L'accessibilité au Luxembourg

Catégorie : Communication

  • Audiodescription : comment rendre les films et vidéos accessibles aux personnes malvoyantes

    L’audiodescription consiste à décrire à l’oral les éléments visuels d’un film, d’une vidéo ou d’un événement en direct, afin que les personnes malvoyantes et non-voyantes puissent en comprendre le contenu. Les descriptions sont insérées dans les silences de la bande-son, entre les dialogues, pour ne pas couvrir les sons importants de l’action. Au Luxembourg comme dans le reste de l’Union européenne, les fournisseurs de services de médias audiovisuels sont aujourd’hui tenus d’améliorer progressivement l’accessibilité de leurs programmes, et l’audiodescription en fait partie. Cet article explique comment une audiodescription est créée, quelles règles encadrent sa rédaction, et comment la faire réaliser pour vos propres contenus.

    Décrire l’image par la parole

    Dans le cadre de l’audiodescription, les éléments visuels perçus par le public sont décrits à l’oral. Cela permet aux personnes malvoyantes et non-voyantes de comprendre les informations visuelles d’un film ou d’un événement. Les audiodescriptions peuvent concerner des films et des vidéos, ainsi que des événements en direct : l’audiodescription en direct (Live-AD) consiste à décrire de manière spontanée et en temps réel ce qui se déroule, par exemple lors d’une pièce de théâtre, d’un concert, d’une manifestation sportive ou d’une conférence.

    Le présent article traite du sujet des audiodescriptions pour les films et les vidéos : les éléments visuels importants sont décrits à l’oral et ces descriptions sont insérées dans les séquences sans dialogue ni son. Le résultat est un film à écouter, également appelé film sonore ou film audiodécrit.

    Un droit reconnu par les textes internationaux et européens

    Le droit d’accès à la culture, aux loisirs et aux médias pour les personnes en situation de handicap est reconnu par la Convention relative aux droits des personnes handicapées des Nations unies, adoptée en 2006 : son article 30 appelle les États à prendre les mesures nécessaires pour que les œuvres audiovisuelles et culturelles soient accessibles dans des formats adaptés, dont l’audiodescription fait partie.

    Depuis mars 2021, une loi transposant la directive européenne sur les services de médias audiovisuels a introduit de nouvelles obligations d’accessibilité pour les fournisseurs de services de télévision et de vidéo à la demande établis au Luxembourg. L’Autorité luxembourgeoise indépendante de l’audiovisuel (ALIA) encourage ces fournisseurs à améliorer continuellement et progressivement l’accessibilité de leurs programmes pour les personnes ayant une déficience visuelle ou auditive. Concrètement, les fournisseurs doivent élaborer des plans d’action en ce sens et transmettre à l’ALIA, tous les trois ans, un rapport sur leur mise en œuvre, l’audiodescription et le sous-titrage figurant parmi les mesures concernées.

    De l’écriture du script à l’enregistrement en studio

    La description doit s’intégrer dans les pauses des dialogues de la bande-son originale et ne doit pas couvrir les bruits et effets sonores pertinents pour l’action. C’est pourquoi une audiodescription est créée sous forme de « timed text » : le texte de l’audiodescription est synchronisé dans le temps avec le film.

    Pour ce faire, un script précis doit être créé. L’auteur identifie d’abord les séquences du film sans dialogue ni son, définies à l’aide de codes temporels (horodatages), puis rédige une description pertinente pour chacune de ces séquences. Comme les séquences sans son ne durent généralement que quelques secondes, l’auteur décrit en priorité les informations visuelles indispensables à la compréhension du film. Le script est ensuite vérifié sur le plan linguistique et sur son contenu par un rédacteur.

    Vient ensuite l’enregistrement vocal : dans un studio, un locuteur professionnel enregistre le texte, sous la direction technique d’un concepteur sonore. Un rédacteur d’audiodescription veille à la fidélité au script, à la prononciation correcte des noms et à l’intonation. Le concepteur sonore crée enfin un mixage à partir de l’audiodescription enregistrée et du son original du film. La version finale est publiée sous forme de piste audio séparée, que l’utilisateur peut activer via le menu du lecteur multimédia ou une application.

    Les règles de rédaction : neutralité, précision, exhaustivité

    Au fil des ans, des directives spécifiques à chaque pays ont été élaborées en Europe pour la rédaction des audiodescriptions. Pour la zone francophone, l’Arcom (le régulateur français de la communication audiovisuelle et numérique) a publié des lignes directrices. Voici un aperçu de certaines de ces règles :

    • Elle répond aux questions « qui, où, quoi, quand ? »
    • Elle décrit le « comment » : caractéristiques des personnages en début de film (couleur des cheveux et de la peau, âge, vêtements, etc.), caractéristiques des lieux et objets importants pour l’intrigue (époque, décors, paysage, ameublement, couleurs, etc.)
    • Elle est formulée de manière neutre ; elle n’émet ni critique ni opinion personnelle
    • L’origine des bruitages ambigus est décrite

    Faire réaliser une audiodescription, et y penser dès le scénario

    La création d’une audiodescription professionnelle pour un film ou une vidéo est un travail d’expert : il faut des auteurs, des rédacteurs, des locuteurs et des concepteurs sonores pour la produire. Certaines sociétés de production média se sont spécialisées dans ce domaine ; nous vous conseillons donc de commander l’audiodescription de votre film ou de votre vidéo auprès d’un prestataire spécialisé plutôt que de l’improviser.

