L'accessibilité au Luxembourg

Auteur/autrice : Accessibilité Luxembourg

  • Vidéos et contenus sonores sur les réseaux sociaux : comment les rendre accessibles

    Vidéos et contenus sonores sur les réseaux sociaux : comment les rendre accessibles

    La vidéo est devenue le format dominant des réseaux sociaux. Reels, vidéos LinkedIn, YouTube Shorts, podcasts partagés sur Facebook : ces formats envahissent les fils d’actualité. Et ils excluent, par défaut, une part significative de votre audience.

    Une vidéo sans sous-titres est inaccessible aux personnes sourdes et malentendantes. Elle est aussi inutilisable dans tous les contextes où le son ne peut pas être activé : transports, open space, réunion. Une vidéo dont les informations visuelles importantes ne sont pas décrites est inaccessible aux personnes aveugles. Un podcast sans transcription textuelle exclut les deux publics à la fois.

    Ce n’est pas une situation inévitable. Chacune de ces alternatives peut être produite, et les outils pour y parvenir n’ont jamais été aussi accessibles.

    Ce troisième article de notre série vous explique quelles adaptations prévoir, comment les produire, et comment les intégrer à vos publications selon les possibilités de chaque plateforme.

    Quelles adaptations sont nécessaires pour une vidéo accessible ?

    Rendre une vidéo accessible ne se résume pas à « ajouter des sous-titres ». Il existe trois types d’adaptations, chacune répondant à des besoins différents.

    Les sous-titres

    Les sous-titres retranscrivent à l’écrit les paroles et les sons importants d’une vidéo : dialogues, voix off, mais aussi bruits significatifs (« porte qui claque », « applaudissements ») et indications de locuteur lorsque plusieurs personnes parlent.

    Ils sont indispensables pour les personnes sourdes et malentendantes. Ils bénéficient aussi à tous ceux qui regardent des vidéos sans le son, ce qui représente, selon plusieurs études, entre 69 % et 75 % des visionnages sur mobile.

    La transcription textuelle

    La transcription textuelle reprend l’intégralité du contenu sonore sous forme de texte : paroles, informations sonores, mais aussi, pour les vidéos, les informations visuelles importantes qui ne seraient pas compréhensibles sans la vue. Si un graphique apparaît à l’écran pendant une vidéo sans être décrit oralement, sa transcription doit en décrire le contenu.

    Elle est essentielle pour les personnes sourdes-aveugles et pour ceux qui ne peuvent pas accéder à la vidéo elle-même. Elle permet aussi aux personnes qui l’ont regardée d’y revenir rapidement pour retrouver une information précise.

    L’audiodescription

    L’audiodescription est une piste audio supplémentaire qui décrit les informations visuelles importantes d’une vidéo dans les silences de la piste sonore principale. Elle est destinée aux personnes aveugles.

    YouTube est actuellement la seule grande plateforme à tester la possibilité d’ajouter plusieurs pistes audio à une vidéo, ce qui permettrait d’intégrer une audiodescription. Cette fonctionnalité n’est pas encore disponible par défaut pour tous les utilisateurs. Pour les autres plateformes, l’audiodescription doit être intégrée directement dans la vidéo, ce qui implique une production spécifique.


    Les sous-titres : comment les produire et les intégrer

    Les sous-titres automatiques : une base, pas une solution

    La plupart des grandes plateformes proposent aujourd’hui de générer des sous-titres automatiquement. C’est une avancée utile, mais ces sous-titres produits par intelligence artificielle contiennent des erreurs. Fautes d’orthographe, mots mal retranscrits, homonymes confondus, décalages temporels : une vidéo sous-titrée automatiquement sans vérification peut transmettre un message erroné.

    La règle absolue : les sous-titres automatiques doivent toujours être vérifiés et corrigés avant ou après publication.

    Au Luxembourg, cette vigilance est particulièrement importante pour les contenus en luxembourgeois. Les systèmes de reconnaissance vocale confondent fréquemment le luxembourgeois avec l’allemand, produisant des sous-titres fortement incorrects. L’outil LuxASR, développé par l’Université du Luxembourg, permet de générer des fichiers de sous-titres à partir d’une piste audio en luxembourgeois avec une meilleure précision. Ces fichiers peuvent ensuite être importés dans les plateformes de diffusion.

    Ce que permettent les différentes plateformes

    LinkedIn propose des sous-titres automatiques pour les vidéos importées depuis un ordinateur. Attention : la génération automatique native fonctionne principalement en anglais. LinkedIn permet également d’importer un fichier de sous-titres au format .srt, le format de référence pour les fichiers de sous-titres.

    Instagram propose une fonctionnalité de sous-titres automatiques pour les vidéos, les Stories et les Reels, accessible via les « Stickers sous-titres » dans l’application mobile. Ces sous-titres doivent être vérifiés et corrigés avant publication. Depuis un ordinateur, il est possible d’activer les sous-titres automatiques via le volet « Accessibilité » lors de la création d’une publication, mais cette fonctionnalité peut se comporter différemment selon les mises à jour de la plateforme.

    Facebook permet d’importer un fichier .srt pour chaque vidéo publiée, depuis l’option « Modifier la vidéo » puis « Télécharger les fichiers SRT ».

    X (ex-Twitter) permet également l’import d’un fichier .srt après chargement de la vidéo.

    YouTube offre la solution la plus complète : sous-titres automatiques modifiables dans YouTube Studio, import de fichier .srt, et affichage d’une transcription textuelle directement accessible depuis la page de la vidéo via le bouton « Afficher la transcription ». YouTube permet aussi d’ajouter des liens dans la description de la vidéo, ce qui facilite le renvoi vers une transcription plus complète hébergée sur votre site.

    Fichier .srt : quand le produire soi-même ne suffit plus

    Pour un contenu vidéo long ou récurrent, produire soi-même les sous-titres peut rapidement représenter un volume de travail important. Des prestataires spécialisés dans le sous-titrage ou la transcription peuvent prendre en charge cette tâche de manière professionnelle et fiable. Cette option est souvent plus économique qu’il n’y paraît, surtout en la comparant au coût d’un contenu qui exclut une partie de son audience.


    La transcription textuelle : où la publier ?

    Le problème général des réseaux sociaux

    Aucun réseau social ne propose actuellement de fonctionnalité native pour fournir une transcription textuelle directement liée à une vidéo ou à un podcast, à l’exception de YouTube.

    Cela ne signifie pas qu’il est impossible d’en proposer une. Cela signifie qu’il faut contourner les limites des plateformes.

    Les solutions disponibles

    Publier la transcription sur votre site web. La solution la plus robuste consiste à publier la transcription textuelle sur une page de votre site (article de blog, page de ressources, landing page dédiée) et à insérer le lien vers cette page dans votre publication sur le réseau social. Cette approche fonctionne sur toutes les plateformes et garantit que la transcription est accessible dans un environnement que vous contrôlez.

    Utiliser un article LinkedIn. Le format « article » de LinkedIn permet de publier un texte long avec une mise en forme accessible : titres, paragraphes, listes. Il peut accueillir la transcription d’une vidéo ou d’un podcast partagé sur la même plateforme.

    Instagram : le cas particulier. Instagram ne permet pas d’ajouter de lien cliquable dans les publications. Une solution consiste à placer le lien vers la transcription dans la biographie du compte ou dans les Stories à la une. Une alternative plus pratique : indiquer une URL courte dans le texte de la publication, que les utilisateurs peuvent saisir manuellement dans leur navigateur. Ce n’est pas idéal, mais c’est ce que les contraintes de la plateforme permettent.

    Attention aux textes incrustés dans les vidéos

    Si votre vidéo affiche du texte à l’écran (un titre, une statistique, une citation) et que ce texte n’est pas lu à voix haute dans la vidéo, il doit impérativement figurer dans la transcription textuelle. Les personnes aveugles n’ont pas accès à ces éléments visuels. Si vous ne les retranscrivez pas, elles reçoivent une version incomplète de votre message.

    Exemple concret : une vidéo d’interview dans laquelle le nom et le titre de l’interviewé·e apparaissent à l’écran sous forme de texte incrusté, mais ne sont jamais mentionnés oralement, est inaccessible pour une personne aveugle. La transcription doit inclure : « [Texte à l’écran : Marie Dupont, directrice de l’ASBL Inclusion Luxembourg] ».


    L’accessibilité des vidéos en 2025 : ce qui a évolué, ce qui reste à faire

    Les progrès réels

    Les outils de sous-titrage automatique se sont améliorés. La plupart des grandes plateformes proposent désormais une forme de sous-titrage natif. Les outils de transcription speech-to-text sont plus précis et moins coûteux qu’il y a cinq ans. Ces évolutions réduisent le temps de production nécessaire pour rendre une vidéo accessible.

    Les lacunes persistantes

    En 2025, aucune plateforme ne propose de fonctionnalité native pour les transcriptions textuelles liées aux vidéos, à l’exception de YouTube. L’audiodescription reste quasi absente des grands réseaux sociaux. Et les sous-titres automatiques, aussi performants soient-ils, continuent de nécessiter une vérification humaine avant publication.

    Les personnes sourdes ou malentendantes restent donc dépendantes de la volonté des producteurs de contenu de fournir des alternatives. Cette volonté ne s’improvise pas : elle s’organise, se planifie, et s’apprend.

    Intégrer l’accessibilité dans votre processus de production

    Le point le plus souvent négligé est simple : le temps de mise en accessibilité doit être intégré dans le planning de production, pas traité comme une tâche supplémentaire après coup.

    Si vous publiez une vidéo de 10 minutes, prévoyez une à deux heures pour la vérification et la correction des sous-titres. Si vous publiez régulièrement des podcasts, prévoyez la transcription dans votre budget de production. Si vous créez des vidéos avec des éléments graphiques ou des textes incrustés, prévoyez de les décrire dans la transcription.

    Ce qui semble complexe la première fois devient méthodique avec la pratique, et encore plus efficace lorsque c’est toute une équipe qui partage les mêmes réflexes.


    FAQ : vidéos et contenus sonores accessibles

    Dois-je sous-titrer toutes mes vidéos sur les réseaux sociaux ?

    Si votre organisation est soumise aux obligations légales d’accessibilité au Luxembourg (secteur public, ASBL financées majoritairement par des fonds publics, entreprises relevant de la loi de 2023), oui. Pour les autres, c’est fortement recommandé. Les sous-titres bénéficient non seulement aux personnes sourdes et malentendantes, mais à l’ensemble de vos spectateurs qui regardent des vidéos sans son.

    Les sous-titres automatiques de LinkedIn ou Instagram sont-ils suffisants ?

    Ils constituent une bonne base de travail, mais ils doivent être vérifiés et corrigés avant ou après publication. Leur précision varie selon la qualité audio, le débit de parole, et la langue utilisée. Pour les contenus en luxembourgeois, une vérification particulièrement attentive est nécessaire.

    Qu’est-ce qu’un fichier .srt et comment en créer un ?

    Un fichier .srt est un fichier texte qui contient les sous-titres d’une vidéo avec les codes de temps indiquant quand chaque texte doit apparaître. Il peut être créé manuellement avec un éditeur de texte, généré automatiquement par des outils de transcription (puis vérifié), ou produit par un prestataire spécialisé. La plupart des outils de sous-titrage en ligne exportent dans ce format.

    Est-il possible de rendre accessibles des vidéos déjà publiées ?

    Oui, sur la plupart des plateformes. LinkedIn, Facebook, YouTube et X permettent de modifier une vidéo publiée pour ajouter ou corriger des sous-titres. Sur Instagram, il est également possible de modifier le texte alternatif d’une publication après sa mise en ligne.

    La transcription textuelle est-elle vraiment nécessaire en plus des sous-titres ?

    Les sous-titres et la transcription textuelle ne remplissent pas exactement le même rôle. Les sous-titres sont synchronisés avec la vidéo et nécessitent de regarder la vidéo. La transcription est un document indépendant, navigable, permettant de chercher une information précise ou de consulter le contenu sans accéder à la vidéo. Elle est indispensable pour les personnes sourdes-aveugles et utile pour tous ceux qui souhaitent une version texte de votre contenu.

