L'accessibilité au Luxembourg

Auteur/autrice : Accessibilité Luxembourg

  • Mise en page et design accessible : design universel, inclusif et pour tous

    Mise en page et design accessible : design universel, inclusif et pour tous

    Une information doit d’abord être perçue avant de pouvoir être comprise et traitée. Les personnes avec un handicap physique, cognitif ou sensoriel ont des exigences particulières en matière de conception graphique des informations : une police lisible et des contrastes marqués pour les personnes malvoyantes, un texte bien structuré en langage facile pour les personnes avec des difficultés d’apprentissage, un arrière-plan sobre sans animations clignotantes pour les personnes neurodivergentes. Il n’existe pas de mise en page qui convienne à tout le monde à la fois, mais des cadres de référence permettent d’orienter les choix de conception. Cet article présente ces cadres et des exemples concrets d’application.

    Bon à savoir

    Chaque conception doit être inclusive et éviter les images et symboles stéréotypés. Ne pensez pas seulement aux illustrations, mais aussi au langage.

    Sept principes appliqués à l’information

    Les sept principes du design universel s’appliquent aussi à la conception d’informations imprimées et numériques :

    1. Perceptibilité des informations : police sans sérif, contraste élevé, textes alternatifs, sous-titres.
    2. Utilisation simple et intuitive : structure claire, ordre de lecture logique, langage compréhensible.
    3. Utilisation équitable : l’information n’est pas transmise uniquement par la couleur mais aussi par le texte ou le braille ; sous-titres et audiodescription pour le numérique.
    4. Flexibilité d’utilisation : plusieurs manières d’accéder au contenu (texte, code QR, audio, vidéo).
    5. Tolérance à l’erreur : messages d’erreur clairs, fonction « annuler », mises en page sans ambiguïté.
    6. Taille et espace pour l’approche et l’utilisation : typographie et mise en page claires, design réactif.
    7. Faible effort physique : boutons suffisamment grands, contenus accessibles avec peu d’interactions.

    Trois approches du design accessible

    Le design pour tous

    Le design pour tous (« design for all ») est un concept répandu en Europe, qui vise à concevoir des produits, services et infrastructures accessibles sans adaptation individuelle. Il va au-delà du design universel et du design inclusif en impliquant davantage les utilisateurs dans le processus de création et en tenant compte de l’orientation marché (conception et distribution). La Déclaration de Stockholm de l’EIDD (2004) le définit comme « la conception pour la diversité humaine, l’inclusion sociale et l’égalité », une démarche qui exige l’implication des utilisateurs finaux à chaque étape du processus de conception.

    Le design inclusif

    Le design inclusif reconnaît et prend en compte la diversité des personnes dans leurs besoins et circonstances de vie, indépendamment de l’âge, du genre, de l’origine ou des capacités. Il implique une participation active de différents groupes d’utilisateurs à la conception, sans viser une solution unique : l’objectif est d’offrir à tous une expérience d’utilisation comparable, quitte à proposer des variantes adaptées.

    Le design universel

    Le design universel est une approche globale de la conception, développée par l’architecte Ronald L. Mace et son équipe dans les années 1980 aux États-Unis, au Center for Universal Design de la Caroline du Nord. L’objectif est de concevoir des produits, des services et des environnements utilisables par tout le monde, simples et si possible sans adaptation. L’article 2 de la Convention des Nations Unies relative aux droits des personnes handicapées (2006) définit la conception universelle comme la conception de produits, d’équipements, de programmes et de services pouvant être utilisés par tous, dans toute la mesure du possible, sans nécessiter ni adaptation ni conception spéciale, sans exclure pour autant les dispositifs d’assistance nécessaires à certaines catégories de personnes handicapées.

    Des principes aux choix concrets

    Au-delà des cadres conceptuels, quelques choix concrets font une réelle différence dans la pratique du design accessible :

    • Contraste : le contraste ne se juge jamais pour une couleur seule, mais dans sa relation avec une autre. Un texte courant doit atteindre un contraste d’au moins 4,5:1 avec son arrière-plan, et les éléments interactifs (boutons, icônes) au moins 3:1.
    • Typographie : préférer des polices sans empattement où les caractères se distinguent bien les uns des autres, comme le I majuscule et le l minuscule, éviter les textes centrés et les longs passages entièrement en majuscules.
    • Icônes : les accompagner d’un intitulé texte, leur donner une taille suffisante, au moins 24 par 24 pixels et idéalement 44 par 44, et un contraste minimal de 3:1.
    • Images : donner une alternative textuelle à chaque image porteuse d’information, éviter d’y superposer du texte, et ne jamais utiliser une image de fond pour transmettre une information qui ne pourrait pas être décrite autrement.
    • Couleur : ne jamais faire reposer la compréhension d’une information sur la seule couleur, pour tenir compte des personnes daltoniennes.
    • Animations : limiter leur durée à 5 secondes maximum, éviter plus de trois clignotements par seconde, et toujours proposer un moyen de les arrêter.
    • Formats alternatifs : proposer, en complément du texte, des vidéos, podcasts ou infographies pour s’adapter à différents besoins et façons d’apprendre.

    Le design accessible reste aussi une démarche continue : tester régulièrement l’accessibilité, de façon automatisée et manuelle, former les équipes aux besoins des différents publics, et prendre en compte les retours des utilisateurs et utilisatrices permettent d’améliorer un projet dans la durée.

  • Technologies d’assistance : quels outils facilitent l’accès au numérique ?

    Technologies d’assistance : quels outils facilitent l’accès au numérique ?

    L’accès à l’information et aux médias numériques est souvent difficile, voire impossible, pour les personnes en situation de handicap. Les problèmes concernent par exemple la motricité, la perception sensorielle, les capacités cognitives ou la parole. Les technologies d’assistance aident à surmonter ces obstacles : elles facilitent la communication ou la rendent possible. Ce terme, issu de l’anglais « assistive technology », regroupe des aides techniques, des systèmes et des services qui soutiennent les personnes en situation de handicap dans tous les domaines de la vie, à l’école, au travail, dans les loisirs et à la maison. Cet article présente les principales technologies d’assistance utilisées dans la communication numérique accessible.