    Vous êtes en train de créer un script pour votre film et souhaitez qu’il soit également accessible aux personnes malvoyantes et non-voyantes ? Pensez à l’audiodescription dès le début : vous pouvez concevoir la bande sonore originale ou la voix off de façon à inclure d’emblée les descriptions des images pertinentes pour le contenu. Vous éviterez ainsi de devoir commander a posteriori une audiodescription coûteuse et chronophage.

    Sources

  • Documents Word et PDF accessibles : les bonnes pratiques

    Documents Word et PDF accessibles : les bonnes pratiques

    Les documents Word et PDF sont très utilisés et constituent un moyen important de publier des informations. Il est essentiel que tout le monde puisse les lire : les bonnes pratiques et les obligations légales veulent qu’une seule version d’un document existe et soit accessible à toutes et tous, plutôt que de créer une version séparée pour les personnes en situation de handicap. L’accessibilité d’un document dépend à la fois de sa structure technique et de la clarté de son contenu. Cet article explique quel référentiel suivre au Luxembourg et comment rendre un document accessible, sur la forme comme sur le fond.

    Au-delà de la technique : un contenu compréhensible

    L’accessibilité technique ne suffit pas : le contenu doit lui aussi être compréhensible. Pour les publics ayant des besoins de lecture particuliers, il est utile de proposer une version du document rédigée en langage facile à lire et à comprendre (FALC) ou en langage clair et simple.

    À qui s’adresse un document accessible ?

    À tous. Voici quelques exemples de personnes pour qui l’accessibilité d’un document est indispensable :

    • une personne malvoyante ou aveugle ;
    • une personne qui utilise d’autres accessoires qu’un clavier et une souris pour se servir d’un ordinateur ;
    • une personne qui a besoin d’un outil de traduction automatique pour lire des documents.

    Trois leviers techniques

    Description des éléments non textuels

    Pour tous les éléments du document qui ne sont pas du texte et qui contiennent des informations, il faut s’assurer que ces informations soient également présentes sous forme de texte. Par exemple : ajouter un texte alternatif sur une image, ou décrire les données d’un graphique dans le texte du document.

    Lisibilité du texte

    Le texte doit être assez grand et le contraste des couleurs suffisant. Des normes précises définissent les valeurs minimales à respecter.

    Structure avec des styles

    Le document doit être structuré à l’aide de styles (titres, sous-titres, paragraphes) plutôt qu’en changeant simplement l’apparence visuelle du texte. Cette structure permet aux lecteurs d’écran de naviguer dans le document et d’en comprendre la hiérarchie.

    Le RAPDF, référentiel luxembourgeois pour les PDF

    Pour les documents au format PDF, le Luxembourg a développé un référentiel dédié, le RAPDF. Il comporte 46 critères de contrôle et permet de vérifier qu’un document PDF respecte la Section 10 (documents non-web) de la norme européenne EN 301 549. Il existe également des tutoriels vidéo expliquant comment créer des documents Word et PDF accessibles étape par étape.

    Au niveau international, la norme ISO PDF/UA (ISO 14289-1) s’appuie sur le Matterhorn Protocol, publié par la PDF Association, qui détaille 136 conditions de non-conformité regroupées en 31 points de contrôle. Cette méthodologie est notamment mise en œuvre par l’outil gratuit PAC (PDF Accessibility Checker).

  • Le logo Easy-to-Read – Comment l’obtenir ?

    Le logo Easy-to-Read – Comment l’obtenir ?

    Un petit logo avec une grande signification

    Lorsque vous lisez un document en Langage Facile à Lire et à Comprendre, vous voyez souvent un petit logo : Easy to Read. Mais que signifie ce logo ? Et comment l’obtenir ?

    Qu’est-ce que le logo Easy-to-Read ?

    Le logo Easy-to-Read est un logo protégé d’Inclusion Europe, une organisation européenne qui défend les droits des personnes en situation de handicap intellectuel.

    Que montre le logo ?

    Quand un document porte ce logo, cela indique que :

    • ✅ Le texte respecte les règles du Langage Facile à Lire et à Comprendre
    • ✅ Le texte a été validé par des personnes du groupe cible
    • ✅ Le texte est officiellement reconnu comme « Langage Facile »

    Pourquoi le logo est-il important ?

    1. Confiance
    Lorsque vous voyez le logo, vous savez que le texte est vraiment facile à lire. Ce n’est pas simplement un texte mieux écrit – c’est un texte créé selon des standards internationaux.

    2. Reconnaissance
    Les personnes qui ont besoin du Langage Facile reconnaissent le logo directement. Elles savent alors : « Ce texte est pour moi ! »

    3. Garantie de qualité
    Tout le monde n’a pas le droit d’apposer le logo sur ses textes. Il existe des critères clairs qui doivent être remplis.

    Comment obtenir le logo Easy-to-Read ?

    Étape 1 : Respecter les règles

    Votre texte doit :

    • Avoir des phrases courtes
    • Utiliser des mots simples
    • Avoir une structure claire
    • Être soutenu par des images ou des pictogrammes
    • Respecter toutes les autres règles d’Inclusion Europe

    Étape 2 : Formation ou training

    Il est recommandé de suivre une formation en Langage Facile. Au Luxembourg, ces formations sont proposées par :

    • Klaro – Organisation principale pour le Langage Facile
    • INAP – Institut national d’administration publique
    • UFEP – Unité de Formation et d’Éducation Permanente
    • IFEN – Institut de formation de l’éducation nationale

    Étape 3 : Relecture par des experts

    Pour obtenir le logo Inclusion Europe, le texte doit être validé par un atelier avec des personnes du groupe cible.