    Mon équipe n’a pas le temps de produire des sous-titres. Que faire ?

    Deux options : utiliser les sous-titres automatiques en les corrigeant (moins chronophage qu’une transcription de zéro), ou faire appel à un prestataire spécialisé pour les contenus à fort impact. Pour les contenus moins importants, un lien vers une transcription produite avec un outil de transcription automatique corrigée à la main reste préférable à rien du tout.


    Références

  • Images, émojis et hashtags sur les réseaux sociaux : le guide des bonnes pratiques accessibles

    Images, émojis et hashtags sur les réseaux sociaux : le guide des bonnes pratiques accessibles

    Vous publiez régulièrement sur les réseaux sociaux. Vous soignez vos visuels, vous choisissez vos mots, vous sélectionnez vos émojis. Et pourtant, une partie de votre audience ne reçoit pas le même message que les autres.

    Ce n’est pas une question d’intention : c’est une question de méthode. Les personnes aveugles, malvoyantes, sourdes ou dyslexiques accèdent à vos publications d’une façon radicalement différente de la vôtre. Un émoji qu’un lecteur d’écran vocalise comme « gyrophare de voiture de police gyrophare de voiture de police » ; un hashtag que la synthèse vocale épelle lettre par lettre sans reconnaître les mots ; une image décrite par l’IA comme « peut-être une image de personnes souriantes » sans aucun contexte : autant de situations que vos lecteurs rencontrent chaque jour.

    Ce deuxième article de notre série sur l’accessibilité des réseaux sociaux vous donne les outils concrets pour y remédier. Images, émojis, hashtags, mise en forme : voici ce qu’il faut savoir et ce qu’il faut faire.

    Les images : rédiger un texte alternatif efficace

    Pourquoi les images sont particulièrement critiques sur les réseaux sociaux

    Sur un site web, il existe des images purement décoratives qui n’ont pas besoin d’être décrites. Sur les réseaux sociaux, c’est rare. Une photo, une affiche, un visuel de campagne : presque toutes les images que vous publiez portent une information que votre texte ne reprend pas intégralement.

    Sans texte alternatif, une personne aveugle utilisant un lecteur d’écran entend simplement « image » ou, pire, une description automatique générée par l’intelligence artificielle de la plateforme. Ces descriptions automatiques, proposées par Facebook, Instagram et Threads, contiennent régulièrement des erreurs. Elles ne remplacent pas une alternative rédigée par un humain qui comprend le contexte de la publication.

    Les personnes malvoyantes sont également concernées : si une image contient du texte, ce texte est « figé » dans l’image et ne peut pas être agrandi, espacé ou contrasté selon les besoins de la personne. L’idéal est toujours de reprendre les informations importantes dans le corps même du message.

    Comment ajouter un texte alternatif, plateforme par plateforme

    La fonctionnalité existe sur toutes les grandes plateformes. Elle est simplement peu visible.

    Sur LinkedIn, au moment de rédiger une publication depuis un ordinateur, insérez l’image puis cliquez sur le bouton « alt » ou « Texte alternatif » qui apparaît. Une limite de 1 000 caractères s’applique.

    Sur Instagram, dans le processus de création d’une publication depuis un ordinateur, dépliez la section « Accessibilité » et renseignez le champ « Écrire un texte alternatif ». Depuis l’application mobile, ce champ est accessible dans les paramètres avancés avant publication. Pour les Reels, le texte alternatif est également configurable dans les paramètres avancés.

    Sur Facebook, après avoir inséré la photo, cliquez sur « Modifier » pour accéder aux détails de la photo, puis sélectionnez « Texte alternatif » et choisissez « Texte alternatif personnalisé ».

    Sur X (ex-Twitter), ajoutez l’image à votre publication puis sélectionnez « Ajouter une description ». X propose même d’activer un rappel automatique lorsque vous oubliez de renseigner ce champ, dans les paramètres d’accessibilité.

    Sur Mastodon, après avoir inséré le média, cliquez sur « Description manquante » et rédigez votre texte dans le champ prévu.

    Si vous utilisez des outils de planification comme Hootsuite ou Buffer, vérifiez qu’ils transmettent bien vos textes alternatifs aux plateformes. Ce n’est pas toujours le cas, et une vérification après publication est recommandée.

    Comment rédiger un bon texte alternatif

    Un texte alternatif doit transmettre la même information à une personne qui ne voit pas l’image qu’à une personne qui la voit.

    Quelques règles fondamentales :

    Ne précisez pas « Image de… » ou « Photo de… » : les lecteurs d’écran annoncent déjà qu’il s’agit d’une image. Commencez directement par la description.

    Décrivez l’information utile en priorité. Si votre visuel annonce un événement, commencez par la date, le lieu et l’objet de l’événement, et non par « affiche colorée avec une illustration de… ».

    Soyez précis et contextuel. « Une femme souriante » est insuffisant. « Marie Dupont, directrice de l’ASBL Inclusion Luxembourg, lors de la conférence sur l’accessibilité numérique du 12 juin 2026 » est utile.

    N’utilisez pas le texte alternatif pour placer des mots-clés SEO. Ce n’est pas son rôle et cela nuit à l’expérience des personnes qui en dépendent.

    Si votre image contient du texte important (titre, date, chiffres clés), reprenez ce texte intégralement dans l’alternative.

    Bon exemple : « Affiche de la journée de sensibilisation à l’accessibilité numérique organisée par Key4.lu le 21 mai 2026 à Luxembourg-Ville. Programme : conférence de 9h à 12h, ateliers pratiques de 13h à 17h. Inscription gratuite. »

    Mauvais exemple : « Photo de notre événement ! »


    Les émojis : comprendre comment les lecteurs d’écran les traitent

    Ce que vous publiez et ce qu’une personne aveugle entend

    Chaque émoji possède une description officielle définie par le Consortium Unicode. Un lecteur d’écran vocalisera cette description à la place de l’émoji visuel. Ce que vous voyez comme un petit soleil, VoiceOver le lit comme « soleil ». Ce que vous voyez comme un visage souriant avec des lunettes, il le lit comme « visage avec des lunettes de soleil ».

    Le problème n’est pas l’émoji en lui-même. Le problème est leur usage inapproprié.

    Les erreurs les plus fréquentes

    La multiplication des émojis. Publier cinq émojis à la suite produit cinq descriptions vocalisées l’une après l’autre. Un message d’appel à l’aide précédé et suivi de quatre émojis « gyrophare » sera vocalisé « gyrophare de voiture de police gyrophare de voiture de police gyrophare de voiture de police gyrophare de voiture de police Nous avons besoin de vous gyrophare de voiture de police gyrophare de voiture de police gyrophare de voiture de police gyrophare de voiture de police ». Le message est noyé dans le bruit.

    Les émojis en milieu de phrase. Lorsqu’un émoji s’intercale dans une phrase, sa description est lue au même titre que les mots. « Il fait beau ☀️ ce matin » donne « Il fait beau soleil ce matin » : acceptable. « On se retrouve à 🕐 14 heures » donne « On se retrouve à horloge indiquant 6 heures et demi 14 heures » : confus.

    Les émojis à la place des mots. Deux émojis « 4 » ne sont jamais vocalisés « 44 ». Ils sont vocalisés « deux touches clavier 4 ». Ne remplacez jamais un chiffre ou un mot par un émoji.

    La confusion sur les descriptions. L’émoji « éclair » est décrit comme « signe de haute tension ». L’émoji « lune » peut référer à plusieurs variantes avec des descriptions différentes. Avant d’utiliser un émoji, vérifiez sa description sur un site de référence comme Emojipedia.

    Les règles à suivre

    Un seul émoji suffit pour attirer l’attention. Placez-le en fin de phrase ou en fin de message, jamais en début ni au milieu. Évitez les longues séries d’émojis décoratifs. Et si vous hésitez sur la description d’un émoji, choisissez-en un autre ou n’en mettez pas.


    Les hashtags : la majuscule qui change tout

    Le problème technique des hashtags composés

    Un hashtag en un seul mot ne pose aucun problème. #Luxembourg est parfaitement vocalisé.

    Le problème vient des hashtags qui regroupent plusieurs mots. #accessibilitenumerique est une suite de 23 caractères indistincts pour un lecteur d’écran. La synthèse vocale ne peut pas savoir où commence et où finit chaque mot : elle vocalise soit le tout d’un bloc, soit lettre par lettre selon le logiciel.

    Pour les personnes malvoyantes et dyslexiques, ce type de hashtag est aussi difficile à déchiffrer visuellement. L’absence de séparation entre les mots ralentit la lecture et peut en tordre le sens.

    La solution : le camelCase

    Le camelCase (ou PascalCase) consiste à mettre une majuscule au début de chaque mot composant le hashtag. #AccessibiliteNumerique à la place de #accessibilitenumerique.

    Cette notation suffit pour que les lecteurs d’écran identifient correctement chaque mot et le vocalisent avec les pauses appropriées. Elle améliore aussi la lisibilité visuelle pour tous les lecteurs.

    Quelques précisions pratiques :

    Accentuez les caractères lorsque c’est pertinent : #AccéssibilitéNumérique. Notez cependant que sur certaines plateformes, un hashtag accentué et un hashtag non accentué sont considérés comme deux mots-clés distincts.

    Placez les hashtags en fin de publication, pas au milieu du texte. Les lecteurs d’écran annoncent « lien » avant chaque hashtag : votre message sera ponctué de « lien hashtag X, lien hashtag Y » si vos hashtags sont disséminés dans le texte.

    Limitez le nombre de hashtags. Plus il y en a, plus la vocalisation devient laborieuse.


    Le faux gras, le faux italique et les fausses colonnes : une pratique à abandonner

    Ce que sont ces mises en forme

    Des générateurs de texte en ligne permettent de « mettre en forme » du texte sur les réseaux sociaux : texte en gras, italique fantaisiste, colonnes artificielles créées avec des espaces. Ces effets visuels semblent attractifs. Ils sont en réalité catastrophiques pour l’accessibilité.

    Ces mises en forme n’utilisent pas de vrais caractères typographiques mais des symboles mathématiques Unicode. Les lecteurs d’écran les ignorent ou les vocalisent comme des symboles, transformant un message soigneusement rédigé en suite de sons incompréhensibles.

    Pourquoi c’est un problème grave

    Les lecteurs d’écran traitent ces caractères de deux façons : soit ils les vocalisent comme des symboles mathématiques, soit ils les ignorent complètement.

    Dans les deux cas, l’information est perdue. Des tests réels effectués avec VoiceOver (le lecteur d’écran d’Apple) montrent que des passages entiers d’un texte mis en « faux gras » sont tout simplement sautés. La personne aveugle reçoit un message tronqué, sans même savoir qu’une information lui manque.

    Les fausses colonnes créées avec des espaces produisent le même effet : l’ordre de lecture d’un lecteur d’écran est linéaire. Ce qui ressemble visuellement à un tableau en deux colonnes est vocalisé ligne par ligne, dans un ordre qui n’a aucun sens.

    Ce qu’il faut faire à la place

    Les réseaux sociaux ne proposent pas de mise en forme typographique accessible dans les posts ordinaires. C’est une limite des plateformes, pas la vôtre.

    Sur LinkedIn, le format « article » permet d’appliquer de vraies mises en forme : titres, gras, listes, compatibles avec l’accessibilité. Vous pouvez publier un post court et y lier un article structuré qui contient vos informations détaillées.

    Pour les posts courants, utilisez des techniques rédactionnelles pour hiérarchiser l’information : des lignes blanches pour séparer les idées, des émojis judicieusement choisis pour signaler une liste, un vocabulaire clair qui n’a pas besoin d’être « accentué » visuellement pour être compris.

    Ce qu’il faut retenir en une phrase : si vous avez utilisé un générateur de texte stylisé pour rédiger votre publication, supprimez cette mise en forme avant de publier. Elle rend votre message inaccessible aux personnes qui utilisent un lecteur d’écran.


