L'accessibilité au Luxembourg

Catégorie : Communication

  • Médias sociaux accessibles : comment publier pour toutes et tous

    Médias sociaux accessibles : comment publier pour toutes et tous

    Les médias sociaux font aujourd’hui partie de notre quotidien : nous les utilisons pour nous informer, partager des expériences et rester en contact. Il est donc important que personne ne soit exclu de leur utilisation. Les personnes en situation de handicap doivent elles aussi pouvoir percevoir, comprendre et utiliser les publications, images et vidéos sur les réseaux sociaux. Depuis juin 2025, le European Accessibility Act renforce d’ailleurs les obligations des services de communication en la matière. Cet article explique comment créer des publications accessibles et quelles erreurs éviter.

    Une obligation légale, mais surtout un enjeu d’inclusion

    De nombreuses entreprises et organisations ont désormais l’obligation légale de rendre leurs services numériques accessibles, y compris leurs réseaux sociaux. Mais au-delà de l’obligation, des contenus accessibles sont inclusifs, touchent plus de monde et favorisent une véritable participation. Plus tôt vous commencerez à publier de manière accessible, mieux ce sera.

    Ce qu’il faut éviter

    N’utilisez pas d’outils en ligne qui transforment le texte en « faux gras » ou « faux italique » : ces outils génèrent des caractères Unicode spéciaux que les technologies d’assistance ne peuvent pas lire correctement, ou qu’elles ignorent entièrement. Évitez également de créer de fausses colonnes à l’aide d’espaces et de sauts de ligne : ce qui ressemble visuellement à des colonnes est lu par un lecteur d’écran comme un texte continu, ligne par ligne, ce qui le rend incompréhensible. Écrivez toujours vos textes dans l’ordre dans lequel ils doivent être lus.

    Cinq bonnes pratiques pour des publications accessibles

    Écrire dans un langage simple et clair

    Rédigez des phrases courtes, expliquez les termes techniques, évitez le jargon et structurez les textes longs avec des paragraphes.

    Utiliser correctement les hashtags

    Les hashtags peuvent être difficiles à comprendre pour les lecteurs d’écran. Évitez d’en mettre trop et placez-les en fin de publication. Écrivez les mots composés avec une majuscule au début de chaque mot (Camel Case) : #RéseauxSociauxAccessibles plutôt que #réseauxsociauxaccessibles. Sans cette majuscule, un lecteur d’écran tente de lire le hashtag comme un seul mot continu au lieu de plusieurs mots distincts.

    Utiliser les emojis avec modération

    Les lecteurs d’écran lisent chaque emoji comme du texte, en le décrivant selon sa définition Unicode officielle. Utilisez-les avec parcimonie, de préférence en fin de phrase, et évitez les longues suites d’emojis.

    Ajouter des sous-titres aux vidéos

    Sans sous-titres, seules les personnes qui entendent suffisamment bien peuvent comprendre une vidéo. Les sous-titres aident les personnes sourdes ou malentendantes, celles qui regardent sans le son, et celles qui ne maîtrisent pas la langue originale. La plupart des plateformes proposent des sous-titres automatiques : vérifiez toujours l’orthographe, le contenu et le timing avant de publier.

    Utiliser des textes alternatifs pour les images

    Décrivez les images à l’aide de textes alternatifs, lus notamment par les lecteurs d’écran. Un bon texte alternatif décrit de manière concise ce que l’on voit, en donnant d’abord l’information la plus importante et en restant factuel. Contrairement aux sites web, les images sur les réseaux sociaux sont rarement purement décoratives : il faut donc presque toujours ajouter un texte alternatif. Par exemple, au lieu de « Photo gagnante », préférez : « La photo gagnante du concours : une femme en robe rouge sourit devant un immeuble de bureaux. »

  • Le principe de la redondance sensorielle : pourquoi communiquer par au moins deux sens

    Le principe de la redondance sensorielle : pourquoi communiquer par au moins deux sens

    Le principe de la redondance sensorielle, aussi appelé « principe des deux sens » ou « principe de la redondance multimodale », est l’une des règles de base de la communication accessible. Il consiste à transmettre une même information par au moins deux canaux sensoriels différents (vue, ouïe, toucher), afin que les personnes qui n’entendent pas ou ne voient pas bien puissent quand même y accéder. Un feu de circulation qui émet aussi un signal sonore, une vidéo sous-titrée, une alarme accompagnée d’un signal visuel : ce principe se retrouve partout, de la signalétique urbaine aux contenus numériques. Il est même inscrit dans la législation luxembourgeoise sur l’accessibilité des lieux ouverts au public. Nous vous expliquons ici ce que recouvre ce principe et comment il se traduit concrètement.

    Le principe des deux sens : une même information par au moins deux canaux

    Le principe de la redondance sensorielle est un principe fondamental de la communication accessible, aussi appelé principe de la redondance multimodale ; en allemand, on parle de « Zwei-Sinne-Prinzip » (littéralement « principe des deux sens »). Selon ce principe, une information doit être publiée via au moins deux canaux sensoriels différents, afin que les personnes qui n’entendent ou ne voient pas bien puissent quand même la percevoir et la comprendre. Le principe prend en compte les sens de l’ouïe, de la vue et du toucher : une information visuelle doit par exemple aussi être proposée sous forme auditive ou tactile, et inversement.

    Concrètement : comment appliquer ce principe ?