    Au Luxembourg, ce sont :

    • Atelier Isie (APEMH/Klaro)
    • Groupe de vérificateurs du CDI

    Ces personnes :

    • Lisent le texte
    • Marquent les passages difficiles à comprendre
    • Proposent des améliorations
    • Décident si le texte peut être validé

    Étape 4 : Adaptations

    Si les vérificateurs proposent des modifications, le texte doit être adapté. Cela peut nécessiter plusieurs allers-retours.

    Étape 5 : Approbation finale

    Lorsque tous les vérificateurs sont satisfaits, vous recevez une confirmation. Vous pouvez maintenant utiliser le logo Easy-to-Read sur votre document !

    Combien cela coûte-t-il ?

    Chez Klaro au Luxembourg :

    • Les formations ont un prix (selon la formation)
    • La relecture par l’Atelier Isie est une prestation qui doit être payée
    • Les détails sont disponibles sur klaro.lu

    Au CDI :

    • Pour le SNEI et les centres de compétences (actuellement gratuit dans le cadre de leur service)
    • Les règles futures pour d’autres organisations ne sont pas encore définies

    Différences dans l’utilisation du logo

    ⚠️ Tout le monde ne peut pas utiliser le logo !

    Si vous êtes seulement « inspiré » par le Langage Facile, mais que vous n’avez pas suivi de processus de validation officiel, vous n’avez pas le droit d’utiliser le logo.

    Vous pouvez cependant écrire :

    • « Ce texte est écrit dans un langage simple »
    • « Ce texte est inspiré du Langage Facile »
    • « Nous avons essayé d’écrire ce texte aussi simplement que possible »

    Quelles sont les règles d’Inclusion Europe ?

    Inclusion Europe a développé des règles détaillées qui peuvent être adaptées à toutes les langues européennes. Les règles principales sont :

    Contenu :

    • Les informations importantes viennent en premier
    • Une idée par paragraphe
    • Structure logique

    Langue :

    • Mots simples
    • Phrases courtes (maximum 15 mots)
    • Voix active
    • Formulations positives

    Design :

    • Police grande et claire (14pt/16px ou plus)
    • Interligne suffisant
    • Contraste suffisant entre le texte et l’arrière-plan
    • Pas de justification

    Images :

    • Illustrations qui aident à comprendre le texte
    • Pictogrammes clairs
    • Photos si nécessaire

    Exemples de textes validés avec logo

    Au Luxembourg, vous trouvez le logo Easy-to-Read sur :

    • Guichet.lu – Procédures administratives
    • Infocrise.lu – Informations d’urgence
    • Klaro.lu – Ressources et guides
    • Mediation Scolaire – Informations scolaires
    • ZPB – Informations électorales

    International – Dans d’autres pays aussi

    Le logo Easy-to-Read d’Inclusion Europe est utilisé dans toute l’Europe :

    • Allemagne : logo « Leichte Sprache »
    • France : logo « FALC »
    • Belgique : FALC.be avec logo
    • Autriche : logo « Leicht Lesen »
    • … et beaucoup d’autres pays et langues !

    Alternatives au logo Easy-to-Read

    Il existe aussi d’autres labels de qualité :

    • Netzwerk Leichte Sprache (Allemagne)
    • capito (Autriche, Allemagne, Suisse)
    • FALC.be (Belgique)

    Mais le logo Easy-to-Read d’Inclusion Europe est le standard international.


    Sources :

    • Inclusion Europe : Easy-to-Read Standards and Guidelines
    • klaro.lu : Le FALC, c’est quoi ?
    • Documentation du projet : FALC – Informations
    • Infocrise.lu et Guichet.lu : Mentions légales sur les textes validés
    • COMED (2020) : « Le langage facile, ce n’est pas si simple »
  • Le braille : comment fonctionne cette écriture tactile, et où la trouve-t-on au Luxembourg ?

    Le braille : comment fonctionne cette écriture tactile, et où la trouve-t-on au Luxembourg ?

    Le braille est un système d’écriture tactile qui permet aux personnes aveugles et malvoyantes de lire avec les doigts. Inventé en 1825 par Louis Braille, lui-même aveugle, il repose sur des combinaisons de points en relief organisées en petites cellules à six points. Aujourd’hui encore, le braille reste une clé essentielle vers l’autonomie et la participation à la vie sociale, professionnelle et culturelle : on le retrouve sur les emballages de médicaments, dans les ascenseurs, sur les claviers adaptés ou les plages de lecture reliées à un ordinateur, une tablette ou un smartphone. Au Luxembourg, une variante standardisée à l’échelle de l’Europe occidentale permet de représenter les trois langues officielles du pays. Dans cet article, nous expliquons comment fonctionne cette écriture, ses variantes informatiques, et comment elle est utilisée concrètement au quotidien.

    Le braille, un outil de participation avant tout

    Grâce au braille, les personnes aveugles et malvoyantes peuvent travailler sur ordinateur, lire des livres et des magazines, comprendre des panneaux ou lire des horaires. On trouve le braille sur les emballages de médicaments, dans les ascenseurs, sur les mains courantes ou les plaques de porte. Il existe des claviers, des règles, des calculatrices, des calendriers et des cartes géographiques en braille, et bien d’autres objets adaptés encore.