    Ce que cela change dans votre pratique au quotidien

    Appliquer ces bonnes pratiques ne ralentit pas votre travail de façon significative. Ce qui prend du temps, c’est l’apprentissage initial : comprendre pourquoi ces règles existent, les tester avec de vrais outils, construire les réflexes.

    Rédiger un texte alternatif pour une image : moins d’une minute quand on sait quoi écrire. Vérifier un hashtag en camelCase : une seconde. Retirer les émojis en doublon : quelques secondes.

    Ce qui demande plus de temps, c’est de revoir une charte éditoriale, de former une équipe, de définir des règles communes. Ce travail n’est pas optionnel si vous souhaitez que votre communication soit réellement inclusive et conforme aux obligations légales applicables au Luxembourg.


    FAQ : images, émojis et hashtags accessibles

    Est-il obligatoire d’ajouter un texte alternatif à toutes mes images sur les réseaux sociaux ?

    Pour les organisations soumises aux obligations légales luxembourgeoises (secteur public, ASBL largement financées par des fonds publics, entreprises relevant de la loi de 2023), oui. Pour toutes les autres organisations, c’est une bonne pratique fortement recommandée, qui correspond aussi à un engagement éthique envers votre audience.

    Les textes alternatifs générés automatiquement ne suffisent-ils pas ?

    Non. Ces descriptions automatiques, produites par la reconnaissance d’image de Facebook, Instagram ou Threads, contiennent régulièrement des erreurs ou des imprécisions. Elles ne connaissent pas le contexte de votre publication. Une description comme « peut-être une image de personnes souriantes » ne permet pas à une personne aveugle de comprendre de quoi parle votre publication.

    Combien d’émojis peut-on mettre dans une publication ?

    Il n’existe pas de limite fixe, mais la règle de bon sens est : un émoji par idée que vous souhaitez illustrer, jamais plus de deux ou trois dans une même publication. Et toujours en fin de phrase ou de message, pas au milieu du texte.

    Est-ce que le camelCase change le référencement de mes hashtags ?

    Les hashtags en camelCase et en minuscules sont généralement traités comme identiques par les plateformes : #accessibiliteNumerique et #accessibilitenumerique redirigent vers le même agrégat de publications. La notation en majuscules n’affecte donc pas votre portée. Elle améliore uniquement la lisibilité et la vocalisation.

    Comment vérifier la description officielle d’un émoji ?

    Le site Emojipedia répertorie tous les émojis avec leur nom officiel et leurs variantes selon les plateformes. C’est la référence à consulter avant d’utiliser un émoji dont vous n’êtes pas sûr de la description vocalisée. Note : le site est en anglais et les descriptions sont données en anglais, mais les noms officiels sont généralement traduits dans les lecteurs d’écran francophones.


    Références

  • Réseaux sociaux et accessibilité numérique : ce que vos publications excluent

    Réseaux sociaux et accessibilité numérique : ce que vos publications excluent

    Chaque jour, des milliers d’organisations publient des posts, des images et des vidéos sur les réseaux sociaux. Et chaque jour, une partie de leur audience ne peut tout simplement pas y accéder.

    Pas parce que les plateformes sont inutilisables. Pas par manque de volonté. Mais parce que personne n’a appris à ces équipes ce qu’un émoji mal placé, un hashtag en minuscules ou une image sans description fait subir à une personne aveugle, malvoyante ou dyslexique.

    Les réseaux sociaux ne sont pas magiquement accessibles parce qu’ils sont populaires. Ils sont même, à bien des égards, un terrain particulièrement difficile pour les personnes en situation de handicap. Et c’est vous, en tant que producteur de contenu, qui pouvez faire la différence.

    Dans cet article, je vous explique pourquoi l’accessibilité sur les réseaux sociaux est un enjeu réel, qui elle concerne, et quels sont les quatre types de problèmes les plus fréquents à connaître avant toute chose.

    Pourquoi l’accessibilité des réseaux sociaux est un vrai sujet

    Des plateformes dotées d’outils d’accessibilité, mais un contenu qui reste votre responsabilité

    Depuis juin 2025, l’European Accessibility Act (EAA) est entré en vigueur dans toute l’Union européenne, Luxembourg compris. Les services de communications sont désormais tenues de respecter des exigences d’accessibilité. Et de fait, Instagram, LinkedIn, Facebook, X ou YouTube proposent toutes des fonctionnalités dédiées : ajout de texte alternatif aux images, sous-titres pour les vidéos, options de langue, paramètres d’affichage. Ces outils existent. C’est une réalité importante à connaître.

    Mais voici ce que ces outils ne font pas à votre place : ils ne rédigent pas un texte alternatif pertinent pour vos images, ils ne corrigent pas les erreurs de vos sous-titres automatiques, ils ne choisissent pas vos émojis ni ne structurent vos hashtags. En tant que créateur de contenu, ce que vous contrôlez entièrement, c’est ce que vous publiez.

    Les outils d’accessibilité des plateformes ne valent que si vous les utilisez – et si vous les utilisez bien. Les textes alternatifs générés automatiquement par l’intelligence artificielle de Facebook, Instagram ou Threads contiennent régulièrement des erreurs. Une photo de groupe peut être décrite comme « peut-être une image de deux personnes souriantes » – sans aucun contexte sur l’événement, la date ou les personnes présentes. Ce niveau de description ne remplace pas une alternative textuelle rédigée par un humain qui connaît le contexte de sa publication.

    Qui est concerné ?

    On pense immédiatement aux personnes aveugles. Mais le périmètre est beaucoup plus large.

    Les personnes malvoyantes utilisent des logiciels de grossissement ou des lecteurs d’écran. Les personnes sourdes ou malentendantes ne peuvent pas accéder au contenu des vidéos sans sous-titres. Les personnes dyslexiques peinent à déchiffrer des hashtags en minuscules ou des textes mis en forme avec des caractères spéciaux. Les personnes avec des difficultés cognitives sont désarçonnées par les emojis utilisés à tort et à travers, ou par des structures de texte incohérentes.

    Au Luxembourg, entre 15 % et 20 % de la population est concernée directement par une forme ou une autre de handicap. À cela s’ajoutent les personnes âgées, les personnes dont le français n’est pas la langue maternelle, et toutes celles qui bénéficient simplement d’un contenu plus clair et mieux structuré.


    Les quatre problèmes d’accessibilité les plus courants sur les réseaux sociaux

    1. Les images sans texte alternatif

    C’est le problème le plus répandu et le plus connu. Et pourtant, il reste massivement présent. Une image publiée sans texte alternatif est une image invisible pour les personnes qui utilisent un lecteur d’écran.

    Sur les réseaux sociaux, presque toutes les images sont porteuses d’information. Une affiche d’événement, une photo de conférence, un visuel de campagne : tous ces contenus transmettent des informations que le texte du post ne reprend pas toujours. Sans texte alternatif, ces informations sont tout simplement perdues pour une partie de votre audience.

    La bonne nouvelle : LinkedIn, Instagram, Facebook, X et Mastodon permettent tous d’ajouter un texte alternatif manuellement au moment de la publication. Cette fonctionnalité existe. Elle est trop rarement utilisée.

    2. Les émojis utilisés sans discernement

    Les émojis sont lus à voix haute par les lecteurs d’écran. Chaque émoji est vocalisé selon sa description officielle, définie par le Consortium Unicode.

    Ce qui semble anodin visuellement peut devenir un cauchemar sonore. Un message qui commence par trois émojis « gyrophare » sera vocalisé « gyrophare de voiture de police gyrophare de voiture de police gyrophare de voiture de police » avant même d’atteindre le contenu du message. Une rangée d’émojis décoratifs en fin de publication produit le même effet.

    La règle est simple : un émoji par idée, en fin de phrase, avec une signification vérifiable.

    3. Les hashtags en minuscules

    Un hashtag comme #accessibilitenumerique est difficilement lisible pour un lecteur d’écran. De nombreux logiciels vocaliseront la suite de lettres sans pouvoir distinguer les mots qui la composent.

    La solution tient en une ligne : utiliser la notation en camelCase ou PascalCase, c’est-à-dire mettre une majuscule au début de chaque mot. #AccessibiliteNumerique est plus facile à lire pour tous – et plus compatible avec certains lecteurs d’écran.

    4. Le faux gras, le faux italique et les fausses colonnes

    Des outils en ligne permettent de « mettre en forme » du texte sur les réseaux sociaux : texte en gras, italique fantaisiste, colonnes artificielles créées avec des espaces. Ces effets visuels semblent attractifs. Ils sont en réalité catastrophiques pour l’accessibilité.

    Ces mises en forme n’utilisent pas de vrais caractères typographiques mais des symboles mathématiques Unicode. Les lecteurs d’écran les ignorent ou les vocalisent comme des symboles – transformant un message soigneusement rédigé en suite de sons incompréhensibles. En 2025, aucun réseau social ne propose de solution native pour mettre en forme du texte de manière accessible. Il faut donc renoncer à ces pratiques.


    Ce que les plateformes font et ce qu’elles ne font pas

    Il serait injuste de ne pas reconnaître les efforts des plateformes. Certaines ont fait des progrès réels.

    LinkedIn propose depuis plusieurs années l’ajout de textes alternatifs aux images et l’import de fichiers de sous-titres pour les vidéos. Ses sous-titres automatiques fonctionnent – mais uniquement en anglais pour la génération automatique native ; ils nécessitent une vérification avant publication.

    Instagram permet d’ajouter un texte alternatif aux photos lors de la publication, via la section « Accessibilité » dans les paramètres avancés. Pour les Reels, il est également possible d’ajouter un texte alternatif dans les paramètres avancés avant publication. Des sous-titres automatiques sont disponibles pour les vidéos et les Stories via la fonctionnalité « Stickers sous-titres » dans l’application mobile – mais leur qualité nécessite une vérification systématique.

    Facebook génère automatiquement un texte alternatif pour les images via reconnaissance d’image. Ce texte automatique est souvent imprécis et doit être remplacé par une description rédigée manuellement.

    X (ex-Twitter) propose l’ajout de textes alternatifs aux images et permet même d’activer un rappel pour ne pas oublier de le faire avant de publier.

    Mastodon et Bluesky permettent, sur ces deux plateformes, d’indiquer la langue d’une publication entière – ce qu’aucune autre plateforme ne propose encore, et qui permet aux lecteurs d’écran de vocaliser le contenu dans la bonne langue.

    Ce que les plateformes ne permettent pas encore, en 2025 : marquer une image comme purement décorative (pour qu’elle soit ignorée par les lecteurs d’écran), appliquer de vraies mises en forme typographiques accessibles (gras, italique) dans les posts, ou fournir une transcription textuelle directement liée à une vidéo.

    La limite à garder en tête : même lorsque des fonctionnalités d’accessibilité existent, elles ne sont utiles que si vous les utilisez. Un texte alternatif automatique mal rédigé est moins utile qu’aucun texte du tout lorsqu’il induit en erreur.


    L’accessibilité sur les réseaux sociaux, ça s’apprend

    Ce que décrivent ces quelques exemples n’est pas une liste de contraintes supplémentaires. C’est une façon différente – et meilleure – de produire du contenu.

    Rédiger un bon texte alternatif demande d’apprendre à décrire une image avec les mots justes. Utiliser les émojis de manière accessible demande de comprendre comment les technologies d’assistance les traitent. Écrire des hashtags en camelCase est un réflexe qui s’acquiert en quelques jours.

    Aucune de ces pratiques n’est intuitive au départ. Toutes peuvent devenir naturelles avec une formation adaptée.

    Les articles suivants de cette série abordent chacun de ces sujets en détail : les images, les vidéos et les contenus sonores, et les erreurs rédactionnelles à éviter absolument. Et si vous souhaitez acquérir ces compétences de manière structurée, des formations existent pour vous et votre équipe.



    FAQ – Réseaux sociaux et accessibilité numérique

    Mes publications sur les réseaux sociaux sont-elles soumises aux obligations légales d’accessibilité au Luxembourg ?

    Si votre organisation est un organisme public, une commune, une administration ou une ASBL majoritairement financée par des fonds publics, la réponse est oui. La loi du 28 mai 2019 couvre l’ensemble de votre communication numérique, y compris les réseaux sociaux. Pour les entreprises privées relevant de la loi du 8 mars 2023, la réponse dépend de votre secteur d’activité. En cas de doute, il est recommandé d’auditer votre communication.