    Ce principe devrait être appliqué dans toute forme de communication.

    Dans les médias numériques

    Les contenus numériques doivent également être conçus selon ce principe : les contenus auditifs doivent être accompagnés d’une alternative visuelle, et les contenus visuels ont besoin d’une alternative auditive ou tactile. Voici quelques exemples :

    • Sous-titrage des vidéos
    • Vidéos en langue des signes
    • Signaux visuels en complément des alertes sonores
    • Transcriptions pour les podcasts
    • Audiodescriptions pour les vidéos
    • Textes alternatifs pour les images, accessibles de manière auditive via un lecteur d’écran
    • Descriptions textuelles pour les diagrammes, graphiques et tableaux
    • Signaux haptiques (vibrations) dans les applications mobiles
    • Compatibilité avec les plages braille grâce à un balisage HTML sémantique

    Ces pratiques rejoignent les critères de succès des Web Content Accessibility Guidelines (WCAG) du W3C, qui exigent notamment des sous-titres pour les contenus audio préenregistrés et une audiodescription pour les contenus vidéo préenregistrés.

    Dans la communication orale

    Pour garantir une plus grande participation, la communication orale devrait être mise à disposition sous forme visuelle. Voici quelques exemples :

    • Interprétation en langue des signes
    • Transcription écrite en direct
    • Version écrite des conférences et présentations

    Dans la communication visuelle

    • Pour faciliter l’orientation, toute signalisation visuelle devrait aussi être disponible de manière tactile ou acoustique : les feux de circulation peuvent émettre des signaux sonores, les panneaux d’information peuvent être complétés par des éléments tactiles, des inscriptions sur les mains courantes ou des aides à l’orientation sonores.
    • Les textes imprimés sur papier peuvent être rendus accessibles à l’aide de codes QR renvoyant vers une version audio qui lit le texte à voix haute. Les informations en braille ou les graphiques tactiles constituent également des alternatives utiles.

    Une exigence désormais inscrite dans la loi luxembourgeoise

    Au Luxembourg, la loi du 7 janvier 2022 sur l’accessibilité à tous des lieux ouverts au public, des voies publiques et des bâtiments d’habitation collectifs repose sur le principe de la conception universelle : concevoir des espaces utilisables par toutes et tous, y compris les personnes à mobilité réduite ou malvoyantes. Elle prévoit notamment que les éléments d’information et de signalisation destinés aux visiteurs doivent former une chaîne continue et cohérente tout au long d’un cheminement, et que tout système d’alarme présent dans un lieu ouvert au public doit être couplé à un dispositif à la fois sonore et visuel, perceptible dans l’ensemble des espaces accessibles au public. Cette loi, entrée en vigueur le 1er juillet 2023, traduit directement le principe de la redondance sensorielle dans le droit luxembourgeois.

  • Vidéos accessibles : comment les réaliser ?

    Vidéos accessibles : comment les réaliser ?

    Les vidéos accessibles sont utiles à tous. Elles aident par exemple les personnes qui ont des difficultés d’apprentissage, une déficience visuelle ou auditive, ou celles qui souhaitent apprendre une nouvelle langue. Le fait de combiner images, texte et son permet de présenter des contenus complexes de manière claire. Pour qu’une vidéo soit réellement accessible, de nombreux détails doivent être pris en compte : le langage utilisé, la qualité technique, les sous-titres, l’audiodescription et, si possible, une interprétation en langue des signes. Cet article présente les bonnes pratiques à suivre pour créer des vidéos accessibles.

    Des recommandations, pas encore de norme figée

    Il existe des recommandations pour les vidéos accessibles, mais aucune norme internationale fixe. Les recommandations de cet article s’adressent en priorité au public luxembourgeois.

    À qui profitent les vidéos accessibles ?

    • Les sous-titres sont particulièrement utiles pour les personnes malentendantes et celles qui apprennent une nouvelle langue. Les personnes sourdes devraient, si possible, recevoir des explications en langue des signes.
    • Les personnes avec une déficience visuelle bénéficient de transcriptions reprenant l’intégralité du texte de la vidéo, ainsi que d’audiodescriptions qui décrivent oralement ce que le public voyant peut percevoir.
    • Les personnes avec des difficultés de lecture ou d’apprentissage bénéficient de vidéos en langage simplifié ou facile à lire et à comprendre (FALC).
    • Certaines personnes, par exemple celles avec épilepsie, peuvent être sensibles aux effets de scintillement et aux changements rapides d’images et de contrastes : il convient d’éviter ces éléments.

    Concevoir une vidéo accessible, étape par étape

    Sous-titres, audiodescription et langue des signes

    Les sous-titres retranscrivent ce qui est dit et peuvent fournir des informations supplémentaires (identification du locuteur, bruits de fond, émotions). L’audiodescription s’adresse principalement aux personnes malvoyantes. Les vidéos en langue des signes complètent utilement les sous-titres pour les personnes dont la langue des signes est la langue maternelle.

    Détails techniques et structure

    • Images et son de très bonne qualité ; réglages du son, de l’écran et des sous-titres faciles à trouver et à utiliser.
    • Éviter les bruits de fond inutiles, les ralentis, accélérés et effets de scintillement, auxquels certaines personnes (épilepsie) peuvent être sensibles. Le critère de succès WCAG 2.3.1 (« trois flashs ou en dessous du seuil ») recommande de ne jamais dépasser trois flashs par seconde dans un contenu vidéo.
    • Contraste suffisant dans toutes les images ; luminosité ni trop claire ni trop sombre.
    • Préférer des vidéos courtes (quelques minutes, encore plus courtes sur les réseaux sociaux) ; séparer les sujets complexes en plusieurs vidéos.
    • Éviter trop d’images et de lieux différents ainsi que les mouvements de caméra trop rapides ; annoncer les changements de lieu.