    Les informations en braille devraient toutefois devenir encore plus répandues et naturelles dans l’espace public et professionnel : pour les personnes aveugles et malvoyantes, le braille demeure une clé vers une participation égalitaire. Si vous souhaitez favoriser cette participation, pensez à intégrer le braille dans vos futurs projets de signalétique ou de documentation.

    Depuis 2019, l’Organisation des Nations unies célèbre chaque 4 janvier la Journée mondiale du braille, en hommage à la date de naissance de Louis Braille, né le 4 janvier 1809. Cette journée rappelle que l’écriture braille reste, deux siècles après son invention, un outil irremplaçable d’accès à l’information et à l’éducation pour les personnes aveugles et malvoyantes.

    Une écriture inventée par un adolescent aveugle en 1825

    Le braille tire son nom de son inventeur, Louis Braille. Lui-même aveugle depuis l’enfance à la suite d’un accident, il a développé ce système d’écriture en 1825, alors qu’il était élève à l’Institut royal des jeunes aveugles à Paris. C’est une écriture qui permet aux personnes aveugles et malvoyantes de lire grâce à leur sens du toucher, sans dépendre d’une lecture visuelle ou d’une tierce personne.

    La cellule à six points, brique de base de l’écriture braille

    Les caractères braille sont constitués de petits points en relief sur du papier lisse, embossés depuis l’arrière de la feuille. Au recto, on peut les palper avec le bout des doigts. Un caractère se compose d’un motif à six points appelé « cellule braille », disposés en deux colonnes et trois rangées. Selon la combinaison des points utilisés, on obtient différentes lettres, avec ou sans accent, ainsi que des signes de ponctuation.

    Une grille à six points offre 64 combinaisons possibles (63 caractères ou symboles et une combinaison vide). Cela ne suffit pas pour représenter toutes les lettres accentuées, majuscules et signes de ponctuation : c’est pourquoi l’écriture braille de base ne connaît que les minuscules. Un caractère spécial placé devant une lettre indique qu’il faut la lire comme une majuscule, et un signe équivalent précède les chiffres pour indiquer qu’il s’agit d’un nombre.

    Le braille peut représenter toutes les langues disposant de caractères écrits, mais aussi des symboles spécialisés : il existe des notations braille dédiées aux mathématiques, à la chimie et à la musique. Il existe également des versions abrégées et sténographiques, plus rapides à écrire et à lire que l’écriture de base. Un texte en braille occupe environ trois fois plus d’espace que le même texte en écriture pour voyants, ce qui explique le format plus volumineux des livres en braille. Des normes précises encadrent la taille, la hauteur et l’espacement des points, afin de garantir une lecture tactile fiable.

    Du papier à l’ordinateur : braille informatique et Eurobraille

    Outre le système standard à six points, il existe le braille informatique : un terme général désignant les écritures braille à huit points. Cette extension permet un total de 255 combinaisons (plus une cellule vide), ce qui suffit à représenter les lettres, les chiffres et les caractères spéciaux nécessaires au travail sur ordinateur.

    L’Eurobraille est une variante du braille informatique à huit points, développée pour uniformiser les écritures braille d’Europe occidentale. Grâce aux nombreuses combinaisons possibles, les lettres accentuées ou avec tréma sont codées de manière cohérente, si bien que les mêmes caractères s’affichent de façon identique dans toutes les langues européennes concernées. Des fabricants comme la société française Eurobraille conçoivent aujourd’hui des terminaux qui combinent bloc-notes, ordinateur braille et plage de lecture en un seul appareil compact.

    L’Eurobraille, la norme en usage au Luxembourg

    Au Luxembourg, l’Eurobraille est l’écriture braille officielle. Elle permet de représenter les trois langues officielles du pays, aussi bien pour les textes imprimés que pour les médias numériques. Selon la situation, des systèmes braille à six points spécifiques à certaines langues sont également utilisés, et de nombreuses personnes emploient l’écriture abrégée de leur langue au quotidien, sans toutefois qu’elle soit retenue pour les communications officielles.

    La Fondation Lëtzebuerger Blannevereenegung (FLB) est l’organisation de référence au Luxembourg pour l’accompagnement des personnes aveugles et malvoyantes. Elle propose notamment des cours d’orientation et de mobilité ainsi qu’une bibliothèque sonore, en complément des supports en braille utilisés dans l’enseignement et la vie quotidienne.

    Lire et écrire avec un ordinateur, une tablette ou un smartphone

    Pour travailler sur un ordinateur, un logiciel de lecture d’écran et une plage braille sont utiles :

    • Un logiciel de lecture d’écran lit le texte affiché à l’écran.
    • La plage braille (ou « plage tactile ») se présente sous la forme d’une bande de petits picots qui se lèvent ou s’abaissent pour composer des caractères. Les informations affichées à l’écran lui sont transmises par le logiciel de lecture d’écran. Elle peut être utilisée avec un ordinateur, mais aussi avec une tablette ou un smartphone, souvent via une connexion Bluetooth.

    Pour écrire des textes sur ordinateur, les personnes aveugles utilisent le clavier standard ou un clavier braille.

    Le saviez-vous ?

    Il existe des étiqueteuses portables, peu coûteuses, permettant d’imprimer du braille sur des rubans et étiquettes autocollantes, une solution simple pour rendre accessibles des objets du quotidien.

    Sources

  • Klaro en détail – Comment fonctionne le centre de compétences

    Klaro en détail – Comment fonctionne le centre de compétences

    Le cœur du Langage Facile au Luxembourg

    Klaro est le centre de compétences officiel pour le Langage Facile au Luxembourg et appartient à l’APEMH Personnes avec une déficience intellectuelle et leurs familles.