    Les plateformes ne s’occupent-elles pas elles-mêmes de l’accessibilité ?

    Partiellement. Les grandes plateformes ont intégré des fonctionnalités d’accessibilité : textes alternatifs, sous-titres automatiques, options d’affichage. Mais ces fonctionnalités restent insuffisantes et, pour la plupart, inactives si vous ne les utilisez pas. La qualité de l’accessibilité de vos contenus dépend avant tout de vos pratiques éditoriales.

    Est-ce que cela prend beaucoup de temps d’appliquer ces bonnes pratiques ?

    Moins qu’on ne le pense, une fois les réflexes acquis. Rédiger un texte alternatif pour une image prend moins d’une minute lorsqu’on sait quoi écrire. Corriger un hashtag en camelCase est une modification d’une seconde. L’enjeu est surtout de former les personnes qui produisent les contenus, pour que ces vérifications deviennent automatiques.

    Faut-il s’occuper de toutes les plateformes en même temps ?

    Non. Il est plus efficace de commencer par les plateformes que vous utilisez le plus, en appliquant les pratiques les plus impactantes : textes alternatifs sur les images, sous-titres sur les vidéos, camelCase sur les hashtags. Ces trois mesures couvrent déjà une grande partie des besoins.

    Comment vérifier que mes publications sont accessibles ?

    Pour les images, relisez votre texte alternatif en vous demandant si une personne qui ne voit pas l’image comprend exactement la même chose que quelqu’un qui la voit. Pour les émojis, lisez votre texte en vocalisant mentalement chaque émoji selon sa description Unicode. Pour les hashtags, cherchez dans votre texte tout mot-clé sans majuscule interne. Et pour aller plus loin, il existe des formations pratiques qui vous permettent de tester vos propres publications avec un vrai lecteur d’écran.


    Références

  • ISIE NEWS – Des actualités en langage facile

    ISIE NEWS – Des actualités en langage facile

    Quand les actualités deviennent accessibles

    Comment les personnes ayant des difficultés d’apprentissage comprennent-elles ce qui se passe dans le monde ? Comment peuvent-elles participer aux discussions politiques quand la plupart des actualités sont trop difficiles à lire ? Cette question est au cœur du projet Isie News – une nouvelle initiative de l’APEMH, récompensée en mai 2026 par le Prix de l’inclusion numérique.

    L’idée : de personnes concernées pour des personnes concernées

    L’idée d’Isie News est venue de deux collaboratrices de l’Atelier Isie ayant des difficultés d’apprentissage. Ces deux femmes sont très intéressées par la politique et souhaitent discuter de l’actualité – mais elles critiquent à juste titre qu’il existe encore trop peu d’actualités au Luxembourg qui soient faciles à comprendre.

    Leur conclusion : il faut une plateforme pour des actualités inclusives et accessibles – et ce, en ligne, car l’environnement numérique offre de nombreuses possibilités techniques pour lever les barrières.

    Pourquoi des actualités en langage facile ?

    Le droit d’exprimer librement son opinion, l’accès à l’information ainsi que le droit de participer à la vie politique et publique sont ancrés dans la Convention des Nations Unies relative aux droits des personnes handicapées, ratifiée par le Luxembourg en 2011.

    Dans la réalité, cependant, de nombreuses personnes se heurtent à des obstacles lorsqu’elles lisent des actualités.

    Trois méthodes de travail

    Le projet Isie News repose sur un modèle de travail innovant articulé autour de trois axes :

    1. Co-production – Les collaboratrices ayant des difficultés d’apprentissage participent dès le début – elles décident ensemble de la forme que doivent prendre les actualités et sont membres à part entière de l’équipe de rédaction.
    2. Peer-to-peer – Les collaboratrices créent un produit accessible aux autres personnes ayant des difficultés d’apprentissage. Elles savent par expérience propre ce qui fonctionne – et ce qui ne fonctionne pas.
    3. Peer-to-professional – Les collaboratrices sont expertes en communication inclusive. Elles peuvent conseiller d’autres médias sur la façon de produire des contenus accessibles.

    La voie numérique est-elle la bonne ?

    Le canal numérique est un bon choix car il offre simultanément la possibilité de contourner différentes barrières :

    • Lecteurs d’écran pour les personnes ayant des problèmes de vue
    • Fichiers audio pour les personnes qui ne lisent pas bien
    • Vidéos avec support visuel
    • Navigation simple et compatibilité avec les technologies d’assistance numériques

    Par ailleurs, Isie News souhaite collaborer avec des médias locaux pour construire un réseau durable d’actualités inclusives au Luxembourg.

    Trois phases du projet

    Le projet se déroule en étapes structurées :

    • Phase 1 – Conception : L’équipe de co-production discute ensemble de la mise en œuvre du projet : Quelle forme doivent prendre les actualités ? À quelle fréquence sont-elles publiées ? Quels sujets sont traités en priorité ?
    • Phase 2 – Test : Différents formats d’actualités sont créés et testés par des collaboratrices : sont-ils vraiment faciles à comprendre ? Que faut-il améliorer ?
    • Phase 3 – Publication : Les actualités sont mises en ligne – idéalement en coopération avec un média local.

    Le Prix de l’inclusion numérique 2026

    Lors du 8e Forum interdisciplinaire sur l’inclusion numérique, l’APEMH a reçu le Prix de l’inclusion numérique 2026 – une reconnaissance importante pour le projet Isie News et pour le travail de l’ensemble de l’Atelier Isie.

    Ce prix souligne que l’inclusion dans l’espace numérique n’est pas un sujet de niche – c’est une urgence sociale. Et les idées viennent parfois non pas des bureaux des politiques, mais des personnes qui doivent faire face quotidiennement à des obstacles.

    Isie News dans un contexte plus large

    Isie News s’inscrit dans un tableau d’ensemble qui est en mouvement au Luxembourg :

    • Accessilingua développe un soutien basé sur l’IA pour produire des textes en langage facile
    • Guichet.lu propose de plus en plus de procédures administratives en langage facile
    • Klaro propose des traductions

    Là où les autres initiatives rendent principalement accessibles des contenus administratifs ou éducatifs, Isie News comble une autre lacune : l’actualité courante. Les personnes ayant des difficultés d’apprentissage ne doivent pas seulement pouvoir comprendre leur déclaration fiscale – elles doivent aussi savoir ce qui se passe dans le monde et au Luxembourg.


    Sources:

  • Documents accessibles : Les règles pour Word, PDF et PowerPoint a Luxembourg

    Documents accessibles : Les règles pour Word, PDF et PowerPoint a Luxembourg

    Chaque année, des milliers de documents numériques circulent au Luxembourg : rapports, formulaires, brochures, présentations. Cela sans que leurs auteurs se demandent une seule fois si une personne aveugle, malvoyante ou en situation de handicap moteur pourra les lire. Pourtant, produire un document accessible n’est souvent plus une option : c’est une obligation légale pour le secteur public depuis 2019, et pour de nombreux domaines d’activité, également pour les entreprises privées depuis le 28 juin 2025.

    Dans cet article, je vous explique ce qu’est réellement un document numérique accessible, pourquoi c’est stratégique pour votre organisation au Luxembourg, et quelles normes s’appliquent à vos fichiers PDF, Word et PowerPoint.

    Qu’est-ce qu’un document accessible et pourquoi c’est important au Luxembourg ?

    Définition : bien plus que « lisible »

    Un document accessible est un fichier numérique – PDF, Word, PowerPoint ou autre – que n’importe quelle personne peut lire, comprendre et utiliser, y compris avec une technologie d’assistance. Cela concerne concrètement :

    • les lecteurs d’écran (JAWS, NVDA, VoiceOver) utilisés par les personnes aveugles ou malvoyantes ;
    • les logiciels de grossissement pour les personnes malvoyantes ;
    • la navigation au clavier seul, sans souris, pour les personnes avec un handicap moteur ;
    • les plages braille qui restituent le texte sous forme tactile.

    Pour qu’un document soit réellement accessible, il doit notamment être balisé structurellement (titres, paragraphes, listes), disposer d’alternatives textuelles pour chaque image porteuse d’information, présenter un ordre de lecture logique, et garantir des contrastes de couleurs suffisants.

    Un document qui s’affiche bien à l’écran peut donc être totalement illisible pour un utilisateur de lecteur d’écran, si sa structure interne est vide ou incohérente.

    Le cadre légal luxembourgeois : deux lois à connaître

    Le Luxembourg s’est doté d’un cadre juridique solide en matière d’accessibilité numérique.

    La loi du 28 mai 2019 impose à tous les organismes publics luxembourgeois de rendre leurs sites web et applications mobiles accessibles. Elle couvre aussi les documents publiés sur ces sites. Son organe de contrôle est le Service information et presse (SIP) du gouvernement.

    La loi du 8 mars 2023, transposition de la directive européenne 2019/882 (European Accessibility Act – EAA), instaure des obligations pour de nombreux produits et services proposés par des organisations au Luxembourg. Elle est entrée en vigueur le 28 juin 2025 et concerne toutes les entreprises de plus de 10 salariés ou dépassant 2 millions d’euros de chiffre d’affaires ou de bilan annuel. Les sanctions peuvent atteindre 500 000 euros, voire le double en cas de récidive.

    Les référentiels luxembourgeois : RAWeb, RAPDF, RAAM

    Pour faciliter la mise en œuvre de ces obligations, le Luxembourg a développé trois référentiels techniques :

    • Le RAWeb : 136 critères pour les sites web, basé sur la norme européenne EN 301 549 et les WCAG 2.1/2.2 ;
    • Le RAPDF 1.1 : 46 critères spécifiques aux documents PDF, alignés sur la section 10 « non-web documents » de la norme EN 301 549 et sur la norme ISO PDF/UA-2 ;
    • Le RAAM : 108 critères pour les applications mobiles.

    Ces référentiels sont librement accessibles sur le portail accessibilite.public.lu. Ils constituent la base de toute évaluation de conformité au Luxembourg.


    Les bénéfices concrets d’un document accessible pour votre organisation

    Toucher 100 % de votre audience

    Une étude menée en 2017 par Access421 sur les usages des lecteurs d’écran en francophonie a mis en évidence une réalité frappante : trois quarts des personnes aveugles ou malvoyantes déclarent avoir des problèmes, ponctuels ou récurrents, avec les documents PDF. 64 % indiquent ne pouvoir les lire que parfois, selon la qualité du fichier. 2 % n’ouvrent jamais les PDF, les jugeant trop inaccessibles.

    Ces chiffres illustrent un paradoxe courant : le PDF est massivement utilisé pour diffuser de l’information officielle – comme des factures, des rapports et des formulaires – tout en étant le format le plus difficile à rendre accessible.

    Soigner l’accessibilité de vos documents, c’est simplement s’assurer que toute votre audience peut accéder à votre message. Cela vaut aussi pour les personnes âgées, les utilisateurs sur mobile, ou quiconque consulte vos fichiers dans de mauvaises conditions.

    Réduire les erreurs et les demandes de support

    Dans les secteurs de la santé, du social, de l’administration ou des finances, un document incompréhensible ou inaccessible coûte cher. Un formulaire mal rempli, une convocation ignorée, une notice médicale incomprise : ces situations entraînent des coûts humains et administratifs évitables.

    Un document bien structuré réduit les allers-retours, les demandes de clarification et les risques d’erreur. C’est un gain de temps mesurable pour vos équipes comme pour vos bénéficiaires ou clients.

    Respecter une obligation légale et éviter des sanctions

    Depuis le 28 juin 2025, les entreprises luxembourgeoises concernées par la loi sur l’accessibilité des produits et services doivent rendre leurs services numériques accessibles. Cette obligation n’est pas théorique : l’Office de la surveillance de l’accessibilité des produits et services (OSAPS) est chargé du contrôle et peut prononcer des sanctions administratives et pénales.

    Ne pas agir expose votre organisation à un risque juridique réel. Investir dans l’accessibilité de vos documents maintenant, c’est sécuriser votre conformité à moindre coût.