    Langage et élocution

    La personne qui parle dans la vidéo doit utiliser des mots simples et des phrases courtes, parler clairement, sans dialecte et lentement, avec suffisamment de pauses. Une transcription complète peut être préparée pour permettre l’impression et la lecture du texte, y compris via synthèse vocale pour les personnes malvoyantes. La vidéo ne doit traiter que de ce qui est montré à l’écran ; une voix de fond doit être présentée avant de parler.

  • La communication améliorée et alternative (CAA) : s’exprimer quand la parole ne suffit pas

    La communication améliorée et alternative (CAA) : s’exprimer quand la parole ne suffit pas

    Certaines personnes sont dans l’incapacité de parler ou ne peuvent s’exprimer qu’avec de grandes difficultés, en raison d’un handicap congénital, d’une maladie ou des suites d’un accident. La communication améliorée et alternative (CAA) aide ces personnes à s’exprimer et à participer pleinement à la vie sociale. Cet article présente les différentes formes de CAA et leur importance, ainsi que des ressources disponibles au Luxembourg.

    Des ressources au Luxembourg

    Au Luxembourg, l’APEMH accompagne des personnes ayant recours à la communication améliorée et alternative dans le cadre de plusieurs services. Des centres spécialisés comme le Zentrum für Unterstützte Kommunikation (ZUK) proposent par ailleurs de la documentation et des conseils pratiques pour intégrer la CAA dans la vie quotidienne.

    Un besoin humain fondamental

    Tout être humain éprouve le besoin fondamental de communiquer et d’établir des liens avec autrui. En l’absence de moyens de communication adaptés, la participation à la vie sociale se trouve considérablement entravée, rendant souvent impossible une vie autodéterminée. La CAA crée des opportunités de communication équitables et permet à chacun et chacune d’exprimer ses besoins et ses pensées, favorisant une participation pleine et véritable à la société. Selon l’ISAAC (International Society for Augmentative and Alternative Communication), la CAA regroupe l’ensemble des outils et stratégies qu’une personne utilise pour répondre à ses besoins quotidiens de communication.

    Trois catégories de moyens de communication

    On distingue la communication sans assistance, qui n’utilise que le corps, et la communication assistée, qui fait appel à des outils externes.

    Aides électroniques simples et de haute technologie

    Les boutons parlants ou petites aides vocales avec feuilles interchangeables en papier peuvent être utilisés directement (en pointant) ou indirectement (via un balayage avec des capteurs). Les dispositifs générateurs de parole (SGD, « Speech generating devices ») convertissent symboles, lettres ou mots en langage parlé, et leur commande peut être adaptée individuellement : boutons spéciaux commandés avec le pied, la tête ou la bouche, souris et manettes adaptées, ou commande oculaire par caméra.

    Aides non électroniques (basse technologie)

    • Cartes et classeurs de communication : collections organisées de symboles graphiques
    • Symboles graphiques : photos, dessins, pictogrammes, caractères
    • Carnets de communication : livre personnel, journal, calendrier avec informations importantes

    Les symboles graphiques peuvent être utilisés individuellement ou disposés de manière fixe sur des tableaux ou dans des livres. En pointant sur les symboles (avec le doigt, les yeux ou des aides spéciales), il est possible de former des phrases entières.

    Communication sans assistance

    • La parole et les vocalisations
    • Les modes d’expression non verbaux : expression faciale, gestes, regards, mouvements de pointage, tension et mouvements du corps
    • Les signes issus de la langue des signes ou de recueils de signes spécifiques : signes soutenant la langue parlée, signes simultanés au langage oral, ou signes tactiles (l’émetteur signe, le récepteur palpe)

    Compléter et renforcer les capacités existantes

    Il arrive que le langage oral soit totalement absent ou reste très peu développé. Lorsqu’un handicap moteur s’y ajoute, l’expression gestuelle peut également se trouver compromise. La CAA ne remplace pas les capacités existantes, mais les complète et les renforce : selon la situation, différentes méthodes peuvent être combinées entre elles, avec pour objectif de faciliter et d’améliorer la communication au quotidien.

  • Mise en page et design accessible : design universel, inclusif et pour tous

    Mise en page et design accessible : design universel, inclusif et pour tous

    Une information doit d’abord être perçue avant de pouvoir être comprise et traitée. Les personnes avec un handicap physique, cognitif ou sensoriel ont des exigences particulières en matière de conception graphique des informations : une police lisible et des contrastes marqués pour les personnes malvoyantes, un texte bien structuré en langage facile pour les personnes avec des difficultés d’apprentissage, un arrière-plan sobre sans animations clignotantes pour les personnes neurodivergentes. Il n’existe pas de mise en page qui convienne à tout le monde à la fois, mais des cadres de référence permettent d’orienter les choix de conception. Cet article présente ces cadres et des exemples concrets d’application.

    Bon à savoir

    Chaque conception doit être inclusive et éviter les images et symboles stéréotypés. Ne pensez pas seulement aux illustrations, mais aussi au langage.