    Quand Klaro a-t-il été créé ?

    En 2011, le Luxembourg a signé la Convention des Nations Unies relative aux droits des personnes handicapées. Un an plus tard, en 2012, Klaro a été fondé. Depuis lors, le centre s’engage pour que le Langage Facile puisse être utilisé dans tout le pays.

    Comment fonctionne Klaro ?

    Aujourd’hui, trois personnes travaillent chez Klaro. Leurs principales missions sont :

    1. Informer et sensibiliser
    Klaro est là pour tous – pour les personnes et les organisations qui souhaitent s’informer sur le Langage Facile et la communication accessible.

    2. Proposer des formations
    Les collaborateurs de Klaro donnent également des cours. Les formations montrent comment écrire des textes plus clairs et concevoir des documents plus accessibles. De nombreux ateliers et coachings ont lieu au château de Bettembourg, mais aussi à l’INAP pour soutenir l’administration publique.

    3. Traductions et validation
    Lorsqu’un texte est écrit en Langage Facile, on l’envoie à Klaro. Klaro envoie le texte à ses collaborateurs avec déficience intellectuelle pour vérifier le texte. Le groupe de validation des ateliers de l’APEMH travaille avec Klaro pour vérifier si un texte est vraiment facile à comprendre.

    Collaboration avec d’autres partenaires

    Klaro travaille étroitement avec le Centre pour la langue luxembourgeoise (ZLS) au développement de règles pour un Langage Facile en luxembourgeois. Ces règles devraient être finalisées d’ici fin 2025.

    Klaro est également partenaire de Guichet.lu, Infocrise.lu et du Ministère de la Famille et de l’Intégration. Klaro aide aussi dans d’autres initiatives européennes comme Accessilingua, un outil d’Intelligence Artificielle pour des traductions automatiques en Langage Facile.

    Pourquoi Klaro est-il important ?

    Sans Klaro, il serait difficile pour le Luxembourg de produire de grandes quantités de textes en Langage Facile. Le processus est complexe et prend du temps. Mais grâce à Klaro, les ministères, les communes, les écoles et aussi les organisations privées peuvent rendre leurs informations accessibles – et ainsi atteindre plus de personnes et leur permettre de participer.


  • Où trouvons-nous le Langage Facile au quotidien au Luxembourg ?

    Où trouvons-nous le Langage Facile au quotidien au Luxembourg ?

    Vous vous demandez peut-être : « Où trouvons-nous réellement le Langage Facile au Luxembourg ? » La réponse : À de plus en plus d’endroits ! Nous vous montrons les exemples les plus importants.

    Guichet.lu – Le portail des services administratifs

    Depuis décembre 2019, l’équipe de rédaction de Guichet.lu a publié une série de fiches descriptives en Langage Facile en allemand. En juin 2022, la première fiche est également devenue disponible en FALC (Facile à lire et à comprendre).

    Que trouvons-nous sur Guichet.lu en Langage Facile ?

    La première fiche en Langage Facile était le Pacte civil de solidarité (PACS). La rubrique « Easy-to-read » sur Guichet.lu offre maintenant un grand choix de procédures qui sont écrites aussi bien en allemand qu’en français en Langage Facile.

    Quels thèmes sont traités ?

    Les fiches sur Guichet.lu concernent tous les domaines de la vie quotidienne des citoyens. Exemples :

    • PACS (Pacte civil de solidarité)
    • Déclarer un déménagement
    • Procédures électorales
    • Aide sociale
    • Documents familiaux

    Pour les élections communales 2023, Guichet.lu a publié de nouvelles pages d’information en Langage Facile qui expliquent la procédure pour les élections communales au Luxembourg.

    Récemment, en avril 2026, un article sur le « Bilan 30 » en langage facile a été publié.

    Quelles langues ?

    Sur Guichet.lu, vous trouvez des textes principalement en :

    • Leichte Sprache (allemand) – la plupart des textes
    • FALC (français) – depuis 2022
    • La liste est régulièrement élargie

    Un grand succès

    En janvier 2020, RTL a rapporté que cette année-là, plus de 3000 consultations des pages internet avec des articles en Langage Facile avaient été comptabilisées. Le retour des utilisateurs était positif. Le projet pilote du CTIE a montré qu’il existe une grande demande pour des textes en Langage Facile.

    Infocrise.lu – Informations importantes en cas d’urgence

    Sur Infocrise.lu, vous trouvez des documents importants en Langage Facile sur différentes situations d’urgence :

    Documents disponibles :

    Pourquoi est-ce si important ?

    En cas d’urgence, tout le monde doit savoir quoi faire. La brochure « Que faire en cas d’alerte atomique ? » par exemple existe en plusieurs langues (allemand, anglais, français, luxembourgeois et portugais). L’information doit être rapide et claire – pour tout le monde.

    Plus que des textes

    Infocrise.lu offre :

    • Documents PDF à télécharger
    • Instructions claires avec images
    • Informations sur des applications comme GouvAlert
    • Explications des signaux de sirènes

    Les collaborateurs du Ministère de l’Intérieur ont créé les textes en Langage Facile ensemble avec Klaro et le groupe de validation des Ateliers APEMH. Les pictogrammes viennent également de Klaro.

    Centre pour l’éducation politique (ZPB) – Informations sur les élections

    En 2017, le ZPB a déjà publié ensemble avec Klaro un livret et une affiche sur les élections communales en Langage Facile.