    Un outil aussi puissant que le site qui l’accueille

    Le W3C (World Wide Web Consortium), à travers son initiative pour l’accessibilité du web (WAI), rappelle que les technologies d’assistance ne peuvent fonctionner efficacement que si les sites web et documents sont eux-mêmes conçus de manière techniquement accessible. Concevez donc vos documents et sites web en respectant les standards d’accessibilité : les personnes qui utilisent des technologies d’assistance pourront ainsi accéder pleinement à vos informations.

    L’enjeu est loin d’être marginal : selon le premier rapport mondial sur les technologies d’assistance, publié en 2022 par l’Organisation mondiale de la santé (OMS) et l’UNICEF, plus de 2,5 milliards de personnes dans le monde ont besoin d’au moins un dispositif d’assistance, un chiffre qui devrait atteindre 3,5 milliards d’ici 2050.

    Un terme large aux usages variés

    Voici quelques exemples de technologies d’assistance :

    • les appareils et programmes électroniques tels que les dispositifs générateurs de parole, les logiciels de lecture d’écran ou d’agrandissement ;
    • les aides techniques telles que les fauteuils roulants, les porte-crayons ou les appareils auditifs ;
    • les aides architecturales telles que les rampes ou les ascenseurs ;
    • les services de conseil et d’accompagnement pour la sélection et l’utilisation de technologies d’assistance.

    Le sens du terme varie selon les pays : en allemand, il désigne surtout les équipements qui facilitent l’accès aux technologies de l’information (ordinateurs, tablettes, smartphones).

    Piloter un ordinateur sans souris

    Les personnes ayant des troubles moteurs ne peuvent souvent pas utiliser une souris conventionnelle. Voici quelques alternatives :

    • Clavier virtuel, utilisé avec une souris, un joystick ou un écran tactile ;
    • Dispositifs de pointage, contrôlés avec la bouche, la tête, le menton ou les pieds ;
    • Contacteurs, adaptés aux personnes pouvant utiliser une partie du corps de manière ciblée ;
    • Commande par mouvements de tête, grâce à une caméra qui traduit les mouvements en déplacements du curseur ;
    • Commande oculaire, souvent utilisée avec un logiciel de communication pour les personnes avec un handicap moteur sévère.

    Lire, écrire et écouter autrement

    • Logiciels de lecture (Text-To-Speech – TTS) : ils lisent les textes à haute voix, ce qui permet aux personnes malvoyantes ou ayant des difficultés de lecture d’écouter les contenus.
    • Logiciels de reconnaissance vocale (Speech-To-Text – STT) : ils transforment la parole en texte, utile notamment pour les personnes avec une déficience auditive.
    • Logiciels d’agrandissement : ils agrandissent l’affichage et permettent souvent d’ajuster couleurs et contrastes.
    • Plage braille : un logiciel de lecteur d’écran convertit les textes affichés en braille sur la plage, que les personnes malvoyantes peuvent lire au toucher.
    • Reconnaissance optique de caractères (OCR) : cette technologie permet aux ordinateurs d’identifier le texte contenu dans une image ou un scan et de le convertir en fichier lisible.

    Sources

  • Le langage clair et simple : à mi-chemin entre FALC et langage standard

    Le langage clair et simple : à mi-chemin entre FALC et langage standard

    Le langage clair est une variante simplifiée d’une langue : plus difficile que le langage facile à lire et à comprendre (FALC), mais plus simple que le langage standard. Son concept trouve son origine dans les années 1950 dans les pays anglophones, sous le nom de « Plain English ». Au Luxembourg, il occupe une place centrale depuis l’entrée en vigueur de la loi du 8 mars 2023 sur l’accessibilité des produits et services : être compréhensible est l’un des quatre principes de l’accessibilité numérique, ce qui implique de présenter les informations au moins en langage clair. Cet article explique ce concept, son public et ses règles principales.

    Un droit à l’information compréhensible

    Toute personne a le droit à des informations compréhensibles. Vous pouvez donc demander à ce que des informations vous soient fournies en langage clair ou en FALC.

    Qui utilise le langage clair ?

    Alors que le FALC a été développé principalement pour les personnes avec des difficultés d’apprentissage et suit des règles très strictes, le langage clair s’adresse à un public plus large : personnes ayant de faibles compétences linguistiques, ou plus généralement toute personne qui ne comprend pas bien les textes difficiles. Il est important de souligner que les textes en langage clair ne sont pas accessibles aux personnes en situation de handicap intellectuel : les informations importantes (santé, droits) doivent donc également être disponibles en FALC.

    La loi de 2023 oblige désormais des institutions comme les banques et les assurances à publier leurs informations en langage clair, afin de garantir que davantage de personnes comprennent les informations qui les concernent.

    Trois piliers des règles du langage clair

    Les recommandations pour le langage clair sont moins strictes que celles du FALC, mais elles existent : la norme internationale ISO 24495-1 définit des principes valables pour toutes les langues.

    Mise en page

    Structurez le texte de manière claire pour permettre une orientation et une recherche d’information rapides.

    Syntaxe

    • Écrivez des phrases courtes (maximum 20 mots, une seule virgule).
    • Préférez le style actif au style passif : « Notre service vérifie vos documents » plutôt que « Les documents seront vérifiés par notre service ».
    • Maintenez les unités de sens ensemble et évitez les incises trop longues.

    Vocabulaire

    • Utilisez des termes courts et connus ; remplacez les mots techniques ou étrangers par des termes simples.
    • Expliquez les termes techniques importants, dans le texte ou dans un glossaire.
    • Évitez les abréviations non expliquées et les mots de remplissage (« en fait », « en principe »…).

    D’où vient le langage clair ?

    L’objectif initial était de rendre plus compréhensibles les textes des manuels scolaires américains. En 2010, le « Plain Writing Act » a été adopté aux États-Unis : le gouvernement américain a décidé d’écrire et de publier toutes les informations destinées aux citoyens en langage clair. Dans les pays germanophones, le langage clair (Einfache Sprache) s’est développé à partir des années 2000.