    Sept principes appliqués à l’information

    Les sept principes du design universel s’appliquent aussi à la conception d’informations imprimées et numériques :

    1. Perceptibilité des informations : police sans sérif, contraste élevé, textes alternatifs, sous-titres.
    2. Utilisation simple et intuitive : structure claire, ordre de lecture logique, langage compréhensible.
    3. Utilisation équitable : l’information n’est pas transmise uniquement par la couleur mais aussi par le texte ou le braille ; sous-titres et audiodescription pour le numérique.
    4. Flexibilité d’utilisation : plusieurs manières d’accéder au contenu (texte, code QR, audio, vidéo).
    5. Tolérance à l’erreur : messages d’erreur clairs, fonction « annuler », mises en page sans ambiguïté.
    6. Taille et espace pour l’approche et l’utilisation : typographie et mise en page claires, design réactif.
    7. Faible effort physique : boutons suffisamment grands, contenus accessibles avec peu d’interactions.

    Trois approches du design accessible

    Le design pour tous

    Le design pour tous (« design for all ») est un concept répandu en Europe, qui vise à concevoir des produits, services et infrastructures accessibles sans adaptation individuelle. Il va au-delà du design universel et du design inclusif en impliquant davantage les utilisateurs dans le processus de création et en tenant compte de l’orientation marché (conception et distribution). La Déclaration de Stockholm de l’EIDD (2004) le définit comme « la conception pour la diversité humaine, l’inclusion sociale et l’égalité », une démarche qui exige l’implication des utilisateurs finaux à chaque étape du processus de conception.

    Le design inclusif

    Le design inclusif reconnaît et prend en compte la diversité des personnes dans leurs besoins et circonstances de vie, indépendamment de l’âge, du genre, de l’origine ou des capacités. Il implique une participation active de différents groupes d’utilisateurs à la conception, sans viser une solution unique : l’objectif est d’offrir à tous une expérience d’utilisation comparable, quitte à proposer des variantes adaptées.

    Le design universel

    Le design universel est une approche globale de la conception, développée par l’architecte Ronald L. Mace et son équipe dans les années 1980 aux États-Unis, au Center for Universal Design de la Caroline du Nord. L’objectif est de concevoir des produits, des services et des environnements utilisables par tout le monde, simples et si possible sans adaptation. L’article 2 de la Convention des Nations Unies relative aux droits des personnes handicapées (2006) définit la conception universelle comme la conception de produits, d’équipements, de programmes et de services pouvant être utilisés par tous, dans toute la mesure du possible, sans nécessiter ni adaptation ni conception spéciale, sans exclure pour autant les dispositifs d’assistance nécessaires à certaines catégories de personnes handicapées.

    Des principes aux choix concrets

    Au-delà des cadres conceptuels, quelques choix concrets font une réelle différence dans la pratique du design accessible :

    • Contraste : le contraste ne se juge jamais pour une couleur seule, mais dans sa relation avec une autre. Un texte courant doit atteindre un contraste d’au moins 4,5:1 avec son arrière-plan, et les éléments interactifs (boutons, icônes) au moins 3:1.
    • Typographie : préférer des polices sans empattement où les caractères se distinguent bien les uns des autres, comme le I majuscule et le l minuscule, éviter les textes centrés et les longs passages entièrement en majuscules.
    • Icônes : les accompagner d’un intitulé texte, leur donner une taille suffisante, au moins 24 par 24 pixels et idéalement 44 par 44, et un contraste minimal de 3:1.
    • Images : donner une alternative textuelle à chaque image porteuse d’information, éviter d’y superposer du texte, et ne jamais utiliser une image de fond pour transmettre une information qui ne pourrait pas être décrite autrement.
    • Couleur : ne jamais faire reposer la compréhension d’une information sur la seule couleur, pour tenir compte des personnes daltoniennes.
    • Animations : limiter leur durée à 5 secondes maximum, éviter plus de trois clignotements par seconde, et toujours proposer un moyen de les arrêter.
    • Formats alternatifs : proposer, en complément du texte, des vidéos, podcasts ou infographies pour s’adapter à différents besoins et façons d’apprendre.

    Le design accessible reste aussi une démarche continue : tester régulièrement l’accessibilité, de façon automatisée et manuelle, former les équipes aux besoins des différents publics, et prendre en compte les retours des utilisateurs et utilisatrices permettent d’améliorer un projet dans la durée.

  • Technologies d’assistance : quels outils facilitent l’accès au numérique ?

    Technologies d’assistance : quels outils facilitent l’accès au numérique ?

    L’accès à l’information et aux médias numériques est souvent difficile, voire impossible, pour les personnes en situation de handicap. Les problèmes concernent par exemple la motricité, la perception sensorielle, les capacités cognitives ou la parole. Les technologies d’assistance aident à surmonter ces obstacles : elles facilitent la communication ou la rendent possible. Ce terme, issu de l’anglais « assistive technology », regroupe des aides techniques, des systèmes et des services qui soutiennent les personnes en situation de handicap dans tous les domaines de la vie, à l’école, au travail, dans les loisirs et à la maison. Cet article présente les principales technologies d’assistance utilisées dans la communication numérique accessible.