    Renforcer votre image et votre responsabilité sociale

    Une organisation qui communique de façon claire et accessible projette une image de confiance et d’éthique. Au Luxembourg, où le tissu économique comprend de nombreuses ASBL, institutions publiques et PME en contact direct avec des publics vulnérables, cet engagement a une valeur tangible.

    L’accessibilité des documents est aussi une question de cohérence : on ne peut pas défendre l’inclusion d’un côté et diffuser des fichiers PDF illisibles pour une partie de son audience de l’autre.


    PDF, Word, PowerPoint : les erreurs les plus fréquentes

    Les PDF : format populaire, pièges nombreux

    Le PDF est sans doute le format le plus utilisé et le plus problématique en matière d’accessibilité. Les chiffres le confirment sans ambiguïté : selon le rapport de contrôle 2022–2024 du SIP, les documents PDF inaccessibles arrivent largement en tête des raisons invoquées par les organismes publics pour justifier une charge disproportionnée2. Le même rapport révèle que 57 % des organismes reconnaissent que tous leurs documents PDF et Office ne sont pas conformes à la norme d’accessibilité, et qu’une alternative accessible ne sera fournie que sur demande. Les PDF inaccessibles constituent par ailleurs le premier motif de réclamations des citoyens, qu’il s’agisse de formulaires, de documents numérisés en mode image ou encore de fichiers non balisés.

    Ces résultats font écho à un constat antérieur du SIP : une analyse menée en 2023 sur les sites publics les plus visités avait établi que la grande majorité des PDF publiés étaient inaccessibles.3

    Trois types de problèmes reviennent systématiquement.

    Le PDF non balisé est le cas le plus courant. Le format PDF était à l’origine destiné à l’impression. C’est en 2001 qu’une nouvelle version a introduit le concept de balisage, qui permet de fournir aux technologies d’assistance des informations structurées sur le contenu des pages. Sans cette structure, le contenu n’est pas restitué et la navigation est impossible pour les utilisateurs de lecteurs d’écran. Adobe Reader tente une structuration automatique, mais les résultats sont souvent insatisfaisants. Les principales suites bureautiques et logiciels de PAO permettent d’exporter des PDF balisés – le problème est que cette option est rarement activée par défaut.

    Le PDF image est créé par numérisation d’un document papier : il ne contient aucun texte sélectionnable, aucune structure. Pour un lecteur d’écran, le document est vide. La seule solution pour l’utilisateur est de recourir à un logiciel OCR (reconnaissance optique des caractères). Ceci implique des manipulations supplémentaires, une fiabilité incertaine et une perte de temps considérable.

    Le PDF protégé présente un troisième obstacle. De nombreux documents générés automatiquement (relevés de compte, factures) ont la propriété « Accessibilité au contenu activée » réglée sur « non autorisé ». Résultat : la lecture par synthèse vocale ou plage braille est impossible, même sans mot de passe d’ouverture. Cette protection peut être activée par erreur et est globalement à proscrire.

    Pour qu’un PDF soit conforme au RAPDF 1.1 luxembourgeois, il doit être balisé (titres, listes, tableaux, alternatives aux images), disposer d’un titre de document, avoir un ordre de lecture cohérent, et déclarer correctement la langue.

    Word et LibreOffice : la structure avant tout

    Un document Word accessible commence par une structure de titres correcte : ne jamais simuler un titre en mettant du texte en gras et en grand, mais utiliser les styles de titre natifs (Titre 1, Titre 2, etc.). Cette structure est ensuite exportée dans le PDF généré.

    Les autres points critiques :

    • Chaque image informative doit avoir un texte alternatif pertinent (ni « image1.jpg », ni « photo »).
    • Les tableaux de données doivent avoir une ligne d’en-tête correctement déclarée.
    • Les listes à puces doivent utiliser les styles de liste natifs, pas des tirets saisis manuellement.
    • Les liens hypertextes doivent avoir un intitulé descriptif (pas « cliquez ici »).

    Le vérificateur d’accessibilité intégré à Word et PowerPoint est utile pour détecter certaines erreurs, mais il ne suffit pas. Il peut signaler des faux positifs, ignorer des problèmes réels (comme un texte alternatif non pertinent), et ne détecte pas la cohérence de la structure de titrage.

    PowerPoint : l’ordre de lecture, ennemi invisible

    Dans PowerPoint, l’ennemi numéro un est l’ordre de lecture. Ce n’est pas l’ordre visuel des éléments sur la diapositive, mais l’ordre dans lequel ils ont été insérés. Si vous ajoutez une introduction après le corps de texte, elle sera lue en dernier par le lecteur d’écran – même si elle apparaît visuellement avant.

    Sous Windows, le volet sens de lecture (menu Accessibilité) permet de visualiser et corriger cet ordre. Sous macOS, l’affichage est historiquement inversé : le premier élément lu est le dernier de la liste. Les versions récentes de PowerPoint semblent avoir corrigé ce comportement. Vérifiez avant de finaliser votre document.

    Autre point souvent oublié : les éléments placés dans le masque de diapositive ne sont pas restitués par les technologies d’assistance. Seuls les éléments décoratifs redondants y ont leur place.


    Comment Key4.lu vous accompagne pour vos documents accessibles au Luxembourg

    Je propose aux organisations au Luxembourg des formations pour rendre leurs documents numériques accessibles.

    Mon approche combine expertise technique et regard pédagogique. Je m’appuie sur les outils de référence : PAC (PDF Accessibility Checker), les vérificateurs natifs Microsoft et LibreOffice, et les référentiels luxembourgeois RAPDF 1.1 et RAWeb. J’évite l’utilisation d’Adobe Acrobat Pro afin de limiter les coûts pour les PME et associations.

    Mon engagement d’expert

    Depuis plusieurs années que je travaille dans l’accessibilité numérique au Luxembourg, j’ai vu de nombreux documents distribués en toute bonne foi – et totalement inaccessibles pour une partie du public. Des rapports annuels diffusés en PDF non balisé, par exemple.

    Ces situations ne tiennent pas à un manque de bonne volonté. Elles tiennent à un manque de méthode et de formation. C’est précisément ce que je propose d’apporter : des compétences concrètes, transférables à vos équipes, pour que l’accessibilité devienne un réflexe de production et pas un chantier correctif.


    FAQ – Vos questions sur les documents accessibles au Luxembourg

    Qu’est-ce qu’un document accessible exactement ?

    Un document accessible est un fichier numérique (PDF, Word, PowerPoint…) que toute personne peut lire, naviguer et comprendre – y compris en utilisant un lecteur d’écran, une plage braille ou en naviguant au clavier sans souris. Cela suppose une structure sémantique correcte (titres, listes, tableaux), des alternatives textuelles pour les images, un ordre de lecture logique, et des contrastes suffisants. L’accessibilité ne concerne pas que les personnes handicapées : elle améliore l’expérience de tous.

    Les documents PDF sont-ils obligatoirement concernés par la loi luxembourgeoise ?

    Oui, pour le secteur public depuis 2019 et pour les entreprises privées depuis juin 2025. Un PDF publié sur un site web ou transmis dans le cadre d’un service relève des obligations d’accessibilité. Au Luxembourg, le référentiel de référence pour les PDF est le RAPDF 1.1, élaboré par le Service information et presse. Il comporte 46 critères de contrôle et se base sur la norme EN 301 549.

    Combien coûte la remédiation d’un document inaccessible ?

    Le coût dépend de la complexité du document : un fichier Word simple prend quelques heures ; un PDF multi-pages avec tableaux et formulaires peut nécessiter une journée ou plus. Le point clé : rendre un document accessible après coup coûte toujours plus cher que de le créer correctement dès le départ. Former vos équipes aux bonnes pratiques est l’investissement le plus rentable sur le long terme.

    Mon Word est beau et bien mis en page, mais est-il accessible pour autant ?

    Pas nécessairement. Un document peut être visuellement parfait et structurellement vide pour une technologie d’assistance. Les erreurs les plus fréquentes : utiliser la mise en gras pour simuler des titres (sans styles de titre natifs), saisir des listes à la main avec des tirets, omettre les textes alternatifs des images, ou utiliser des couleurs sans contraste suffisant. Le vérificateur intégré à Word aide, mais ne détecte pas tout.

    Quelle est la différence entre PDF/UA et RAPDF ?

    PDF/UA (ISO 14289, désormais en version 2) est la norme internationale qui définit les exigences techniques d’accessibilité pour les fichiers PDF. RAPDF 1.1 est le référentiel luxembourgeois opérationnel qui permet de vérifier la conformité à la norme EN 301 549 (section 10) et intègre des correspondances avec PDF/UA-2. Le RAPDF traduit les exigences normatives en critères de tests concrets et reproductibles.

    Peut-on utiliser LibreOffice pour créer des documents accessibles ?

    Oui. LibreOffice Writer et Impress disposent d’un vérificateur d’accessibilité (menu Outils) et permettent de créer des documents bien structurés. Les principes sont les mêmes qu’avec Microsoft Office : styles de titres, alternatives aux images, listes natives, déclaration de langue. L’export PDF depuis LibreOffice peut produire des fichiers balisés à condition de cocher les bonnes options lors de l’export.

    Quels outils dois-je utiliser pour vérifier un PDF accessible ?

    L’outil de référence internationale est PAC (PDF Accessibility Checker), gratuit, qui analyse la structure du fichier et l’aperçu avec lecteur d’écran. Adobe Acrobat Pro permet des corrections plus avancées (retouche de l’arborescence de balises, correction des en-têtes de tableau, ajout d’alternatives). Pour les contrôles de contraste, le Colour Contrast Analyser de TPGi est recommandé.

    Que risque mon organisation si ses documents ne sont pas accessibles ?

    Pour le secteur public, le SIP peut constater la non-conformité et l’inscrire dans son rapport de contrôle, avec obligation de remédiation. Pour les entreprises privées soumises à la loi du 8 mars 2023 (entrée en vigueur en juin 2025), l’OSAPS peut interdire la mise à disposition du service ou produit non conforme et infliger des sanctions pénales allant jusqu’à 500 000 euros, voire un million en cas de récidive. L’amende est proportionnelle à la gravité du manquement.


    Conclusion : agir maintenant, pour chaque lecteur

    Produire des documents accessibles au Luxembourg n’est pas une démarche optionnelle. C’est une exigence légale, un acte d’inclusion et un gage de professionnalisme. Que vous produisiez des PDF institutionnels, des présentations PowerPoint ou des formulaires Word, les mêmes principes s’appliquent : structure, alternatives, ordre de lecture, contrastes.

    Découvrez aussi mes formations sur l’accessibilité numérique pour gagner en autonomie sur ces sujets.


    Références

    • Étude sur l’usage des lecteurs d’écran en France et en francophonie, Access42, Fédération des Aveugles et Amblyopes de France, juin 2017. access42.net↩︎
    • Contrôle de l’accessibilité des sites Internet et applications mobiles du secteur public au Luxembourg, période 2022–2024, Service information et presse (SIP), janvier 2025. https://accessibilite.public.lu/fr/rapports/2024/rapport/↩︎
    • Sur les sites publics les plus visités, des PDF majoritairement inaccessibles, SIP, avril 2023. https://accessibilite.public.lu/fr/news/2023-04-28-des-pdf-majoritairement-inaccessibles.html↩︎
  • Lecteur d’écran et technologies d’assistance: Ce qu’il faut savoir.

    Lecteur d’écran et technologies d’assistance: Ce qu’il faut savoir.

    1,3 milliard de personnes dans le monde – 1 sur 6 selon l’OMS – vivent avec un handicap significatif. Parmi elles, de nombreuses utilisent des technologies d’assistance que la plupart des concepteurs de sites n’ont jamais testées.

    Lecteur d’écran, clavier braille, logiciel de grossissement, synthèse vocale : ces technologies d’assistance sont, pour leurs utilisateurs, le seul moyen d’accéder à internet. Au Luxembourg, où la loi du 28 mai 2019 impose l’accessibilité numérique au secteur public – et où la loi de 2023 étend les obligations à de nombreux produits et services – principalement unmériques. Ignorer ces outils revient à fermer
    la porte à une partie de votre public.