    Le langage clair en pratique : le témoignage d’une experte

    Sylvie Bonne, experte en langage facile à lire et en langage clair au Luxembourg, illustre bien la nuance entre les deux approches : le langage clair reste proche du langage courant, si bien qu’un mot comme « documents » n’a pas besoin d’être expliqué, alors que le FALC l’expliquerait systématiquement. Les deux langages se complètent plutôt qu’ils ne s’excluent : certaines personnes ont réellement besoin du FALC, tandis que d’autres supports, comme un résumé en langage clair accompagné d’une vidéo explicative ou de contacts utiles, viennent enrichir une communication accessible.

    Simplifier les textes d’une organisation est avant tout un travail de collaboration. Il faut d’abord comprendre l’équipe en place, le public visé et les canaux par lesquels les contenus seront consultés, avant de revoir la structure des textes, d’ajouter des sous-titres et d’expliquer les termes techniques. Dans des domaines sensibles comme la banque ou le droit, chaque simplification doit rester validée par les personnes qui maîtrisent le sujet, afin que le texte reste exact.

    Les retours des professionnel·les sont généralement positifs, même si appliquer soi-même ces principes reste difficile lorsqu’on est habitué au jargon d’un secteur au quotidien. Contrairement au FALC, le langage clair ne change ni l’aspect visuel des textes ni l’orthographe : il peut donc remplacer directement une communication administrative, plutôt que de s’y ajouter comme une offre distincte.

    Pour l’avenir, l’intelligence artificielle peut aider à réviser des textes complexes, mais elle ne remplace pas une personne qui connaît bien les besoins réels du public. Les formats numériques (audio, vidéo, messages vocaux) ouvrent aussi de nouvelles pistes pour rendre l’information accessible, en complément des textes écrits.

  • L’OSAPS publie un guide pour un langage clair dans le secteur financier

    L’OSAPS publie un guide pour un langage clair dans le secteur financier

    L’OSAPS (Office de la surveillance de l’accessibilité des produits et services) a publié un nouveau guide destiné à aider les banques et les institutions financières à rendre leur communication plus accessible. Le guide a été développé sous la direction de Sylvie Bonne, une experte en langage clair.

    Quel est l’objectif du guide ?

    Le guide s’adresse aux prestataires de services bancaires – mais pas seulement à eux – et les aide à respecter les prescriptions légales. Concrètement, il s’agit de « s’assurer que les informations sont compréhensibles et ne dépassent pas un degré de complexité de B2 ».

    La loi prescrit seulement que le vocabulaire ne doit pas dépasser le niveau B2. Il n’existe cependant pas de règles précises pour la rédaction de textes. Ce document offre donc un cadre volontaire pour l’écriture en langage clair au niveau B1.

    Que contient le guide ?

    Le guide contient :

    • Des recommandations pour surmonter les principaux problèmes de lisibilité et de compréhension
    • Des conseils pour les formations internes dans l’entreprise
    • Une procédure simple pour réaliser des tests utilisateurs
    • Des exemples de mise en page de documents
    • Une liste de contrôle pour la relecture

    Et bien sûr, le guide remplit lui-même tous les critères qu’il recommande !

    À qui s’adresse le guide ?

    Le guide s’adresse à un large public qui n’est pas familier avec les documents techniques spécialisés. Il offre de l’aide pour les difficultés les plus fréquentes :

    • Langage complexe et jargon spécialisé
    • Textes longs et denses
    • Vocabulaire technique
    • Phrases et paragraphes compliqués
    • Manque d’explications claires
    • Mise en page peu lisible

    Plus que des obligations légales

    Les recommandations du guide vont au-delà de l’obligation légale et poursuivent deux objectifs :

    1. Anticiper le durcissement des exigences légales en matière d’accessibilité – Parce qu’il est probable que les règles deviennent encore plus strictes à l’avenir
    2. Améliorer durablement la qualité des services pour les clients – Pour garantir une meilleure expérience client

    Une référence importante

    Le guide couvre de nombreux aspects différents du langage clair. Il offre une synthèse des règles linguistiques, visuelles, techniques et sémantiques actuellement en vigueur.

    Structure et présentation

    • Formatage correct
    • Structure claire et titres
    • Explication des termes compliqués
    • Utilisation de symboles et d’images

    Contenu

    • Utilisation d’un vocabulaire de niveau B1
    • Phrases simples avec maximum 15-20 mots
    • Exemples concrets du quotidien
    • Glossaire pour les termes techniques

    Accessibilité

    • Police bien lisible (12-14 pt)
    • Interligne approprié
    • Texte aligné à gauche
    • Documents accessibles pour les lecteurs d’écran

    Pratique concrète

    Le guide aide les institutions financières à rédiger leurs documents – comme les conditions de crédit, les contrats ou les informations sur les produits financiers – de manière à ce qu’ils soient compréhensibles pour tous. Cela favorise la transparence et la confiance entre les banques et leurs clients. Il s’agit de permettre à chaque client, indépendamment de ses compétences linguistiques, de comprendre les informations financières importantes.

    Collaboration avec Sylvie Bonne

    Sylvie Bonne, une experte en Langue Facile au Luxembourg, a joué un rôle central dans le développement du guide. Elle a particulièrement veillé à ce que le guide reste court et pratique pour les collaborateurs des banques. Le guide ne contient certes pas tous les détails, mais offre une base solide pour commencer.

    Il était également important de réfléchir aux termes utilisés à l’oral, entre autres en luxembourgeois. Le glossaire présente différentes personnes dans différentes situations quotidiennes pour rendre les exemples plus réalistes.

    Perspectives

    Ce guide est une première étape importante vers plus d’accessibilité dans le secteur financier. Il servira, espérons-le, de modèle à d’autres secteurs et contribuera à ce que de plus en plus d’informations soient disponibles au Luxembourg en langage clair et compréhensible.

    ? Le guide peut être téléchargé au format PDF en allemand et en français.

  • La langue des signes : une langue à part entière, reconnue au Luxembourg depuis 2018

    Les langues des signes sont des langues à part entière, comme toutes les autres langues parlées, mais visuelles : elles s’expriment par des gestes, des expressions du visage, la posture du corps et des mouvements de la bouche, et sont perçues par la vue. Ce sont les langues maternelles naturelles des personnes sourdes de naissance ou devenues sourdes avant l’apprentissage du langage parlé. En 2008, les Nations Unies les ont officiellement reconnues comme des langues à part entière, et au Luxembourg, la langue des signes allemande a obtenu ce statut en 2018. Cet article explique comment fonctionne la langue des signes et comment rendre vos informations accessibles à la communauté sourde.