    Un outil aussi puissant que le site qui l’accueille

    Le W3C (World Wide Web Consortium), à travers son initiative pour l’accessibilité du web (WAI), rappelle que les technologies d’assistance ne peuvent fonctionner efficacement que si les sites web et documents sont eux-mêmes conçus de manière techniquement accessible. Concevez donc vos documents et sites web en respectant les standards d’accessibilité : les personnes qui utilisent des technologies d’assistance pourront ainsi accéder pleinement à vos informations.

    L’enjeu est loin d’être marginal : selon le premier rapport mondial sur les technologies d’assistance, publié en 2022 par l’Organisation mondiale de la santé (OMS) et l’UNICEF, plus de 2,5 milliards de personnes dans le monde ont besoin d’au moins un dispositif d’assistance, un chiffre qui devrait atteindre 3,5 milliards d’ici 2050.

    Un terme large aux usages variés

    Voici quelques exemples de technologies d’assistance :

    • les appareils et programmes électroniques tels que les dispositifs générateurs de parole, les logiciels de lecture d’écran ou d’agrandissement ;
    • les aides techniques telles que les fauteuils roulants, les porte-crayons ou les appareils auditifs ;
    • les aides architecturales telles que les rampes ou les ascenseurs ;
    • les services de conseil et d’accompagnement pour la sélection et l’utilisation de technologies d’assistance.

    Le sens du terme varie selon les pays : en allemand, il désigne surtout les équipements qui facilitent l’accès aux technologies de l’information (ordinateurs, tablettes, smartphones).

    Piloter un ordinateur sans souris

    Les personnes ayant des troubles moteurs ne peuvent souvent pas utiliser une souris conventionnelle. Voici quelques alternatives :

    • Clavier virtuel, utilisé avec une souris, un joystick ou un écran tactile ;
    • Dispositifs de pointage, contrôlés avec la bouche, la tête, le menton ou les pieds ;
    • Contacteurs, adaptés aux personnes pouvant utiliser une partie du corps de manière ciblée ;
    • Commande par mouvements de tête, grâce à une caméra qui traduit les mouvements en déplacements du curseur ;
    • Commande oculaire, souvent utilisée avec un logiciel de communication pour les personnes avec un handicap moteur sévère.

    Lire, écrire et écouter autrement

    • Logiciels de lecture (Text-To-Speech – TTS) : ils lisent les textes à haute voix, ce qui permet aux personnes malvoyantes ou ayant des difficultés de lecture d’écouter les contenus.
    • Logiciels de reconnaissance vocale (Speech-To-Text – STT) : ils transforment la parole en texte, utile notamment pour les personnes avec une déficience auditive.
    • Logiciels d’agrandissement : ils agrandissent l’affichage et permettent souvent d’ajuster couleurs et contrastes.
    • Plage braille : un logiciel de lecteur d’écran convertit les textes affichés en braille sur la plage, que les personnes malvoyantes peuvent lire au toucher.
    • Reconnaissance optique de caractères (OCR) : cette technologie permet aux ordinateurs d’identifier le texte contenu dans une image ou un scan et de le convertir en fichier lisible.

    Sources

  • Le langage clair et simple : à mi-chemin entre FALC et langage standard

    Le langage clair et simple : à mi-chemin entre FALC et langage standard

    Le langage clair est une variante simplifiée d’une langue : plus difficile que le langage facile à lire et à comprendre (FALC), mais plus simple que le langage standard. Son concept trouve son origine dans les années 1950 dans les pays anglophones, sous le nom de « Plain English ». Au Luxembourg, il occupe une place centrale depuis l’entrée en vigueur de la loi du 8 mars 2023 sur l’accessibilité des produits et services : être compréhensible est l’un des quatre principes de l’accessibilité numérique, ce qui implique de présenter les informations au moins en langage clair. Cet article explique ce concept, son public et ses règles principales.

    Un droit à l’information compréhensible

    Toute personne a le droit à des informations compréhensibles. Vous pouvez donc demander à ce que des informations vous soient fournies en langage clair ou en FALC.

    Qui utilise le langage clair ?

    Alors que le FALC a été développé principalement pour les personnes avec des difficultés d’apprentissage et suit des règles très strictes, le langage clair s’adresse à un public plus large : personnes ayant de faibles compétences linguistiques, ou plus généralement toute personne qui ne comprend pas bien les textes difficiles. Il est important de souligner que les textes en langage clair ne sont pas accessibles aux personnes en situation de handicap intellectuel : les informations importantes (santé, droits) doivent donc également être disponibles en FALC.

    La loi de 2023 oblige désormais des institutions comme les banques et les assurances à publier leurs informations en langage clair, afin de garantir que davantage de personnes comprennent les informations qui les concernent.

    Trois piliers des règles du langage clair

    Les recommandations pour le langage clair sont moins strictes que celles du FALC, mais elles existent : la norme internationale ISO 24495-1 définit des principes valables pour toutes les langues.

    Mise en page

    Structurez le texte de manière claire pour permettre une orientation et une recherche d’information rapides.

    Syntaxe

    • Écrivez des phrases courtes (maximum 20 mots, une seule virgule).
    • Préférez le style actif au style passif : « Notre service vérifie vos documents » plutôt que « Les documents seront vérifiés par notre service ».
    • Maintenez les unités de sens ensemble et évitez les incises trop longues.

    Vocabulaire

    • Utilisez des termes courts et connus ; remplacez les mots techniques ou étrangers par des termes simples.
    • Expliquez les termes techniques importants, dans le texte ou dans un glossaire.
    • Évitez les abréviations non expliquées et les mots de remplissage (« en fait », « en principe »…).