    Élections accessibles depuis 2023 : Pour les élections législatives 2023, le gouvernement a introduit ensemble avec Klaro, le ZPB, Info-Handicap et d’autres partenaires tout un ensemble de mesures pour rendre les élections accessibles :

    • Informations électorales en Langage Facile (allemand, français, anglais)
    • Modèles de vote tactiles pour personnes avec déficience visuelle
    • Moyens de transport (Adapto) pour le transport au bureau de vote
    • Droit de vote pour tous les adultes, même ceux sous tutelle
    • Mise en page améliorée du bulletin de vote avec logos des partis
    • Soirées d’information avec des politiciens pour personnes avec difficultés de lecture

    Médiation Scolaire – Comprendre les situations scolaires

    La Médiation Scolaire offre des informations et des ressources qui aident à mieux comprendre les situations scolaires. Sur son site web, vous trouvez des textes en Langage Facile (en allemand) qui expliquent aussi bien le rôle de la médiation que les droits des élèves.

    Qu’est-ce qui est particulier ?

    Sur MediationScolaire.lu, des textes sont présentés en Langage Facile allemand, mais il existe aussi une version en luxembourgeois en langage simplifié – parce qu’il n’existe pas encore de règles officielles luxembourgeoises pour le Langage Facile.

    Modèles de documents : Comprendre facilement les documents du quotidien

    Klaro a également développé quelques modèles de documents qui sont librement disponibles pour tout le monde :

    1. Bail (Contrat de location) en Langage Facile Un bail contient souvent des phrases juridiques compliquées. Le modèle de bail en Langage Facile aide les personnes qui louent un logement à mieux comprendre leurs droits et obligations.

    2. Fiche de paie en Langage Facile La fiche de paie est remplie d’abréviations et de termes compliqués. Un modèle en Langage Facile aide les travailleurs à comprendre ce qu’ils gagnent et ce qui est déduit.

    À quels autres endroits ?

    Institutions culturelles : Les musées et bibliothèques commencent à proposer des textes en Langage Facile. Cela rend la culture plus accessible pour tout le monde.

    Informations de santé : Différentes informations de santé, particulièrement sur la COVID-19, ont été rendues disponibles en Langage Facile pendant la pandémie.

    Informations communales : De plus en plus de communes commencent à publier des informations importantes en Langage Facile.


  • Comment écrire en Langage Facile ? Un guide pratique

    Comment écrire en Langage Facile ? Un guide pratique

    Plus que de simples mots

    Beaucoup de gens pensent que le Langage Facile serait très simple : il suffit d’écrire des phrases courtes et d’utiliser des mots simples. Mais il ne s’agit pas seulement du choix des mots et des phrases. Un texte en Langage Facile doit être optimisé, c’est-à-dire : enlever les éléments superflus, ajouter le contexte manquant.

    Nous vous expliquons comment ça fonctionne !

    Les règles de base

    Le Langage Facile est basé sur un ensemble de règles de l’organisation européenne Inclusion Europe. Ces règles ont été adaptées pour chaque langue. Au Luxembourg, les règles allemandes s’appliquent pour la Leichte Sprache et les règles françaises pour le FALC – Facile à lire et à comprendre.

    Les règles les plus importantes en aperçu

    1. Mots et vocabulaire

    • Utiliser des mots simples
    • Expliquer les mots compliqués
    • Utiliser une seule forme du mot (par ex. « électeurs » au lieu de « électrices et électeurs »)
    • Pas d’abréviations

    2. Phrases et grammaire

    • Phrases courtes (maximum 1 idée par phrase)
    • Formulations directes : Sujet – Verbe – Complément verbal
    • Utiliser la voix active (pas le passif)
    • Formulations positives (au lieu de négations)

    3. Structure du texte

    • Les informations importantes viennent au début
    • Un paragraphe = une idée
    • Sous-titres pour une structure claire
    • Utiliser des exemples du quotidien

    4. Présentation visuelle

    • Ne pas justifier le texte
    • Faire attention au contraste
    • Utiliser une police adaptée (sans empattement, assez grande)
    • Interligne généreux
    • Pas de coupure de mots (césure)
    • Pas de police italique

    5. Images et pictogrammes

    En plus du texte, il est très important de bien structurer le document et d’utiliser des illustrations et pictogrammes appropriés.

    Un exemple concret

    Prenons un exemple du domaine de la banque

    Original :

    « Le compte courant est un compte bancaire qui permet d’effectuer des opérations courantes : dépôts et retraits d’espèces, paiements par carte bancaire ou par chèque, virements, prélèvements automatiques. Il est généralement associé à une carte de paiement et à un chéquier. Les relevés de compte, envoyés mensuellement, permettent de suivre l’évolution du solde. »

    En Langage Facile :

    « Le compte courant est un compte à la banque.

    Avec un compte courant, vous pouvez :

    • déposer de l’argent
    • retirer de l’argent
    • payer avec votre carte bancaire
    • payer avec un chèque
    • faire des virements

    La banque vous donne une carte bancaire. La carte bancaire sert à payer dans les magasins. La carte bancaire sert aussi à retirer de l’argent.

    Chaque mois, vous recevez un relevé de compte. Le relevé de compte montre :

    • combien d’argent vous avez dépensé
    • combien d’argent il reste sur votre compte »

    Combien de temps faut-il ?

    Il faut environ 2 heures pour traduire un seul texte de 500 mots en Langage Facile. C’est beaucoup plus de travail qu’une traduction normale, parce qu’il faut restructurer complètement le texte.