    Six mesures pour une communication accessible aux personnes sourdes

    Pour rendre les informations accessibles aux personnes sourdes, il ne suffit pas de proposer uniquement du contenu écrit. De nombreuses personnes sourdes ont la langue des signes nationale comme langue première (par exemple la langue des signes allemande, DGS, ou la langue des signes française, LSF). C’est pourquoi les informations devraient être proposées sous plusieurs formats accessibles. Voici les principales mesures à mettre en œuvre :

    • Sous-titres : Toutes les vidéos devraient comporter des sous-titres complets et bien synchronisés. Ils aident en particulier les personnes malentendantes et les personnes sourdes ayant une bonne maîtrise de l’écrit.
    • Vidéos en langue des signes (DGS/LSF) : Les informations importantes devraient également être proposées sous forme de vidéo dans la langue des signes concernée. Les sous-titres seuls ne remplacent pas la langue des signes, car la langue écrite est une langue seconde pour de nombreuses personnes sourdes.
    • Offres numériques accessibles : Les sites web et documents devraient respecter les normes d’accessibilité en vigueur (par exemple WCAG/RGAA) et proposer des alternatives telles que sous-titres, langue des signes et documents accessibles.
    • Mise en page claire : Les informations devraient être structurées de manière claire, avec des titres explicites, suffisamment d’espaces blancs ainsi que des symboles ou pictogrammes d’aide à la compréhension.
    • Plusieurs canaux de communication : Outre le téléphone, des moyens de contact par e-mail, chat, SMS ou interprétation vidéo en langue des signes devraient être proposés.
    • Langage simplifié (Allemagne) ou FALC (France) : Les contenus complexes devraient également être proposés dans un langage facile à comprendre, avec des phrases courtes, des mots simples et une structure claire. En France, cela correspond au concept FALC (Facile à lire et à comprendre).

    La communauté sourde, un groupe culturel et linguistique

    De nombreuses personnes sourdes et malentendantes qui utilisent la langue des signes se sentent appartenir à la communauté des sourds, tout comme les enfants de parents sourds et d’autres proches. Ils se considèrent comme membres d’une communauté culturelle et linguistique à part entière.

    Grammaire et structure de la langue des signes

    La langue des signes n’utilise pas la voix, mais le corps. Elle s’exécute principalement avec les mains, soutenues par le haut du corps, la tête et l’expression faciale, dans ce que l’on appelle l’espace de signation, une zone tridimensionnelle qui s’étend de la tête aux hanches et d’un côté du corps à l’autre. Les langues des signes ont leur propre grammaire et syntaxe : dans la langue des signes allemande, par exemple, le verbe se trouve généralement en fin de phrase. L’alphabet manuel (dactylologique) est utilisé avec parcimonie, principalement pour épeler des noms.

    Une reconnaissance légale récente

    En 2008, les Nations Unies ont officiellement reconnu les langues des signes comme des langues à part entière par la Convention relative aux droits des personnes handicapées (CDPH). Au Luxembourg, la Chambre des Députés a adopté à l’unanimité, le 24 juillet 2018, une modification de la loi du 24 février 1984 sur le régime des langues, reconnaissant la langue des signes allemande comme langue à part entière au Luxembourg. Cette reconnaissance a ouvert plusieurs droits concrets : chaque enfant sourd peut suivre l’enseignement fondamental et secondaire en langue des signes, les personnes sourdes peuvent utiliser la langue des signes dans leurs démarches administratives, et les membres de la famille d’une personne sourde peuvent suivre jusqu’à 100 heures de cours de langue des signes pris en charge par l’État.

    Des langues nationales, propres à chaque pays

    En principe, chaque pays a sa propre langue des signes. Pour le français, il existe la langue des signes française (LSF), la langue des signes suisse romande (LSF-SR), la langue des signes de Belgique francophone (LSFB) et la langue des signes québécoise (LSQ). Dans l’espace germanophone, on trouve la langue des signes allemande (DGS), autrichienne (ÖGS) et suisse alémanique (DSGS). Le Luxembourg ne dispose pas de langue des signes propre : on y utilise la langue des signes allemande (DGS), choisie car elle était la plus répandue dans le pays.

    La langue des signes « International Sign » n’est pas une langue des signes internationale à proprement parler, mais une langue planifiée utilisée lors de rencontres internationales, par exemple des conférences.

    Événements & liens

    Au Luxembourg, des cours de langue des signes sont régulièrement proposés. Dans les cafés de langue des signes, vous pouvez vous familiariser avec cette langue dans une atmosphère détendue.

    Sources

  • FALC vs Leichte Sprache vs Liicht Sprooch – Le multilinguisme au Luxembourg

    FALC vs Leichte Sprache vs Liicht Sprooch – Le multilinguisme au Luxembourg

    Une seule langue ne suffit plus

    Le Luxembourg est l’un des pays les plus multilingues d’Europe. La population luxembourgeoise ne croît plus depuis longtemps par les naissances, mais par l’immigration. Cela a une conséquence directe : le langage facile doit aussi être multilingue.

    La situation actuelle : principalement l’allemand

    Au Luxembourg, on utilise actuellement surtout le Leichte Sprache allemand, parce que le système scolaire luxembourgeois a historiquement toujours été fortement basé sur l’allemand. Les Luxembourgeois peuvent lire l’allemand, même si ce n’est pas leur langue maternelle. C’est pourquoi le Leichte Sprache est la forme la plus utilisée de langage facile dans le pays.

    FALC : Pour les citoyens francophones

    Outre le langage facile allemand, le FALC (Facile à lire et à comprendre) – souvent appelé aussi Facile à lire – devient de plus en plus important. L’équipe de rédaction de Guichet.lu a publié des textes en langage facile depuis 2019, et en 2022 également les premières fiches en FALC.