    D’où vient le langage clair ?

    L’objectif initial était de rendre plus compréhensibles les textes des manuels scolaires américains. En 2010, le « Plain Writing Act » a été adopté aux États-Unis : le gouvernement américain a décidé d’écrire et de publier toutes les informations destinées aux citoyens en langage clair. Dans les pays germanophones, le langage clair (Einfache Sprache) s’est développé à partir des années 2000.

    Le langage clair en pratique : le témoignage d’une experte

    Sylvie Bonne, experte en langage facile à lire et en langage clair au Luxembourg, illustre bien la nuance entre les deux approches : le langage clair reste proche du langage courant, si bien qu’un mot comme « documents » n’a pas besoin d’être expliqué, alors que le FALC l’expliquerait systématiquement. Les deux langages se complètent plutôt qu’ils ne s’excluent : certaines personnes ont réellement besoin du FALC, tandis que d’autres supports, comme un résumé en langage clair accompagné d’une vidéo explicative ou de contacts utiles, viennent enrichir une communication accessible.

    Simplifier les textes d’une organisation est avant tout un travail de collaboration. Il faut d’abord comprendre l’équipe en place, le public visé et les canaux par lesquels les contenus seront consultés, avant de revoir la structure des textes, d’ajouter des sous-titres et d’expliquer les termes techniques. Dans des domaines sensibles comme la banque ou le droit, chaque simplification doit rester validée par les personnes qui maîtrisent le sujet, afin que le texte reste exact.

    Les retours des professionnel·les sont généralement positifs, même si appliquer soi-même ces principes reste difficile lorsqu’on est habitué au jargon d’un secteur au quotidien. Contrairement au FALC, le langage clair ne change ni l’aspect visuel des textes ni l’orthographe : il peut donc remplacer directement une communication administrative, plutôt que de s’y ajouter comme une offre distincte.

    Pour l’avenir, l’intelligence artificielle peut aider à réviser des textes complexes, mais elle ne remplace pas une personne qui connaît bien les besoins réels du public. Les formats numériques (audio, vidéo, messages vocaux) ouvrent aussi de nouvelles pistes pour rendre l’information accessible, en complément des textes écrits.

  • L’OSAPS publie un guide pour un langage clair dans le secteur financier

    L’OSAPS publie un guide pour un langage clair dans le secteur financier

    L’OSAPS (Office de la surveillance de l’accessibilité des produits et services) a publié un nouveau guide destiné à aider les banques et les institutions financières à rendre leur communication plus accessible. Le guide a été développé sous la direction de Sylvie Bonne, une experte en langage clair.

    Quel est l’objectif du guide ?

    Le guide s’adresse aux prestataires de services bancaires – mais pas seulement à eux – et les aide à respecter les prescriptions légales. Concrètement, il s’agit de « s’assurer que les informations sont compréhensibles et ne dépassent pas un degré de complexité de B2 ».

    La loi prescrit seulement que le vocabulaire ne doit pas dépasser le niveau B2. Il n’existe cependant pas de règles précises pour la rédaction de textes. Ce document offre donc un cadre volontaire pour l’écriture en langage clair au niveau B1.

    Que contient le guide ?

    Le guide contient :

    • Des recommandations pour surmonter les principaux problèmes de lisibilité et de compréhension
    • Des conseils pour les formations internes dans l’entreprise
    • Une procédure simple pour réaliser des tests utilisateurs
    • Des exemples de mise en page de documents
    • Une liste de contrôle pour la relecture

    Et bien sûr, le guide remplit lui-même tous les critères qu’il recommande !

    À qui s’adresse le guide ?

    Le guide s’adresse à un large public qui n’est pas familier avec les documents techniques spécialisés. Il offre de l’aide pour les difficultés les plus fréquentes :

    • Langage complexe et jargon spécialisé
    • Textes longs et denses
    • Vocabulaire technique
    • Phrases et paragraphes compliqués
    • Manque d’explications claires
    • Mise en page peu lisible

    Plus que des obligations légales

    Les recommandations du guide vont au-delà de l’obligation légale et poursuivent deux objectifs :

    1. Anticiper le durcissement des exigences légales en matière d’accessibilité – Parce qu’il est probable que les règles deviennent encore plus strictes à l’avenir
    2. Améliorer durablement la qualité des services pour les clients – Pour garantir une meilleure expérience client

    Une référence importante

    Le guide couvre de nombreux aspects différents du langage clair. Il offre une synthèse des règles linguistiques, visuelles, techniques et sémantiques actuellement en vigueur.

    Structure et présentation

    • Formatage correct
    • Structure claire et titres
    • Explication des termes compliqués
    • Utilisation de symboles et d’images

    Contenu

    • Utilisation d’un vocabulaire de niveau B1
    • Phrases simples avec maximum 15-20 mots
    • Exemples concrets du quotidien
    • Glossaire pour les termes techniques

    Accessibilité

    • Police bien lisible (12-14 pt)
    • Interligne approprié
    • Texte aligné à gauche
    • Documents accessibles pour les lecteurs d’écran

    Pratique concrète

    Le guide aide les institutions financières à rédiger leurs documents – comme les conditions de crédit, les contrats ou les informations sur les produits financiers – de manière à ce qu’ils soient compréhensibles pour tous. Cela favorise la transparence et la confiance entre les banques et leurs clients. Il s’agit de permettre à chaque client, indépendamment de ses compétences linguistiques, de comprendre les informations financières importantes.