    Validation : l’étape la plus importante

    Après avoir écrit votre texte, vous l’envoyez à Klaro. Là, le texte est envoyé à l’atelier « Isie ». Ces vérificateurs sont des personnes ayant une déficience intellectuelle qui sont payées pour faire ce travail.

    Un échange peut avoir lieu entre les auteurs et les vérificateurs. Les vérificateurs proposent régulièrement des améliorations. Quand le texte est validé et qu’il respecte les règles, il reçoit le logo « Easy to Read » d’Inclusion Europe.

    Une nuance importante

    Les vérificateurs de l’atelier Isie lisent principalement des textes en allemand en Langage Facile, parce que l’allemand est plus simple pour les Luxembourgeois. Mais à cause de la situation multilingue dans le pays, Klaro recommande deux versions de chaque texte : une fois en « Leichte Sprache » et une fois en FALC. Le choix dépend cependant du public cible.

    Pourquoi autant de travail ?

    Un niveau de langue B2-C1 (textes administratifs normaux) est beaucoup trop difficile pour beaucoup de gens. Le Langage Facile correspond à un niveau A1. Cela permet aux personnes ayant une déficience intellectuelle de comprendre l’information – mais aussi aux gens qui ne parlent pas bien l’allemand ou le français.

    Conseil : Si vous voulez commencer avec le Langage Facile, vous pouvez faire une formation chez Klaro. Ils proposent régulièrement des cours auprès des organisations INAP, UFEP et IFEN.


  • CDI – Langage Facile dans le domaine de l’éducation au Luxembourg

    CDI – Langage Facile dans le domaine de l’éducation au Luxembourg

    Quand l’éducation a besoin du Langage Facile

    À côté de Klaro, il existe un autre acteur important dans le domaine du Langage Facile au Luxembourg : le Service Leichte Sprache du Centre pour le développement intellectuel (CDI). Mais qu’est-ce que le CDI et que fait son service ?

    Qu’est-ce que le CDI ?

    Le CDI est un centre de compétences au Luxembourg pour les élèves avec déficience intellectuelle.

    Le CDI offre un accompagnement pour les enfants et jeunes avec déficience intellectuelle. Cela comprend :

    • Un déficit dans les fonctions cognitives (langage, lecture, calcul, compréhension des règles, autonomie)
    • Un manque de fonctions adaptatives dans la vie quotidienne (communication, participation sociale, autonomie)

    Le Service Leichte Sprache – Que fait-il ?

    Le Service Leichte Sprache, qui appartient au CDI, a deux objectifs principaux : promouvoir le Langage Facile et traduire des textes en Langage Facile.

    Les missions du CDI :

    Une des missions du CDI est de rendre l’information accessible à tous. Pour cela, le CDI utilise le Langage Facile.

    Cela rend la lecture plus facile pour tous, particulièrement pour les personnes avec trouble du développement intellectuel, les personnes avec problèmes de vue, les dyslexiques, les personnes âgées et beaucoup d’autres.

    Pour qui le service CDI est-il là ?

    Le Service national de l’éducation inclusive (SNEI), ainsi que tous les centres de compétences peuvent soumettre leurs demandes de traduction.

    Qu’est-ce que le SNEI ?

    Le Service national de l’éducation inclusive a pour mission de promouvoir l’éducation inclusive et de garantir le développement de la qualité de l’accompagnement des élèves avec besoins éducatifs spécifiques.

    Combien de centres de compétences existe-t-il ?

    Au Luxembourg, il existe huit centres de compétences et une agence qui sont spécialisés pour répondre aux besoins spécifiques que les élèves peuvent avoir :

    1. Centre pour le développement des compétences langagières, auditives et communicatives (Centre de logopédie, CL)
    2. Centre pour le développement des compétences relatives à la vue (CDV)
    3. Centre pour le développement socio-émotionnel (CDSE)
    4. Centre pour le développement des apprentissages Grande-Duchesse Maria Teresa (CDA)
    5. Centre pour le développement moteur (CDM)
    6. Centre pour le développement intellectuel (CDI)
    7. Centre pour enfants et jeunes présentant un trouble du spectre de l’autisme (CTSA)
    8. Centre pour enfants et jeunes à haut potentiel (CEJHP)
    9. Agence pour la transition vers une vie autonome (ATVA)

    Tous ces centres peuvent utiliser le Service Leichte Sprache du CDI !

    Comment fonctionne la demande ?

    Les demandes de traduction peuvent être soumises via un formulaire sur le site internet. Le Service Leichte Sprache contacte le demandeur pour clarifier les prochaines étapes.

    Les étapes du travail au CDI :

    Le site web du CDI montre un diagramme avec les différentes étapes :

    1. Demande – Soumettre le texte
    2. Traduction – L’équipe traduit le texte
    3. Relecture – Les vérificateurs du CDI vérifient le texte
    4. Validation – Le texte est approuvé
    5. Livraison – Renvoyer le texte terminé

    Qui est l’équipe ?

    L’équipe se compose actuellement d’un conseiller en Langage Facile, d’un coordinateur, de traducteurs formés en Langage Facile, et de vérificateurs, parmi lesquels des élèves du CDI.

    Vérificateurs du CDI :

    Exactement comme à l’Atelier Isie de Klaro, au CDI aussi les vérificateurs viennent du groupe cible : des élèves du CDI avec déficience intellectuelle qui donnent leur feedback pour savoir si un texte est vraiment facile à comprendre.