    Le FALC rend les informations en français plus simples et compréhensibles – particulièrement pour les personnes en situation de handicap, les dyslexiques, les personnes âgées ou les personnes qui ne maîtrisent pas bien le français.

    Écoles multilingues et enfants francophones

    Depuis de nombreuses années, il y a de plus en plus de systèmes scolaires internationaux et francophones au Luxembourg. Beaucoup d’enfants y apprennent le français comme langue principale, pas l’allemand. Il est donc important que le FALC français et aussi le langage facile anglais « easy language » trouvent leur place dans notre paysage linguistique.

    Langage facile en luxembourgeois : encore une marge de progression

    Jusqu’à présent, il n’existe pas de langage facile officiellement défini en luxembourgeois. La langue n’est pas toujours simple sur le plan orthographique et grammatical, ce qui complique la création de règles claires.

    Cependant, Klaro travaille en collaboration avec le Centre pour la langue luxembourgeoise (ZLS) au développement de règles pour un langage facile luxembourgeois. Ces règles devraient être définies d’ici fin 2025.

    C’est un grand défi, car beaucoup de personnes n’ont pas acquis beaucoup de compétences de lecture et d’écriture en luxembourgeois à l’école. Malgré cela, la demande devient de plus en plus importante.

    Conséquences au quotidien

    1. Guichet.lu en différentes langues Guichet.lu publie des textes aussi bien en Leichte Sprache qu’en FALC. Cela se fait en coopération avec Klaro.

    2. Recommandations de Klaro Klaro recommande d’offrir des textes dans les deux variantes – donc en Leichte Sprache et en FALC. Le choix dépend cependant toujours du public cible.

    3. Spécificités luxembourgeoises En luxembourgeois, les mots sont souvent dérivés du français et de l’allemand. Souvent aussi, les mots luxembourgeois sont différents de leurs originaux étrangers. Par exemple, « Chamberwalen » au lieu de « Parlamentswahlen ». C’est pourquoi une adaptation locale des textes est importante.

    L’avenir : trois langages faciles

    À l’avenir, le Luxembourg devrait avoir trois formes principales de langage facile :

    1. Leichte Sprache (allemand) – actuellement la plus utilisée
    2. FALC (français) – important pour la population francophone
    3. Liicht Sprooch (luxembourgeois) – encore en développement

    Développements actuels

    Accessilingua – Intelligence artificielle pour le langage facile Dans le cadre d’un Appel à Projets du ministère de la Digitalisation, un projet a été sélectionné en 2024 pour développer un outil avec intelligence artificielle (IA). Cet outil devrait aider à la création de langage facile. Les premiers résultats sont prometteurs, mais tous les textes nécessitent encore toujours une vérification humaine avant la validation.

    Messages importants

    ✅ Le multilinguisme est une force, pas une faiblesse. Le Luxembourg devrait offrir le langage facile en différentes langues, pour respecter la diversité de la population.

    ✅ Le luxembourgeois a besoin de règles. Le développement de règles claires pour un langage facile luxembourgeois est une prochaine étape essentielle.

    ✅ Qualité avant quantité. Tous les textes, quelle que soit la langue, doivent être validés par des vérificateurs qualifiés.

    Sources :

  • Audiodescription : comment rendre les films et vidéos accessibles aux personnes malvoyantes

    L’audiodescription consiste à décrire à l’oral les éléments visuels d’un film, d’une vidéo ou d’un événement en direct, afin que les personnes malvoyantes et non-voyantes puissent en comprendre le contenu. Les descriptions sont insérées dans les silences de la bande-son, entre les dialogues, pour ne pas couvrir les sons importants de l’action. Au Luxembourg comme dans le reste de l’Union européenne, les fournisseurs de services de médias audiovisuels sont aujourd’hui tenus d’améliorer progressivement l’accessibilité de leurs programmes, et l’audiodescription en fait partie. Cet article explique comment une audiodescription est créée, quelles règles encadrent sa rédaction, et comment la faire réaliser pour vos propres contenus.

    Décrire l’image par la parole

    Dans le cadre de l’audiodescription, les éléments visuels perçus par le public sont décrits à l’oral. Cela permet aux personnes malvoyantes et non-voyantes de comprendre les informations visuelles d’un film ou d’un événement. Les audiodescriptions peuvent concerner des films et des vidéos, ainsi que des événements en direct : l’audiodescription en direct (Live-AD) consiste à décrire de manière spontanée et en temps réel ce qui se déroule, par exemple lors d’une pièce de théâtre, d’un concert, d’une manifestation sportive ou d’une conférence.

    Le présent article traite du sujet des audiodescriptions pour les films et les vidéos : les éléments visuels importants sont décrits à l’oral et ces descriptions sont insérées dans les séquences sans dialogue ni son. Le résultat est un film à écouter, également appelé film sonore ou film audiodécrit.

    Un droit reconnu par les textes internationaux et européens

    Le droit d’accès à la culture, aux loisirs et aux médias pour les personnes en situation de handicap est reconnu par la Convention relative aux droits des personnes handicapées des Nations unies, adoptée en 2006 : son article 30 appelle les États à prendre les mesures nécessaires pour que les œuvres audiovisuelles et culturelles soient accessibles dans des formats adaptés, dont l’audiodescription fait partie.

    Depuis mars 2021, une loi transposant la directive européenne sur les services de médias audiovisuels a introduit de nouvelles obligations d’accessibilité pour les fournisseurs de services de télévision et de vidéo à la demande établis au Luxembourg. L’Autorité luxembourgeoise indépendante de l’audiovisuel (ALIA) encourage ces fournisseurs à améliorer continuellement et progressivement l’accessibilité de leurs programmes pour les personnes ayant une déficience visuelle ou auditive. Concrètement, les fournisseurs doivent élaborer des plans d’action en ce sens et transmettre à l’ALIA, tous les trois ans, un rapport sur leur mise en œuvre, l’audiodescription et le sous-titrage figurant parmi les mesures concernées.

    De l’écriture du script à l’enregistrement en studio

    La description doit s’intégrer dans les pauses des dialogues de la bande-son originale et ne doit pas couvrir les bruits et effets sonores pertinents pour l’action. C’est pourquoi une audiodescription est créée sous forme de « timed text » : le texte de l’audiodescription est synchronisé dans le temps avec le film.