    Collaboration avec Sylvie Bonne

    Sylvie Bonne, une experte en Langue Facile au Luxembourg, a joué un rôle central dans le développement du guide. Elle a particulièrement veillé à ce que le guide reste court et pratique pour les collaborateurs des banques. Le guide ne contient certes pas tous les détails, mais offre une base solide pour commencer.

    Il était également important de réfléchir aux termes utilisés à l’oral, entre autres en luxembourgeois. Le glossaire présente différentes personnes dans différentes situations quotidiennes pour rendre les exemples plus réalistes.

    Perspectives

    Ce guide est une première étape importante vers plus d’accessibilité dans le secteur financier. Il servira, espérons-le, de modèle à d’autres secteurs et contribuera à ce que de plus en plus d’informations soient disponibles au Luxembourg en langage clair et compréhensible.

    ? Le guide peut être téléchargé au format PDF en allemand et en français.

  • La langue des signes : une langue à part entière, reconnue au Luxembourg depuis 2018

    Les langues des signes sont des langues à part entière, comme toutes les autres langues parlées, mais visuelles : elles s’expriment par des gestes, des expressions du visage, la posture du corps et des mouvements de la bouche, et sont perçues par la vue. Ce sont les langues maternelles naturelles des personnes sourdes de naissance ou devenues sourdes avant l’apprentissage du langage parlé. En 2008, les Nations Unies les ont officiellement reconnues comme des langues à part entière, et au Luxembourg, la langue des signes allemande a obtenu ce statut en 2018. Cet article explique comment fonctionne la langue des signes et comment rendre vos informations accessibles à la communauté sourde.

    Six mesures pour une communication accessible aux personnes sourdes

    Pour rendre les informations accessibles aux personnes sourdes, il ne suffit pas de proposer uniquement du contenu écrit. De nombreuses personnes sourdes ont la langue des signes nationale comme langue première (par exemple la langue des signes allemande, DGS, ou la langue des signes française, LSF). C’est pourquoi les informations devraient être proposées sous plusieurs formats accessibles. Voici les principales mesures à mettre en œuvre :

    • Sous-titres : Toutes les vidéos devraient comporter des sous-titres complets et bien synchronisés. Ils aident en particulier les personnes malentendantes et les personnes sourdes ayant une bonne maîtrise de l’écrit.
    • Vidéos en langue des signes (DGS/LSF) : Les informations importantes devraient également être proposées sous forme de vidéo dans la langue des signes concernée. Les sous-titres seuls ne remplacent pas la langue des signes, car la langue écrite est une langue seconde pour de nombreuses personnes sourdes.
    • Offres numériques accessibles : Les sites web et documents devraient respecter les normes d’accessibilité en vigueur (par exemple WCAG/RGAA) et proposer des alternatives telles que sous-titres, langue des signes et documents accessibles.
    • Mise en page claire : Les informations devraient être structurées de manière claire, avec des titres explicites, suffisamment d’espaces blancs ainsi que des symboles ou pictogrammes d’aide à la compréhension.
    • Plusieurs canaux de communication : Outre le téléphone, des moyens de contact par e-mail, chat, SMS ou interprétation vidéo en langue des signes devraient être proposés.
    • Langage simplifié (Allemagne) ou FALC (France) : Les contenus complexes devraient également être proposés dans un langage facile à comprendre, avec des phrases courtes, des mots simples et une structure claire. En France, cela correspond au concept FALC (Facile à lire et à comprendre).

    La communauté sourde, un groupe culturel et linguistique

    De nombreuses personnes sourdes et malentendantes qui utilisent la langue des signes se sentent appartenir à la communauté des sourds, tout comme les enfants de parents sourds et d’autres proches. Ils se considèrent comme membres d’une communauté culturelle et linguistique à part entière.

    Grammaire et structure de la langue des signes

    La langue des signes n’utilise pas la voix, mais le corps. Elle s’exécute principalement avec les mains, soutenues par le haut du corps, la tête et l’expression faciale, dans ce que l’on appelle l’espace de signation, une zone tridimensionnelle qui s’étend de la tête aux hanches et d’un côté du corps à l’autre. Les langues des signes ont leur propre grammaire et syntaxe : dans la langue des signes allemande, par exemple, le verbe se trouve généralement en fin de phrase. L’alphabet manuel (dactylologique) est utilisé avec parcimonie, principalement pour épeler des noms.

    Une reconnaissance légale récente

    En 2008, les Nations Unies ont officiellement reconnu les langues des signes comme des langues à part entière par la Convention relative aux droits des personnes handicapées (CDPH). Au Luxembourg, la Chambre des Députés a adopté à l’unanimité, le 24 juillet 2018, une modification de la loi du 24 février 1984 sur le régime des langues, reconnaissant la langue des signes allemande comme langue à part entière au Luxembourg. Cette reconnaissance a ouvert plusieurs droits concrets : chaque enfant sourd peut suivre l’enseignement fondamental et secondaire en langue des signes, les personnes sourdes peuvent utiliser la langue des signes dans leurs démarches administratives, et les membres de la famille d’une personne sourde peuvent suivre jusqu’à 100 heures de cours de langue des signes pris en charge par l’État.

