inscriptions sur les mains courantes ou des aides à l’orientation sonores.
    • Les textes imprimés sur papier peuvent être rendus accessibles à l’aide de codes QR renvoyant vers une version audio qui lit le texte à voix haute. Les informations en braille ou les graphiques tactiles constituent également des alternatives utiles.

    Une exigence désormais inscrite dans la loi luxembourgeoise

    Au Luxembourg, la loi du 7 janvier 2022 sur l’accessibilité à tous des lieux ouverts au public, des voies publiques et des bâtiments d’habitation collectifs repose sur le principe de la conception universelle : concevoir des espaces utilisables par toutes et tous, y compris les personnes à mobilité réduite ou malvoyantes. Elle prévoit notamment que les éléments d’information et de signalisation destinés aux visiteurs doivent former une chaîne continue et cohérente tout au long d’un cheminement, et que tout système d’alarme présent dans un lieu ouvert au public doit être couplé à un dispositif à la fois sonore et visuel, perceptible dans l’ensemble des espaces accessibles au public. Cette loi, entrée en vigueur le 1er juillet 2023, traduit directement le principe de la redondance sensorielle dans le droit luxembourgeois.

  • Vidéos accessibles : comment les réaliser ?

    Vidéos accessibles : comment les réaliser ?

    Les vidéos accessibles sont utiles à tous. Elles aident par exemple les personnes qui ont des difficultés d’apprentissage, une déficience visuelle ou auditive, ou celles qui souhaitent apprendre une nouvelle langue. Le fait de combiner images, texte et son permet de présenter des contenus complexes de manière claire. Pour qu’une vidéo soit réellement accessible, de nombreux détails doivent être pris en compte : le langage utilisé, la qualité technique, les sous-titres, l’audiodescription et, si possible, une interprétation en langue des signes. Cet article présente les bonnes pratiques à suivre pour créer des vidéos accessibles.

    Des recommandations, pas encore de norme figée

    Il existe des recommandations pour les vidéos accessibles, mais aucune norme internationale fixe. Les recommandations de cet article s’adressent en priorité au public luxembourgeois.

    À qui profitent les vidéos accessibles ?

    • Les sous-titres sont particulièrement utiles pour les personnes malentendantes et celles qui apprennent une nouvelle langue. Les personnes sourdes devraient, si possible, recevoir des explications en langue des signes.
    • Les personnes avec une déficience visuelle bénéficient de transcriptions reprenant l’intégralité du texte de la vidéo, ainsi que d’audiodescriptions qui décrivent oralement ce que le public voyant peut percevoir.
    • Les personnes avec des difficultés de lecture ou d’apprentissage bénéficient de vidéos en langage simplifié ou facile à lire et à comprendre (FALC).
    • Certaines personnes, par exemple celles avec épilepsie, peuvent être sensibles aux effets de scintillement et aux changements rapides d’images et de contrastes : il convient d’éviter ces éléments.

    Concevoir une vidéo accessible, étape par étape

    Sous-titres, audiodescription et langue des signes

    Les sous-titres retranscrivent ce qui est dit et peuvent fournir des informations supplémentaires (identification du locuteur, bruits de fond, émotions). L’audiodescription s’adresse principalement aux personnes malvoyantes. Les vidéos en langue des signes complètent utilement les sous-titres pour les personnes dont la langue des signes est la langue maternelle.

    Détails techniques et structure

    • Images et son de très bonne qualité ; réglages du son, de l’écran et des sous-titres faciles à trouver et à utiliser.
    • Éviter les bruits de fond inutiles, les ralentis, accélérés et effets de scintillement, auxquels certaines personnes (épilepsie) peuvent être sensibles. Le critère de succès WCAG 2.3.1 (« trois flashs ou en dessous du seuil ») recommande de ne jamais dépasser trois flashs par seconde dans un contenu vidéo.
    • Contraste suffisant dans toutes les images ; luminosité ni trop claire ni trop sombre.
    • Préférer des vidéos courtes (quelques minutes, encore plus courtes sur les réseaux sociaux) ; séparer les sujets complexes en plusieurs vidéos.
    • Éviter trop d’images et de lieux différents ainsi que les mouvements de caméra trop rapides ; annoncer les changements de lieu.