    Pour ce faire, un script précis doit être créé. L’auteur identifie d’abord les séquences du film sans dialogue ni son, définies à l’aide de codes temporels (horodatages), puis rédige une description pertinente pour chacune de ces séquences. Comme les séquences sans son ne durent généralement que quelques secondes, l’auteur décrit en priorité les informations visuelles indispensables à la compréhension du film. Le script est ensuite vérifié sur le plan linguistique et sur son contenu par un rédacteur.

    Vient ensuite l’enregistrement vocal : dans un studio, un locuteur professionnel enregistre le texte, sous la direction technique d’un concepteur sonore. Un rédacteur d’audiodescription veille à la fidélité au script, à la prononciation correcte des noms et à l’intonation. Le concepteur sonore crée enfin un mixage à partir de l’audiodescription enregistrée et du son original du film. La version finale est publiée sous forme de piste audio séparée, que l’utilisateur peut activer via le menu du lecteur multimédia ou une application.

    Les règles de rédaction : neutralité, précision, exhaustivité

    Au fil des ans, des directives spécifiques à chaque pays ont été élaborées en Europe pour la rédaction des audiodescriptions. Pour la zone francophone, l’Arcom (le régulateur français de la communication audiovisuelle et numérique) a publié des lignes directrices. Voici un aperçu de certaines de ces règles :

    • Elle répond aux questions « qui, où, quoi, quand ? »
    • Elle décrit le « comment » : caractéristiques des personnages en début de film (couleur des cheveux et de la peau, âge, vêtements, etc.), caractéristiques des lieux et objets importants pour l’intrigue (époque, décors, paysage, ameublement, couleurs, etc.)
    • Elle est formulée de manière neutre ; elle n’émet ni critique ni opinion personnelle
    • L’origine des bruitages ambigus est décrite

    Faire réaliser une audiodescription, et y penser dès le scénario

    La création d’une audiodescription professionnelle pour un film ou une vidéo est un travail d’expert : il faut des auteurs, des rédacteurs, des locuteurs et des concepteurs sonores pour la produire. Certaines sociétés de production média se sont spécialisées dans ce domaine ; nous vous conseillons donc de commander l’audiodescription de votre film ou de votre vidéo auprès d’un prestataire spécialisé plutôt que de l’improviser.

    Vous êtes en train de créer un script pour votre film et souhaitez qu’il soit également accessible aux personnes malvoyantes et non-voyantes ? Pensez à l’audiodescription dès le début : vous pouvez concevoir la bande sonore originale ou la voix off de façon à inclure d’emblée les descriptions des images pertinentes pour le contenu. Vous éviterez ainsi de devoir commander a posteriori une audiodescription coûteuse et chronophage.

    Sources

  • Documents Word et PDF accessibles : les bonnes pratiques

    Documents Word et PDF accessibles : les bonnes pratiques

    Les documents Word et PDF sont très utilisés et constituent un moyen important de publier des informations. Il est essentiel que tout le monde puisse les lire : les bonnes pratiques et les obligations légales veulent qu’une seule version d’un document existe et soit accessible à toutes et tous, plutôt que de créer une version séparée pour les personnes en situation de handicap. L’accessibilité d’un document dépend à la fois de sa structure technique et de la clarté de son contenu. Cet article explique quel référentiel suivre au Luxembourg et comment rendre un document accessible, sur la forme comme sur le fond.

    Au-delà de la technique : un contenu compréhensible

    L’accessibilité technique ne suffit pas : le contenu doit lui aussi être compréhensible. Pour les publics ayant des besoins de lecture particuliers, il est utile de proposer une version du document rédigée en langage facile à lire et à comprendre (FALC) ou en langage clair et simple.

    À qui s’adresse un document accessible ?

    À tous. Voici quelques exemples de personnes pour qui l’accessibilité d’un document est indispensable :

    • une personne malvoyante ou aveugle ;
    • une personne qui utilise d’autres accessoires qu’un clavier et une souris pour se servir d’un ordinateur ;
    • une personne qui a besoin d’un outil de traduction automatique pour lire des documents.

    Trois leviers techniques

    Description des éléments non textuels

    Pour tous les éléments du document qui ne sont pas du texte et qui contiennent des informations, il faut s’assurer que ces informations soient également présentes sous forme de texte. Par exemple : ajouter un texte alternatif sur une image, ou décrire les données d’un graphique dans le texte du document.

    Lisibilité du texte

    Le texte doit être assez grand et le contraste des couleurs suffisant. Des normes précises définissent les valeurs minimales à respecter.

    Structure avec des styles

    Le document doit être structuré à l’aide de styles (titres, sous-titres, paragraphes) plutôt qu’en changeant simplement l’apparence visuelle du texte. Cette structure permet aux lecteurs d’écran de naviguer dans le document et d’en comprendre la hiérarchie.

    Le RAPDF, référentiel luxembourgeois pour les PDF

    Pour les documents au format PDF, le Luxembourg a développé un référentiel dédié, le RAPDF. Il comporte 46 critères de contrôle et permet de vérifier qu’un document PDF respecte la Section 10 (documents non-web) de la norme européenne EN 301 549. Il existe également des tutoriels vidéo expliquant comment créer des documents Word et PDF accessibles étape par étape.

    Au niveau international, la norme ISO PDF/UA (ISO 14289-1) s’appuie sur le Matterhorn Protocol, publié par la PDF Association, qui détaille 136 conditions de non-conformité regroupées en 31 points de contrôle. Cette méthodologie est notamment mise en œuvre par l’outil gratuit PAC (PDF Accessibility Checker).

  • Le logo Easy-to-Read – Comment l’obtenir ?

    Le logo Easy-to-Read – Comment l’obtenir ?

    Un petit logo avec une grande signification

    Lorsque vous lisez un document en Langage Facile à Lire et à Comprendre, vous voyez souvent un petit logo : Easy to Read. Mais que signifie ce logo ? Et comment l’obtenir ?

    Qu’est-ce que le logo Easy-to-Read ?

    Le logo Easy-to-Read est un logo protégé d’Inclusion Europe, une organisation européenne qui défend les droits des personnes en situation de handicap intellectuel.