    Des langues nationales, propres à chaque pays

    En principe, chaque pays a sa propre langue des signes. Pour le français, il existe la langue des signes française (LSF), la langue des signes suisse romande (LSF-SR), la langue des signes de Belgique francophone (LSFB) et la langue des signes québécoise (LSQ). Dans l’espace germanophone, on trouve la langue des signes allemande (DGS), autrichienne (ÖGS) et suisse alémanique (DSGS). Le Luxembourg ne dispose pas de langue des signes propre : on y utilise la langue des signes allemande (DGS), choisie car elle était la plus répandue dans le pays.

    La langue des signes « International Sign » n’est pas une langue des signes internationale à proprement parler, mais une langue planifiée utilisée lors de rencontres internationales, par exemple des conférences.

    Événements & liens

    Au Luxembourg, des cours de langue des signes sont régulièrement proposés. Dans les cafés de langue des signes, vous pouvez vous familiariser avec cette langue dans une atmosphère détendue.

    Sources

  • FALC vs Leichte Sprache vs Liicht Sprooch – Le multilinguisme au Luxembourg

    FALC vs Leichte Sprache vs Liicht Sprooch – Le multilinguisme au Luxembourg

    Une seule langue ne suffit plus

    Le Luxembourg est l’un des pays les plus multilingues d’Europe. La population luxembourgeoise ne croît plus depuis longtemps par les naissances, mais par l’immigration. Cela a une conséquence directe : le langage facile doit aussi être multilingue.

    La situation actuelle : principalement l’allemand

    Au Luxembourg, on utilise actuellement surtout le Leichte Sprache allemand, parce que le système scolaire luxembourgeois a historiquement toujours été fortement basé sur l’allemand. Les Luxembourgeois peuvent lire l’allemand, même si ce n’est pas leur langue maternelle. C’est pourquoi le Leichte Sprache est la forme la plus utilisée de langage facile dans le pays.

    FALC : Pour les citoyens francophones

    Outre le langage facile allemand, le FALC (Facile à lire et à comprendre) – souvent appelé aussi Facile à lire – devient de plus en plus important. L’équipe de rédaction de Guichet.lu a publié des textes en langage facile depuis 2019, et en 2022 également les premières fiches en FALC.

    Le FALC rend les informations en français plus simples et compréhensibles – particulièrement pour les personnes en situation de handicap, les dyslexiques, les personnes âgées ou les personnes qui ne maîtrisent pas bien le français.

    Écoles multilingues et enfants francophones

    Depuis de nombreuses années, il y a de plus en plus de systèmes scolaires internationaux et francophones au Luxembourg. Beaucoup d’enfants y apprennent le français comme langue principale, pas l’allemand. Il est donc important que le FALC français et aussi le langage facile anglais « easy language » trouvent leur place dans notre paysage linguistique.

    Langage facile en luxembourgeois : encore une marge de progression

    Jusqu’à présent, il n’existe pas de langage facile officiellement défini en luxembourgeois. La langue n’est pas toujours simple sur le plan orthographique et grammatical, ce qui complique la création de règles claires.

    Cependant, Klaro travaille en collaboration avec le Centre pour la langue luxembourgeoise (ZLS) au développement de règles pour un langage facile luxembourgeois. Ces règles devraient être définies d’ici fin 2025.

    C’est un grand défi, car beaucoup de personnes n’ont pas acquis beaucoup de compétences de lecture et d’écriture en luxembourgeois à l’école. Malgré cela, la demande devient de plus en plus importante.

    Conséquences au quotidien

    1. Guichet.lu en différentes langues Guichet.lu publie des textes aussi bien en Leichte Sprache qu’en FALC. Cela se fait en coopération avec Klaro.

    2. Recommandations de Klaro Klaro recommande d’offrir des textes dans les deux variantes – donc en Leichte Sprache et en FALC. Le choix dépend cependant toujours du public cible.

    3. Spécificités luxembourgeoises En luxembourgeois, les mots sont souvent dérivés du français et de l’allemand. Souvent aussi, les mots luxembourgeois sont différents de leurs originaux étrangers. Par exemple, « Chamberwalen » au lieu de « Parlamentswahlen ». C’est pourquoi une adaptation locale des textes est importante.

    L’avenir : trois langages faciles

    À l’avenir, le Luxembourg devrait avoir trois formes principales de langage facile :

    1. Leichte Sprache (allemand) – actuellement la plus utilisée
    2. FALC (français) – important pour la population francophone
    3. Liicht Sprooch (luxembourgeois) – encore en développement

    Développements actuels

    Accessilingua – Intelligence artificielle pour le langage facile Dans le cadre d’un Appel à Projets du ministère de la Digitalisation, un projet a été sélectionné en 2024 pour développer un outil avec intelligence artificielle (IA). Cet outil devrait aider à la création de langage facile. Les premiers résultats sont prometteurs, mais tous les textes nécessitent encore toujours une vérification humaine avant la validation.

    Messages importants

    ✅ Le multilinguisme est une force, pas une faiblesse. Le Luxembourg devrait offrir le langage facile en différentes langues, pour respecter la diversité de la population.

    ✅ Le luxembourgeois a besoin de règles. Le développement de règles claires pour un langage facile luxembourgeois est une prochaine étape essentielle.

    ✅ Qualité avant quantité. Tous les textes, quelle que soit la langue, doivent être validés par des vérificateurs qualifiés.

    Sources :