    Dans cet article, je vous explique ce que sont ces technologies, comment elles interagissent avec votre site, et ce que cela implique concrètement pour la conception de vos contenus numériques.

    Qu’est-ce qu’une technologie d’assistance ?

    Une technologie d’assistance (ou aide technique) est tout dispositif matériel ou logiciel qui permet à une personne en situation de handicap d’accéder à l’information numérique. On distingue plusieurs grandes familles.

    Les lecteurs d’écran

    Un lecteur d’écran (ou screen reader) est un logiciel qui restitue le contenu d’une application et de son contenu, sous forme vocale ou en braille. Elle permet aussi l’interaction avec un ordinateur ou smartphone. La personne n’utilise pas de souris : elle navigue uniquement au clavier, en navigant d’un endroit de l’écran à un autre. Pour les pages web, on navigue par exemple de titre en titre, de lien en lien, ou de ligne en ligne.

    Les lecteurs d’écran les plus répandus sont :

    • JAWS (Windows, payant) – leader historique en environnement professionnel
    • NVDA (Windows, gratuit) – très utilisé, en progression constante
    • VoiceOver (Apple macOS et iOS, intégré) – majoritaire sur mobile
    • TalkBack (Android, intégré) – standard sur les appareils Android

    Selon une étude menée auprès d’utilisateurs francophones (Belgique, France, Luxembourg, Québec, Suisse), JAWS reste en tête sur ordinateur avec 45 % des utilisateurs, suivi par NVDA à 29 %. Sur mobile, VoiceOver domine avec plus de 78 % d’utilisation.1

    Navigation au clavier ≠ navigation au lecteur d’écran. C’est une confusion fréquente. Un utilisateur clavier voit le contenu à mesure qu’il se déplace. Un utilisateur de lecteur d’écran, lui, n’entend que l’élément sur lequel
    son focus est positionné. Il dispose de commandes dédiées pour parcourir les titres, les listes, les tableaux, les champs de formulaire – indépendamment du focus clavier. Cela signifie que la structure sémantique de votre HTML est le vrai squelette de l’accessibilité.

    Les afficheurs et claviers braille

    Plus de la moitié des utilisateurs de lecteurs d’écran utilisent également le braille avec leur logiciel2. Un afficheur braille (ou plage braille) est un périphérique qui transcrit le texte de la page en caractères braille tactiles, ligne par ligne. Un clavier braille permet, quant à lui, de saisir du texte sans vue. Ces dispositifs fonctionnent en lien direct avec le lecteur d’écran.

    Les logiciels de grossissement et de synthèse vocale

    Les personnes malvoyantes utilisent souvent des logiciels de grossissement (ZoomText, Magnifier intégré à Windows) qui peuvent agrandir l’affichage jusqu’à 400 %, voire plus. À ce niveau de zoom, un site mal conçu devient inutilisable : le texte déborde, les boutons disparaissent, la navigation horizontale devient
    épuisante.

    La synthèse vocale (text-to-speech) permet de faire lire un texte à haute voix. Elle est intégrée à tous les systèmes d’exploitation modernes et à la plupart des navigateurs. Des outils dédiés comme Sproochmaschinn.lu – plateforme du Centre pour la langue luxembourgeoise – proposent même cette fonction pour les textes en luxembourgeois.

    La reconnaissance vocale (speech-to-text)

    À l’inverse, la reconnaissance vocale permet de dicter du texte et des commandes au lieu de les taper. Elle est précieuse pour les personnes ayant des limitations motrices. Des outils comme LuxASR, développé par l’Université du Luxembourg, offrent cette fonctionnalité en langue luxembourgeoise.


    Pourquoi ces outils imposent des exigences précises à votre site

    Comprendre les technologies d’assistance, c’est comprendre pourquoi l’accessibilité ne se résume pas à un « mode accessible » ou à un widget overlay ajouté en bout de chaîne. Ces outils lisent votre code. S’il est mal structuré, ils échouent – et l’utilisateur avec eux.

    Un HTML sémantique correct : la base de tout

    Un lecteur d’écran ne voit pas que vos titres sont plus grands. Il lit les balises #, ##, ###. Si vos titres sont mis en forme avec du CSS plutôt qu’avec des balises appropriées, ils sont invisibles pour lui. Même chose pour les listes, les boutons, les landmarks ARIA.

    Conséquence pratique : un site visuellement impeccable peut être totalement inaccessible à un lecteur d’écran si la structure HTML est déficiente.

    Les liens et boutons doivent avoir un sens hors contexte

    Un lecteur d’écran peut lister tous les liens d’une page. Si vos liens s’appellent « cliquez ici » ou « en savoir plus » sans contexte, la liste devient incompréhensible. Chaque lien doit décrire sa destination. Chaque bouton, son action.

    Les formulaires : un point critique

    Les champs de formulaire doivent être correctement étiquetés ( associé à chaque ). Sans étiquette, le lecteur d’écran annonce « champ de saisie » et l’utilisateur ne sait pas quoi y écrire. C’est une barrière directe à la souscription d’un service, à une prise de contact, à un achat en ligne.

    Le zoom jusqu’à 400 % : une exigence WCAG

    Les normes WCAG 2.1 (intégrées dans la norme européenne EN 301 549 et dans le référentiel luxembourgeois RAWeb) imposent que le contenu reste lisible et utilisable à 400 % de zoom sans défilement horizontal excessif. Un site en largeur fixe échoue systématiquement à ce critère.

    Les langues déclarées : deux attributs qui changent tout

    Un lecteur d’écran adapte sa synthèse vocale à la langue de la page. Si votre page est en français mais que l’attribut lang indique en (anglais), le contenu sera prononcé en anglais et deviendra inintelligible. Ce type d’erreur, aussi minime soit-elle en apparence, rend un site inaccessible du jour au lendemain.


    Ce que cela change pour votre organisation au Luxembourg

    Vous êtes peut-être soumis à une obligation légale

    Au Luxembourg, deux lois encadrent l’accessibilité numérique :

    • La loi du 28 mai 2019 oblige l’État, les communes et les organismes de droit public (dont de nombreuses ASBL financées majoritairement par des fonds publics) à se conformer aux normes WCAG 2.1 niveau AA.
    • La loi du 8 mars 2023 (transposition de l’European Accessibility Act) étend ces obligations aux à de nombreux produits et services : e-commerce, banque en ligne, transport, communications électroniques.

    La conformité implique directement la compatibilité avec les technologies d’assistance. Un site conforme WCAG 2.1 AA fonctionne avec les lecteurs d’écran, les claviers braille et les logiciels de grossissement. L’un ne va pas sans l’autre.

    Vous élargissez votre audience réelle

    En Europe, 87 millions de personnes vivent avec un handicap3, soit au moins un adulte sur quatre. Au Luxembourg, entre 15 % et 20 % de la population est concernée directement. À cela s’ajoutent les personnes âgées, les utilisateurs de smartphones dans des conditions difficiles, et tous ceux qui bénéficient d’une navigation plus claire et mieux structurée.

    Un site compatible avec les technologies d’assistance est un site meilleur pour tous les utilisateurs.

    Vous renforcez votre crédibilité et votre image

    Intégrer l’accessibilité dès la conception plutôt que de la déléguer à une solution tierce, c’ est une marque de qualité et de responsabilité sociale. C’est aussi le modèle promu par les experts : l’accessibilité intégrée est plus robuste, moins coûteuse à maintenir, et elle profite à l’ensemble des utilisateurs, pas seulement à ceux qui en ont le plus besoin.

    Vous réduisez les risques de sanction

    L’OSAPS (Office de Surveillance de l’Accessibilité des Produits et Services) surveille la conformité des entreprises privées et peut infliger des sanctions en cas de non-respect. Le Service Information et Presse (SIP) remplit le même rôle pour le secteur public.


    Comment key4.lu vous aide à être compatible avec les technologies d’assistance

    Quand je développe un site web qui doit être accessible, je ne me contente pas de cocher des cases dans un référentiel. Je teste les sites que je développe avec de vrais lecteurs d’écran. Je construis une structure HTML sémantique correcte dès la phase de conception, pas en rattrapage.

    Les formations que je propose couvrent aussi la prise en main des technologies d’assistance. Comprendre comment fonctionne un lecteur d’écran change la façon dont on conçoit du contenu.


    FAQ – Technologies d’assistance et accessibilité numérique

    Qu’est-ce qu’un lecteur d’écran exactement, et qui l’utilise ?

    Un lecteur d’écran est un logiciel qui vocalise ou transcrit en braille le contenu affiché à l’écran. Il est principalement utilisé par des personnes aveugles ou malvoyantes, mais aussi par certaines personnes dyslexiques ou ayant des difficultés de lecture. Il fonctionne avec le clavier : l’utilisateur navigue dans la page grâce à des raccourcis dédiés pour atteindre les titres,
    les liens, les formulaires ou les régions de la page. NVDA et JAWS sont les plus courants sur Windows ; VoiceOver est intégré aux appareils Apple.

    Mon site est-il obligé d’être compatible avec les lecteurs d’écran au Luxembourg ?

    Si votre organisation est une administration publique, une commune, ou une ASBL majoritairement financée par des fonds publics, la réponse est oui, depuis la loi du 28 mai 2019. Pour les entreprises privées, la loi de 2023 (EAA) impose la compatibilité pour un périmètre précis de services : e-commerce, banque en ligne, transport, communications électroniques. Dans tous les cas, la conformité WCAG 2.1 AA, qui garantit la compatibilité avec les technologies d’assistance, est le standard de référence au Luxembourg, via le référentiel RAWeb.

    La compatibilité avec un lecteur d’écran est-elle difficile à mettre en place ?

    Pas si elle est pensée dès la conception. Les erreurs les plus fréquentes sont simples à éviter : balises de titre mal utilisées, images sans texte alternatif, formulaires sans étiquettes, liens sans intitulé clair. Un site développé avec une structure HTML sémantique correcte est naturellement compatible avec les
    lecteurs d’écran. Le vrai défi apparaît lorsqu’on tente de rendre accessible un site déjà conçu sans ces bases – le rattrapage est toujours plus coûteux.

    Qu’est-ce que le braille a à voir avec mon site web ?

    Un afficheur braille est un périphérique qui reçoit les informations du lecteur d’écran et les affiche sous forme de caractères braille tactiles. Plus de la moitié des utilisateurs de lecteurs d’écran l’utilisent en parallèle. Pour votre site, cela ne change rien techniquement : si votre code est bien structuré pour un lecteur d’écran, il fonctionne aussi avec un afficheur braille. C’est le même principe : votre structure HTML parle directement à la technologie d’assistance.

    Comment savoir si mon site est compatible avec les technologies d’assistance ?

    Plusieurs approches sont complémentaires. Les outils automatiques comme WAVE ou axe DevTools repèrent les erreurs les plus communes (contrastes insuffisants, images sans alternative, etc.). Mais un test manuel avec un vrai lecteur d’écran reste indispensable : certains problèmes comm un ordre de lecture incohérent, le focus invisible, les comportements dynamiques mal gérés) ne sont détectés que par une navigation réelle. Le référentiel RAWeb, utilisé au Luxembourg, offre un cadre d’évaluation structuré et exhaustif.

    Est-ce que la synthèse vocale et la reconnaissance vocale concernent aussi mon site ?

    Oui, indirectement. La synthèse vocale (text-to-speech) lit le contenu de votre site. Elle dépend donc de la qualité de votre structure HTML et de la langue correctement déclarée. La reconnaissance vocale (speech-to-text) est utilisée pour naviguer et interagir : si vos boutons et liens n’ont pas de nom accessible, les commandes vocales ne peuvent pas les cibler. Dans les deux cas, un code propre et sémantique résout la grande majorité des problèmes.

    Puis-je former mon équipe à ces technologies d’assistance ?

    Absolument et c’est même recommandé. Une équipe de communication qui comprend comment fonctionne un lecteur d’écran rédige des textes alternatifs plus pertinents, structure ses contenus plus clairement, et maintient la conformité dans le temps sans dépendre d’un prestataire externe pour chaque modification. Je propose des formations pratiques adaptées aux responsables de communication, aux gestionnaires de site WordPress et à toute personne produisant du contenu numérique.