    Que montre le logo ?

    Quand un document porte ce logo, cela indique que :

    • ✅ Le texte respecte les règles du Langage Facile à Lire et à Comprendre
    • ✅ Le texte a été validé par des personnes du groupe cible
    • ✅ Le texte est officiellement reconnu comme « Langage Facile »

    Pourquoi le logo est-il important ?

    1. Confiance
    Lorsque vous voyez le logo, vous savez que le texte est vraiment facile à lire. Ce n’est pas simplement un texte mieux écrit – c’est un texte créé selon des standards internationaux.

    2. Reconnaissance
    Les personnes qui ont besoin du Langage Facile reconnaissent le logo directement. Elles savent alors : « Ce texte est pour moi ! »

    3. Garantie de qualité
    Tout le monde n’a pas le droit d’apposer le logo sur ses textes. Il existe des critères clairs qui doivent être remplis.

    Comment obtenir le logo Easy-to-Read ?

    Étape 1 : Respecter les règles

    Votre texte doit :

    • Avoir des phrases courtes
    • Utiliser des mots simples
    • Avoir une structure claire
    • Être soutenu par des images ou des pictogrammes
    • Respecter toutes les autres règles d’Inclusion Europe

    Étape 2 : Formation ou training

    Il est recommandé de suivre une formation en Langage Facile. Au Luxembourg, ces formations sont proposées par :

    • Klaro – Organisation principale pour le Langage Facile
    • INAP – Institut national d’administration publique
    • UFEP – Unité de Formation et d’Éducation Permanente
    • IFEN – Institut de formation de l’éducation nationale

    Étape 3 : Relecture par des experts

    Pour obtenir le logo Inclusion Europe, le texte doit être validé par un atelier avec des personnes du groupe cible.

    Au Luxembourg, ce sont :

    • Atelier Isie (APEMH/Klaro)
    • Groupe de vérificateurs du CDI

    Ces personnes :

    • Lisent le texte
    • Marquent les passages difficiles à comprendre
    • Proposent des améliorations
    • Décident si le texte peut être validé

    Étape 4 : Adaptations

    Si les vérificateurs proposent des modifications, le texte doit être adapté. Cela peut nécessiter plusieurs allers-retours.

    Étape 5 : Approbation finale

    Lorsque tous les vérificateurs sont satisfaits, vous recevez une confirmation. Vous pouvez maintenant utiliser le logo Easy-to-Read sur votre document !

    Combien cela coûte-t-il ?

    Chez Klaro au Luxembourg :

    • Les formations ont un prix (selon la formation)
    • La relecture par l’Atelier Isie est une prestation qui doit être payée
    • Les détails sont disponibles sur klaro.lu

    Au CDI :

    • Pour le SNEI et les centres de compétences (actuellement gratuit dans le cadre de leur service)
    • Les règles futures pour d’autres organisations ne sont pas encore définies

    Différences dans l’utilisation du logo

    ⚠️ Tout le monde ne peut pas utiliser le logo !

    Si vous êtes seulement « inspiré » par le Langage Facile, mais que vous n’avez pas suivi de processus de validation officiel, vous n’avez pas le droit d’utiliser le logo.

    Vous pouvez cependant écrire :

    • « Ce texte est écrit dans un langage simple »
    • « Ce texte est inspiré du Langage Facile »
    • « Nous avons essayé d’écrire ce texte aussi simplement que possible »

    Quelles sont les règles d’Inclusion Europe ?

    Inclusion Europe a développé des règles détaillées qui peuvent être adaptées à toutes les langues européennes. Les règles principales sont :

    Contenu :

    • Les informations importantes viennent en premier
    • Une idée par paragraphe
    • Structure logique

    Langue :

    • Mots simples
    • Phrases courtes (maximum 15 mots)
    • Voix active
    • Formulations positives

    Design :

    • Police grande et claire (14pt/16px ou plus)
    • Interligne suffisant
    • Contraste suffisant entre le texte et l’arrière-plan
    • Pas de justification

    Images :

    • Illustrations qui aident à comprendre le texte
    • Pictogrammes clairs
    • Photos si nécessaire

    Exemples de textes validés avec logo

    Au Luxembourg, vous trouvez le logo Easy-to-Read sur :

    • Guichet.lu – Procédures administratives
    • Infocrise.lu – Informations d’urgence
    • Klaro.lu – Ressources et guides
    • Mediation Scolaire – Informations scolaires
    • ZPB – Informations électorales

    International – Dans d’autres pays aussi

    Le logo Easy-to-Read d’Inclusion Europe est utilisé dans toute l’Europe :

    • Allemagne : logo « Leichte Sprache »
    • France : logo « FALC »
    • Belgique : FALC.be avec logo
    • Autriche : logo « Leicht Lesen »
    • … et beaucoup d’autres pays et langues !

    Alternatives au logo Easy-to-Read

    Il existe aussi d’autres labels de qualité :

    • Netzwerk Leichte Sprache (Allemagne)
    • capito (Autriche, Allemagne, Suisse)
    • FALC.be (Belgique)

    Mais le logo Easy-to-Read d’Inclusion Europe est le standard international.


    Sources :

    • Inclusion Europe : Easy-to-Read Standards and Guidelines
    • klaro.lu : Le FALC, c’est quoi ?
    • Documentation du projet : FALC – Informations
    • Infocrise.lu et Guichet.lu : Mentions légales sur les textes validés
    • COMED (2020) : « Le langage facile, ce n’est pas si simple »
  • Le braille : comment fonctionne cette écriture tactile, et où la trouve-t-on au Luxembourg ?

    Le braille : comment fonctionne cette écriture tactile, et où la trouve-t-on au Luxembourg ?

    Le braille est un système d’écriture tactile qui permet aux personnes aveugles et malvoyantes de lire avec les doigts. Inventé en 1825 par Louis Braille, lui-même aveugle, il repose sur des combinaisons de points en relief organisées en petites cellules à six points. Aujourd’hui encore, le braille reste une clé essentielle vers l’autonomie et la participation à la vie sociale, professionnelle et culturelle : on le retrouve sur les emballages de médicaments, dans les ascenseurs, sur les claviers adaptés ou les plages de lecture reliées à un ordinateur, une tablette ou un smartphone. Au Luxembourg, une variante standardisée à l’échelle de l’Europe occidentale permet de représenter les trois langues officielles du pays. Dans cet article, nous expliquons comment fonctionne cette écriture, ses variantes informatiques, et comment elle est utilisée concrètement au quotidien.