    Langage et élocution

    La personne qui parle dans la vidéo doit utiliser des mots simples et des phrases courtes, parler clairement, sans dialecte et lentement, avec suffisamment de pauses. Une transcription complète peut être préparée pour permettre l’impression et la lecture du texte, y compris via synthèse vocale pour les personnes malvoyantes. La vidéo ne doit traiter que de ce qui est montré à l’écran ; une voix de fond doit être présentée avant de parler.

  • La communication améliorée et alternative (CAA) : s’exprimer quand la parole ne suffit pas

    La communication améliorée et alternative (CAA) : s’exprimer quand la parole ne suffit pas

    Certaines personnes sont dans l’incapacité de parler ou ne peuvent s’exprimer qu’avec de grandes difficultés, en raison d’un handicap congénital, d’une maladie ou des suites d’un accident. La communication améliorée et alternative (CAA) aide ces personnes à s’exprimer et à participer pleinement à la vie sociale. Cet article présente les différentes formes de CAA et leur importance, ainsi que des ressources disponibles au Luxembourg.

    Des ressources au Luxembourg

    Au Luxembourg, l’APEMH accompagne des personnes ayant recours à la communication améliorée et alternative dans le cadre de plusieurs services. Des centres spécialisés comme le Zentrum für Unterstützte Kommunikation (ZUK) proposent par ailleurs de la documentation et des conseils pratiques pour intégrer la CAA dans la vie quotidienne.

    Un besoin humain fondamental

    Tout être humain éprouve le besoin fondamental de communiquer et d’établir des liens avec autrui. En l’absence de moyens de communication adaptés, la participation à la vie sociale se trouve considérablement entravée, rendant souvent impossible une vie autodéterminée. La CAA crée des opportunités de communication équitables et permet à chacun et chacune d’exprimer ses besoins et ses pensées, favorisant une participation pleine et véritable à la société. Selon l’ISAAC (International Society for Augmentative and Alternative Communication), la CAA regroupe l’ensemble des outils et stratégies qu’une personne utilise pour répondre à ses besoins quotidiens de communication.

    Trois catégories de moyens de communication

    On distingue la communication sans assistance, qui n’utilise que le corps, et la communication assistée, qui fait appel à des outils externes.

    Aides électroniques simples et de haute technologie

    Les boutons parlants ou petites aides vocales avec feuilles interchangeables en papier peuvent être utilisés directement (en pointant) ou indirectement (via un balayage avec des capteurs). Les dispositifs générateurs de parole (SGD, « Speech generating devices ») convertissent symboles, lettres ou mots en langage parlé, et leur commande peut être adaptée individuellement : boutons spéciaux commandés avec le pied, la tête ou la bouche, souris et manettes adaptées, ou commande oculaire par caméra.

    Aides non électroniques (basse technologie)

    • Cartes et classeurs de communication : collections organisées de symboles graphiques
    • Symboles graphiques : photos, dessins, pictogrammes, caractères
    • Carnets de communication : livre personnel, journal, calendrier avec informations importantes

    Les symboles graphiques peuvent être utilisés individuellement ou disposés de manière fixe sur des tableaux ou dans des livres. En pointant sur les symboles (avec le doigt, les yeux ou des aides spéciales), il est possible de former des phrases entières.

    Communication sans assistance

    • La parole et les vocalisations
    • Les modes d’expression non verbaux : expression faciale, gestes, regards, mouvements de pointage, tension et mouvements du corps
    • Les signes issus de la langue des signes ou de recueils de signes spécifiques : signes soutenant la langue parlée, signes simultanés au langage oral, ou signes tactiles (l’émetteur signe, le récepteur palpe)

    Compléter et renforcer les capacités existantes

    Il arrive que le langage oral soit totalement absent ou reste très peu développé. Lorsqu’un handicap moteur s’y ajoute, l’expression gestuelle peut également se trouver compromise. La CAA ne remplace pas les capacités existantes, mais les complète et les renforce : selon la situation, différentes méthodes peuvent être combinées entre elles, avec pour objectif de faciliter et d’améliorer la communication au quotidien.