    Les technologies d’assistance fonctionnent-elles aussi sur mobile ?

    Oui. VoiceOver (iOS) et TalkBack (Android) sont les deux lecteurs d’écran mobiles les plus utilisés – et VoiceOver représente plus de 78 % des usages sur smartphone selon les études francophones disponibles. Le référentiel RAAM (Référentiel d’évaluation de l’Accessibilité des Applications Mobiles) fixe les critères au Luxembourg pour les applications mobiles, dans la même logique que le RAWeb pour les sites web.


    Conclusion : rendre votre site lisible par tous, c’est votre responsabilité

    Les technologies d’assistance ne sont pas des cas marginaux. Elles représentent le seul moyen pour des millions de personnes d’accéder à l’internet. Au Luxembourg, la loi vous impose de les prendre en compte. Et au-delà de la loi, c’est une question d’engagement envers votre public.

    Un site compatible avec un lecteur d’écran et les autres aides techniques n’est pas un site « spécial accessibilité » : c’est simplement un bon site, bien structuré, pensé pour tous.

    Références

    1. WebAIM, Screen Reader User Survey #10, février 2024 — 1 539 répondants, dont ~30 % d’Europe.↩︎

    2. Étude access42 / Fédération des Aveugles de France (2018) : « Plus de la moitié des répondants (51 %) ont indiqué utiliser le braille avec leur lecteur d’écran. » Source : document Articles du blog access42 sur les technologies d’assistance, section « Enquête internationale sur l’usage des technologies d’assistance ».↩︎

    3. Commission européenne, Together for Rights, https://op.europa.eu/webpub/empl/together-for-rights/de/↩︎

  • Langage facile au Luxembourg : Pour être compris par tous

    Langage facile au Luxembourg : Pour être compris par tous

    Internet doit être accessible à tous. Cela ne se limite pas à supprimer les obstacles techniques. Cela exige aussi que le contenu soit compréhensible par chaque personne. C’est précisément l’objectif du langage facile – appelé FALC (Facile à Lire et à Comprendre) en français, ou Leichte Sprache en allemand.

    Au Luxembourg, des millions de personnes peinent à comprendre les communications officielles, les sites web ou les documents administratifs. Les raisons sont nombreuses : handicap intellectuel, dyslexie, âge avancé, maîtrise insuffisante de la langue, stress ou surcharge cognitive.

    Dans cet article, je vous explique ce qu’est le langage facile, pourquoi il est stratégique pour votre organisation, et comment Key4.lu vous accompagne pour le mettre en œuvre.

    Qu’est-ce que le langage facile ? Définition et enjeux au Luxembourg

    Le FALC, une méthode reconnue à l’échelle européenne

    Le FALC est une méthode qui a pour but de traduire un langage classique en un langage simplifié. Il rend l’information plus simple et plus claire, utile à tout le monde – notamment aux personnes en situation de handicap, dyslexiques, âgées ou maîtrisant mal la langue. Pour qu’un texte soit officiellement FALC, il doit avoir été relu et compris par des personnes en situation de handicap intellectuel.

    Le langage facile va au-delà du style rédactionnel. Il suit un ensemble de règles précises : phrases courtes, vocabulaire courant, une idée par phrase, illustrations d’appui. Ces règles sont formalisées dans la norme ISO 24495-1 pour la langue simple. Pour la Leichte Sprache allemande, la DIN SPEC 33429 en définit le cadre – il s’agit techniquement d’une spécification (Empfehlung), c’est-à-dire une recommandation de norme, et non une norme officielle au sens strict.

    La réalité luxembourgeoise : une situation multilingue complexe

    Le Luxembourg présente une situation unique en Europe. Quatre langues coexistent dans l’espace public – luxembourgeois, français, allemand, anglais. Cette diversité multiplie les risques d’exclusion communicationnelle.

    Klaro travaille en collaboration avec le Centre pour la langue luxembourgeoise (ZLS) au développement de règles pour un langage facile luxembourgeois. Par ailleurs, dans le cadre d’un Appel à Projets du ministère de la Digitalisation, un projet a été sélectionné en 2024 pour développer un outil d’intelligence artificielle aidant à la création de langage facile – mais tous les textes nécessitent encore une vérification humaine avant validation.

    Au Luxembourg, les deux variantes coexistent et sont complémentaires. La Leichte Sprache en allemand reste très présente, notamment parce que les relecteurs de l’atelier isie travaillent principalement dans cette langue. Le FALC en français prend de l’importance avec la croissance de la population francophone, et Klaro recommande de proposer les deux versions lorsque le public cible le justifie.

    Ce que dit la loi luxembourgeoise

    Deux textes de loi structurent les obligations au Luxembourg :

    • La loi du 28 mai 2019 impose à tous les organismes publics de rendre leurs sites web et applications mobiles accessibles. La compréhensibilité des contenus en fait partie.
    • La loi du 8 mars 2023, transposition luxembourgeoise de la Directive européenne 2019/882 (European Accessibility Act), étend ces obligations aux entreprises privées. Les contenus en ligne ou sur support papier doivent être compréhensibles, c’est-à-dire dans un langage simple et clair.

    Les bénéfices concrets du langage facile pour votre organisation

    Toucher un public plus large

    En Europe, 87 millions de personnes vivent avec un handicap. Au Luxembourg, une part significative de la population est concernée – personnes âgées, personnes avec un handicap cognitif, nouveaux résidents en cours d’apprentissage linguistique.

    Un contenu en langage facile ne s’adresse pas uniquement aux personnes handicapées. Il bénéficie à toute personne sous pression, fatiguée ou peu familière avec votre domaine d’activité. C’est ce que les experts en accessibilité appellent l’effet de « curb cut » : une solution pensée pour les cas extrêmes améliore l’expérience de tous.

    Réduire les incompréhensions et les erreurs

    Dans les secteurs de la santé, du social, de l’administration ou des finances, l’incompréhension d’un document peut avoir des conséquences graves. Une notice de médicament mal comprise, un formulaire rempli incorrectement, une convocation électorale ignorée – ce sont des situations évitables.

    Un texte clair réduit les demandes de clarification, les erreurs de traitement et les coûts humains et administratifs qui en découlent.

    Répondre à une obligation légale et éviter des sanctions

    La loi transposant l’acte européen « European Accessibility Act » prévoit la possibilité d’interdire la mise à disposition sur le marché d’un produit ou d’un service non conforme, et liste des sanctions administratives et pénales.

    Mettre en place le langage facile n’est plus seulement une bonne pratique. C’est une obligation dont le non-respect peut coûter très cher.

    Renforcer votre image et votre positionnement

    Une organisation qui communique clairement projette une image de confiance. Elle montre qu’elle respecte ses interlocuteurs. Dans un contexte où la méfiance envers les institutions est croissante, la clarté du langage est un signal fort d’engagement citoyen et éthique.

    Pour les ASBL, les organismes sociaux et les institutions publiques, c’est aussi une question de cohérence avec les valeurs d’inclusion qu’ils défendent.


    Comment Key4.lu vous aide à mettre en œuvre un contenu web accessible

    Je travaille depuis plus plusieures annés dans le domaine de l’accessibilité numérique au Luxembourg. Mon approche combine l’expertise technique et la dimension éditoriale. Mais pour pouvoir prétendre au pictogramme FALC qui atteste qu’un texte est bien en langage facile, il faut respecter certains principes.

    Les principes fondamentaux du langage facile

    Écrire en langage facile demande plus qu’un style simplifié. Il faut restructurer le texte en profondeur : enlever ce qui est superflu, ajouter le contexte manquant, reformuler chaque idée. Comptez environ 2 heures de travail pour 500 mots – soit bien plus qu’une rédaction ordinaire.

    Les règles essentielles portent sur quatre niveaux :

    • Le vocabulaire : mots courants, explication immédiate des termes techniques, pas d’abréviations, un seul mot pour une seule chose.
    • Les phrases : courtes, une idée par phrase, construction Sujet–Verbe–Complément, voix active, formulations positives.
    • La structure : informations importantes en premier, un paragraphe = une idée, sous-titres clairs, exemples concrets du quotidien.
    • La mise en page : texte aligné à gauche, police sans empattement, interligne généreux, pas de césure, pas d’italique, images et pictogrammes pour appuyer le sens.

    Voici un exemple rapide. Phrase originale : « Le relevé de compte mensuel permet de suivre l’évolution du solde. » En langage facile : « Chaque mois, vous recevez un relevé de compte. Il montre combien d’argent il reste sur votre compte. »

    Faire traduire et valider votre texte professionnellement

    Un texte rédigé en langage facile doit être validé par des personnes avec un handicap intellectuel avant de pouvoir porter le logo officiel d’Inclusion Europe. Ce logo est le signe de qualité reconnu dans toute l’Europe.

    Au Luxembourg, ce processus passe par Klaro, le centre de compétences officiel pour le langage facile, rattaché à l’APEMH. Klaro transmet les textes à l’Atelier Isie, dont les collaborateurs — des personnes avec un handicap intellectuel rémunérées pour ce travail — vérifient si le texte est réellement compréhensible et proposent des améliorations. Un échange entre auteurs et vérificateurs est souvent nécessaire. Une deuxième relecture peut être requise si des modifications importantes sont apportées.

    Pour les textes en lien avec le tourisme, le groupe de relecture Op der Schock est une alternative.


    FAQ – Vos questions sur le langage facile au Luxembourg

    Quelle est la différence entre le FALC et le langage simple ?

    Le FALC (Facile à Lire et à Comprendre, ou Leichte Sprache en allemand) est le niveau le plus accessible. Il suit des règles strictes : phrases courtes (les guides pratiques recommandent généralement de ne pas dépasser une dizaine de mots), un seul message par phrase, illustrations obligatoires, relecture par des personnes avec un handicap intellectuel.

    Le langage simple (ou Einfache Sprache en allemand) est moins contraignant. Les phrases peuvent aller jusqu’à 25 mots, le génitif est autorisé, les notes de bas de page aussi. Il correspond au niveau B1. Il est plus facile à produire, mais n’est pas accessible à toutes les personnes qui ont besoin du FALC. Les deux approches sont complémentaires, pas interchangeables.

    Le langage facile est-il obligatoire au Luxembourg ?

    Directement, non – aucun texte n’impose explicitement la rédaction en FALC. Mais indirectement, oui. La loi du 8 mars 2023 exige que les contenus en ligne ou sur support papier soient compréhensibles, c’est-à-dire dans un langage simple et clair. Cette obligation concerne les entreprises de plus de 10 salariés ou dépassant 2 millions d’euros de chiffre d’affaires. Pour les organismes publics, la loi du 28 mai 2019 s’applique depuis 2020.

    Quelles organisations au Luxembourg proposent des relectures FALC ?

    Au Luxembourg, il existe actuellement deux groupes de relecture pour le langage facile : l’atelier isie de l’APEMH (relecture de textes en allemand, français et anglais), et le groupe de relecture Op der Schock, spécialisé dans le domaine du tourisme. Le CC-CDI dispose également d’un service langage facile, réservé au domaine scolaire. La relecture par ces groupes est indispensable pour apposer le logo officiel d’Inclusion Europe sur vos documents.

    Quel type de contenu peut être traduit en langage facile ?

    Pratiquement tout. Les usages les plus fréquents au Luxembourg concernent les documents administratifs, les convocations électorales, les brochures d’information sociale, les notices médicales, les sites web institutionnels et les supports de formation. Guichet.lu propose déjà des informations en langage facile sur l’accessibilité, les aides financières, la famille, le logement, la santé, les transports et le travail. C’est un exemple à suivre pour tout organisme en contact avec le public.

    Qu’est-ce que le logo FALC et comment l’obtenir ?