    Le braille, un outil de participation avant tout

    Grâce au braille, les personnes aveugles et malvoyantes peuvent travailler sur ordinateur, lire des livres et des magazines, comprendre des panneaux ou lire des horaires. On trouve le braille sur les emballages de médicaments, dans les ascenseurs, sur les mains courantes ou les plaques de porte. Il existe des claviers, des règles, des calculatrices, des calendriers et des cartes géographiques en braille, et bien d’autres objets adaptés encore.

    Les informations en braille devraient toutefois devenir encore plus répandues et naturelles dans l’espace public et professionnel : pour les personnes aveugles et malvoyantes, le braille demeure une clé vers une participation égalitaire. Si vous souhaitez favoriser cette participation, pensez à intégrer le braille dans vos futurs projets de signalétique ou de documentation.

    Depuis 2019, l’Organisation des Nations unies célèbre chaque 4 janvier la Journée mondiale du braille, en hommage à la date de naissance de Louis Braille, né le 4 janvier 1809. Cette journée rappelle que l’écriture braille reste, deux siècles après son invention, un outil irremplaçable d’accès à l’information et à l’éducation pour les personnes aveugles et malvoyantes.

    Une écriture inventée par un adolescent aveugle en 1825

    Le braille tire son nom de son inventeur, Louis Braille. Lui-même aveugle depuis l’enfance à la suite d’un accident, il a développé ce système d’écriture en 1825, alors qu’il était élève à l’Institut royal des jeunes aveugles à Paris. C’est une écriture qui permet aux personnes aveugles et malvoyantes de lire grâce à leur sens du toucher, sans dépendre d’une lecture visuelle ou d’une tierce personne.

    La cellule à six points, brique de base de l’écriture braille

    Les caractères braille sont constitués de petits points en relief sur du papier lisse, embossés depuis l’arrière de la feuille. Au recto, on peut les palper avec le bout des doigts. Un caractère se compose d’un motif à six points appelé « cellule braille », disposés en deux colonnes et trois rangées. Selon la combinaison des points utilisés, on obtient différentes lettres, avec ou sans accent, ainsi que des signes de ponctuation.

    Une grille à six points offre 64 combinaisons possibles (63 caractères ou symboles et une combinaison vide). Cela ne suffit pas pour représenter toutes les lettres accentuées, majuscules et signes de ponctuation : c’est pourquoi l’écriture braille de base ne connaît que les minuscules. Un caractère spécial placé devant une lettre indique qu’il faut la lire comme une majuscule, et un signe équivalent précède les chiffres pour indiquer qu’il s’agit d’un nombre.

    Le braille peut représenter toutes les langues disposant de caractères écrits, mais aussi des symboles spécialisés : il existe des notations braille dédiées aux mathématiques, à la chimie et à la musique. Il existe également des versions abrégées et sténographiques, plus rapides à écrire et à lire que l’écriture de base. Un texte en braille occupe environ trois fois plus d’espace que le même texte en écriture pour voyants, ce qui explique le format plus volumineux des livres en braille. Des normes précises encadrent la taille, la hauteur et l’espacement des points, afin de garantir une lecture tactile fiable.

    Du papier à l’ordinateur : braille informatique et Eurobraille

    Outre le système standard à six points, il existe le braille informatique : un terme général désignant les écritures braille à huit points. Cette extension permet un total de 255 combinaisons (plus une cellule vide), ce qui suffit à représenter les lettres, les chiffres et les caractères spéciaux nécessaires au travail sur ordinateur.

    L’Eurobraille est une variante du braille informatique à huit points, développée pour uniformiser les écritures braille d’Europe occidentale. Grâce aux nombreuses combinaisons possibles, les lettres accentuées ou avec tréma sont codées de manière cohérente, si bien que les mêmes caractères s’affichent de façon identique dans toutes les langues européennes concernées. Des fabricants comme la société française Eurobraille conçoivent aujourd’hui des terminaux qui combinent bloc-notes, ordinateur braille et plage de lecture en un seul appareil compact.

    L’Eurobraille, la norme en usage au Luxembourg

    Au Luxembourg, l’Eurobraille est l’écriture braille officielle. Elle permet de représenter les trois langues officielles du pays, aussi bien pour les textes imprimés que pour les médias numériques. Selon la situation, des systèmes braille à six points spécifiques à certaines langues sont également utilisés, et de nombreuses personnes emploient l’écriture abrégée de leur langue au quotidien, sans toutefois qu’elle soit retenue pour les communications officielles.

    La Fondation Lëtzebuerger Blannevereenegung (FLB) est l’organisation de référence au Luxembourg pour l’accompagnement des personnes aveugles et malvoyantes. Elle propose notamment des cours d’orientation et de mobilité ainsi qu’une bibliothèque sonore, en complément des supports en braille utilisés dans l’enseignement et la vie quotidienne.

    Lire et écrire avec un ordinateur, une tablette ou un smartphone

    Pour travailler sur un ordinateur, un logiciel de lecture d’écran et une plage braille sont utiles :

    • Un logiciel de lecture d’écran lit le texte affiché à l’écran.
    • La plage braille (ou « plage tactile ») se présente sous la forme d’une bande de petits picots qui se lèvent ou s’abaissent pour composer des caractères. Les informations affichées à l’écran lui sont transmises par le logiciel de lecture d’écran. Elle peut être utilisée avec un ordinateur, mais aussi avec une tablette ou un smartphone, souvent via une connexion Bluetooth.

    Pour écrire des textes sur ordinateur, les personnes aveugles utilisent le clavier standard ou un clavier braille.

    Le saviez-vous ?

    Il existe des étiqueteuses portables, peu coûteuses, permettant d’imprimer du braille sur des rubans et étiquettes autocollantes, une solution simple pour rendre accessibles des objets du quotidien.

    Sources