    Le logo FALC est un signe de qualité créé par Inclusion Europe. Il atteste que le texte a été relu et approuvé par au moins une personne avec un handicap intellectuel. Il est reconnu dans toute l’Europe et permet aux personnes qui en ont besoin d’identifier immédiatement les contenus accessibles. Pour l’utiliser, Inclusion Europe n’exige pas de permission préalable, à condition que la publication respecte les règles du langage facile et mentionne la source (« © European Easy-to-Read Logo: Inclusion Europe »). En pratique au Luxembourg, la voie recommandée – et nécessaire pour garantir la qualité – est la relecture par l’atelier isie de l’APEMH, dont les collaborateurs sont les véritables garants de l’accessibilité du texte.

    Peut-on utiliser l’IA pour produire du contenu en langage facile ?

    L’intelligence artificielle peut aider à simplifier des textes ou à générer une première version. Un projet sélectionné en 2024 dans le cadre d’un appel à projets du ministère de la Digitalisation vise à développer un outil IA pour le langage facile luxembourgeois. Les premiers résultats sont prometteurs, mais tous les textes nécessitent encore une vérification humaine avant validation. À noter : dans un premier temps, cet outil sera réservé aux organes gouvernementaux et ne sera pas accessible aux organisations privées ou associatives. L’IA est un outil d’aide, pas un substitut à l’expertise humaine, ni à la relecture par les usagers eux-mêmes.

    Comment intégrer le langage facile dans ma stratégie de communication digitale ?

    Commencez par identifier les contenus à fort impact : page d’accueil, formulaires de contact, pages de services, communications urgentes. Réécrivez ces contenus en priorité. Formez ensuite vos équipes pour que la démarche soit durable. Intégrez la vérification de lisibilité dans votre processus de publication – au même titre que la vérification orthographique.


    Conclusion : agir maintenant, pour tous vos lecteurs

    Le langage facile n’est pas une contrainte supplémentaire. C’est une opportunité de rendre vos contenus plus efficaces, plus inclusifs et plus conformes aux exigences légales en vigueur au Luxembourg depuis juin 2025. Chaque texte simplifié est un lecteur de plus qui comprend votre message et qui peut agir en conséquence.

  • Vidéos en langue des signes : bonnes pratiques de réalisation

    Vidéos en langue des signes : bonnes pratiques de réalisation

    De nombreuses personnes sourdes et malentendantes utilisent la langue des signes comme langue maternelle. Certaines d’entre elles rencontrent des difficultés à lire la langue écrite : les informations écrites ou les sous-titres ne suffisent donc pas à garantir l’accessibilité à toutes les personnes concernées. Il est alors utile de fournir des informations supplémentaires en langue des signes. Mais une vidéo en langue des signes doit respecter certaines règles pour être vraiment utile : éclairage, cadrage, positionnement de la personne qui signe. Cet article présente ces bonnes pratiques.

    Un complément aux sous-titres, pas un remplacement

    Toutes les personnes sourdes ne maîtrisent pas la langue des signes. Elle ne doit donc en aucun cas remplacer les sous-titres et/ou les transcriptions dans une vidéo, mais les compléter. Le critère de succès WCAG 1.2.6 (« langue des signes, contenu préenregistré ») recommande d’ailleurs l’interprétation en langue des signes pour tout contenu audio préenregistré, en complément des sous-titres. Vous trouverez plus d’informations sur la langue des signes dans notre article consacré à ce sujet.

    Comment afficher la personne qui signe ?

    Il existe deux façons courantes d’afficher la personne qui signe :

    • La méthode du « film dans le film » : la vidéo originale s’affiche en format réduit, avec la personne qui signe à droite. Cette méthode exige de filmer devant un écran vert et n’est pas prise en charge par tous les logiciels vidéo.
    • L’affichage en bas à droite de la vidéo originale : la personne apparaît plus petite, ce qui peut nuire à la reconnaissance des signes, et masque une petite partie de la vidéo originale.

    Cinq critères pour une vidéo en langue des signes réussie

    • Ne pas masquer les contenus importants : la personne qui signe est généralement placée en bas à droite de la vidéo.
    • Prévoir un bouton de choix, si le lecteur vidéo le permet, pour visionner la vidéo avec ou sans langue des signes.
    • Couleurs contrastées et bon éclairage : les vêtements de la personne qui signe et l’arrière-plan doivent être unis et contraster avec la couleur de peau, afin que les mains et le visage soient bien visibles.
    • Filmer d’assez près pour que les mouvements restent clairement reconnaissables, y compris sur petits écrans.
    • Tenir compte de l’ensemble de l’espace de signation, qui s’étend de la tête aux hanches et d’un côté à l’autre du corps : la personne doit être filmée de manière à ce que tous ses mouvements soient reconnaissables.
  • Illustrations accessibles : quels types d’images et comment les utiliser ?

    Illustrations accessibles : quels types d’images et comment les utiliser ?

    Certaines personnes ont du mal à lire. Les images peuvent alors aider à traiter plus facilement les informations et à mieux comprendre un texte. Photos, dessins, pictogrammes, emojis ou diagrammes, chaque type d’image a une fonction différente et convient à des objectifs différents. Mais une image mal choisie ou mal intégrée peut aussi créer de la confusion. Cet article explique les différents types d’images, comment les utiliser efficacement dans un texte, et pourquoi le texte alternatif reste indispensable dans les médias numériques.

    Le texte alternatif, un principe transversal

    Dans les médias numériques, les images et graphiques doivent être décrits par un texte, sauf s’ils sont purement décoratifs. Ce texte, appelé « texte alternatif », aide les personnes qui ne peuvent pas ou peu reconnaître le contenu d’une image, un lecteur d’écran le lit à haute voix. Attention, les images décoratives doivent aussi être identifiées comme telles. Une image est décorative lorsqu’elle n’apporte aucune information supplémentaire nécessaire à la compréhension du texte. Ce principe correspond au critère de succès WCAG 1.1.1 (« Contenu non textuel »), qui exige un équivalent textuel pour tout contenu non textuel porteur d’information.

    Cinq types d’images, cinq fonctions

    Le type d’image utilisé dépend de l’objectif et du groupe cible. Par exemple, une information destinée à des adultes ne devrait pas utiliser de dessins destinés aux enfants.

    • Les photos sont utiles pour représenter quelque chose de manière réaliste : situations du quotidien, parties du corps, personnes, émotions, objets et lieux.
    • Les dessins expliquent des processus, comme les modes d’emploi ou les instructions dans les domaines de la santé, du social ou de l’environnement.
    • Les diagrammes aident à représenter des informations complexes, à condition d’offrir un contraste suffisant et une légende claire.
    • Les pictogrammes sont des symboles simples représentant un objet, un concept ou une situation. Utilisés avec du texte, ils sont plus faciles à comprendre ; leur signification doit toutefois être apprise au préalable.
    • Les emojis représentent des sentiments ou une atmosphère, et peuvent exprimer une recommandation.

    Bonnes pratiques d’utilisation

    • Dans un même document, utiliser toujours le même type d’image pour représenter le même objet.
    • Le lien entre le texte et l’image doit être clair : l’image doit être proche du texte auquel elle se rapporte, sans le recouvrir.
    • Les éléments importants peuvent être mis en évidence, par exemple en agrandissant l’image ou en entourant un détail.
    • Les images doivent transmettre un message clair, être faciles à comprendre et en couleur, avec des motifs facilement reconnaissables, un arrière-plan sobre et des contrastes nets. Éviter les détails inutiles.

    Bon à savoir

    Une image peut être interprétée différemment selon l’âge, l’origine et le milieu social du groupe cible. C’est pourquoi le lien avec le texte doit toujours être clair.

  • Sous-titres : les bonnes pratiques pour des vidéos accessibles

    Sous-titres : les bonnes pratiques pour des vidéos accessibles

    De bons sous-titres reproduisent ce qui est dit dans une vidéo, mais pas seulement. Ils facilitent la compréhension lorsque la personne qui parle a un accent fort ou des difficultés à s’exprimer, et permettent aux personnes malentendantes de comprendre la vidéo en lisant ce qui est dit. Au-delà des mots prononcés, de bons sous-titres identifient aussi qui parle, mentionnent les bruits de fond et la musique, ou expriment des émotions. Encore faut-il les concevoir correctement, la quantité de texte, la durée d’affichage, la police et les paramètres jouent tous un rôle dans leur accessibilité. Cet article explique les critères à respecter pour créer de bons sous-titres.

    Des recommandations, pas de norme figée

    Il existe des recommandations pour les sous-titres, mais aucune norme internationale fixe. Les recommandations de cet article s’adressent en priorité au public luxembourgeois. Pour les organismes publics et les médias, la norme européenne EN 301 549 fixe toutefois des exigences précises et contraignantes que les sous-titres doivent respecter.

    À qui profitent les sous-titres ?

    Les sous-titres facilitent la compréhension lorsque la personne qui parle a un accent fort ou des difficultés à s’exprimer. Les personnes malentendantes peuvent comprendre la vidéo car elles peuvent lire ce qui est dit. De plus, les sous-titres peuvent fournir des informations supplémentaires qui vont au-delà des mots prononcés, comme l’identification de la personne qui parle, la mention des bruits de fond et de la musique, ou l’expression des émotions. Ils profitent aussi aux personnes qui apprennent la langue parlée dans la vidéo, ainsi qu’à toute personne qui regarde une vidéo sans le son, par manque d’écouteurs ou dans un lieu bruyant.

    Quels types de sous-titres existe-t-il ?

    On distingue généralement trois types de sous-titres. Les sous-titres fermés (closed captions) peuvent être activés ou désactivés par la personne qui regarde la vidéo, ce qui laisse le choix à chacun. Les sous-titres ouverts (open captions) sont incrustés directement dans l’image et restent toujours visibles ; ils sont utiles sur les plateformes qui ne permettent pas encore de sous-titres activables, comme Instagram. Les sous-titres en direct (live captions) sont générés automatiquement en temps réel, par exemple lors d’une diffusion en direct ; leur qualité est généralement moins bonne que celle de sous-titres préparés à l’avance.

    Trois critères pour des sous-titres efficaces

    Réglages et positionnement

    Une vidéo accessible doit offrir la possibilité d’activer ou de désactiver les sous-titres, certaines personnes pouvant les trouver gênants. Les sous-titres doivent toujours apparaître en bas de l’écran, afin de ne pas masquer d’informations importantes.

    Police et contraste

    Les sous-titres doivent être lisibles même sur petits écrans, avec une taille de police plus grande que d’habitude. Comme pour les documents accessibles, les écritures sans sérif (Arial, Verdana, Tahoma) sont recommandées. Le contraste entre la couleur des sous-titres et l’arrière-plan doit être aussi fort que possible ; une barre translucide en bas de l’écran peut aider à garantir ce contraste tout en laissant voir la vidéo.

    Longueur du texte et temps de lecture

    Une ligne de sous-titre devrait comporter au maximum entre 30 et 37 caractères, sans afficher plus de deux lignes à la fois. On compte environ 13 à 15 caractères par seconde de lecture, soit environ 2,5 à 3 secondes pour 37 caractères. La durée d’affichage peut être plus longue mais ne devrait pas dépasser 6 à 8 secondes, un temps plus long est utile pour les vidéos destinées aux enfants ou comportant de nombreuses coupures. Le texte, s’il est animé, doit toujours se déplacer dans le sens de la lecture. Les recommandations de sous-titrage de la BBC, largement utilisées dans le secteur audiovisuel, retiennent des seuils très proches : 37 caractères par ligne au maximum et une vitesse de lecture de référence d’environ 160 à 180 mots par minute.

    Comment créer ses sous-titres ?

    Grâce à la reconnaissance vocale automatique, créer des sous-titres est aujourd’hui rapide. Des outils comme Whisper, disponible notamment via l’application MacWhisper, transcrivent l’audio localement sur l’ordinateur, sans envoyer les données en ligne. YouTube Studio et la Meta Business Suite proposent aussi une transcription automatique, même si la vidéo n’est pas publiée sur ces plateformes, et permettent d’exporter le résultat au format .srt, le format de fichier de sous-titres le plus courant. Quel que soit l’outil utilisé, la transcription automatique contient presque toujours des erreurs de reconnaissance, de ponctuation ou de majuscules : elle doit systématiquement être relue et corrigée avant publication.

    Sources