    Différence entre CDI et Klaro

    AspectKlaro (APEMH)Service CDI
    Groupe cibleToutes administrations, entreprises, organisationsPrincipalement SNEI et centres de compétences
    DomaineLangage Facile généralDomaine de l’éducation
    LanguesFALC + Leichte Sprache + Liicht SproochFALC + Leichte Sprache
    VérificateursAtelier IsieÉlèves du CDI
    Plans futursDévelopper des règles luxembourgeoisesExtension aux administrations du ministère de l’Éducation

    Pourquoi deux services ?

    Il est sensé d’avoir deux services :

    Spécialisation Le service CDI connaît bien le contexte éducatif et est spécialisé dans les matériels pour élèves.

    Capacité Avec deux services, plus de textes peuvent être produits en moins de temps.

    Réseau Le service CDI est directement connecté aux centres de compétences et au SNEI – cela simplifie la communication.

    Pool de vérificateurs Plus de vérificateurs = plus de diversité dans le feedback.

    Importance pour l’éducation

    Ce qui est important au CDI, c’est l’inclusion et une participation maximale à la société. Cela signifie : Toutes les personnes ont les mêmes droits. Toutes les personnes sont incluses partout. Toutes les personnes décident de leur propre vie elles-mêmes.

    Le Langage Facile dans l’éducation signifie :

    • Les élèves avec besoins spécifiques peuvent mieux comprendre leurs matériels scolaires
    • Les parents peuvent mieux communiquer avec les enseignants
    • Les documents sont accessibles à tous

    L’avenir du service

    Le Service Leichte Sprache du CDI est encore relativement jeune, mais les plans sont ambitieux.

    Dans un avenir proche, l’offre du Service Leichte Sprache sera étendue à d’autres administrations du ministère de l’Éducation.

    Cela signifie : Plus d’écoles, plus de services, plus d’institutions éducatives pourront à l’avenir demander des textes en Langage Facile au CDI.

    Contact :

    Centre pour le développement intellectuel Service Leichte Sprache 5, rue Thomas Edison L-1445 Strassen

    Tél. : +352 247-55700 E-mail : leichte.sprache@cc-cdi.lu


    Sources :

  • Élections accessibles au Luxembourg – Langage facile, droit de vote et mesures pour l’inclusion

    Élections accessibles au Luxembourg – Langage facile, droit de vote et mesures pour l’inclusion

    Parce que tout le monde doit pouvoir voter

    Voter est un droit fondamental. Mais que se passe-t-il lorsque les documents électoraux sont trop compliqués ? Lorsque le bureau de vote n’est pas accessible ? Lorsqu’on ne comprend pas la procédure ? Au Luxembourg, beaucoup est fait pour que chacun puisse exercer ses droits démocratiques.

    Pourquoi l’accessibilité est-elle si importante lors des élections ?

    Selon l’article 29 de la Convention des Nations Unies relative aux droits des personnes handicapées (CDPH), l’État doit veiller à ce que l’accès aux élections soit facilité – notamment par des procédures accessibles.

    Lorsque les personnes en situation de handicap votent, elles peuvent exercer effectivement leurs droits politiques et ainsi influencer indirectement des décisions qui les concernent également.

    Que fait le Luxembourg pour des élections accessibles ?

    Le gouvernement luxembourgeois a introduit, avec différents partenaires, toute une série de mesures pour rendre les élections accessibles :

    Informations en langage facile

    Check Politik – Cahiers électoraux en langage facile

    Le Centre pour l’éducation politique (ZPB) et Klaro collaborent depuis 2017 pour publier des informations électorales en langage facile.

    « Check Politik » est une série de cahiers avec des contenus en langage facile. L’objectif est de rendre accessibles à un large public des informations sur des thèmes politiques et sociaux et d’encourager ainsi le plus de personnes possible à exercer leur droit de vote.

    Pour les élections législatives de 2023, l’édition « Le Luxembourg élit son parlement » a été actualisée. Ce cahier propose en langage facile des informations de base sur les élections législatives.

    Le cahier est disponible en allemand, français et anglais et peut être téléchargé sur www.zpb.lu ou www.elections.public.lu.

    Instructions de vote faciles à comprendre

    En vue des élections législatives, le ZPB a créé des instructions de vote faciles à comprendre en allemand et en français. Cette publication décrit les différentes possibilités de remplir correctement (valablement) le bulletin de vote.

    Les communes peuvent les distribuer à leurs citoyens ou les publier dans le bulletin communal et sur leur site web.

    Convocation en langage facile

    La convocation et les instructions pour les électeurs sont rédigées en langage facile par le centre de compétences pour le langage facile « Klaro ».

    Accessibilité physique

    Brochure « Accessibilité des bureaux de vote »

    L’un des principes les plus importants de la Convention des Nations Unies est la participation et l’intégration pleines et effectives dans la société. Il est donc nécessaire de garantir l’accès des personnes à mobilité réduite aux bureaux de vote.

    La brochure « Accessibilité des bureaux de vote » (en français), publiée par Info-Handicap en collaboration avec le centre de compétences pour le langage facile « Klaro », s’adresse aux communes et propose les mesures nécessaires.

    Transport vers le bureau de vote

    Les usagers du service de transport Adapto qui possèdent une carte Adapto ont la possibilité d’utiliser ce service pour le transport vers le bureau de vote.

    Le transport vers le bureau de vote et retour n’est pas déduit du contingent annuel de trajets !

    Pour pouvoir réserver un tel trajet, les usagers peuvent contacter le service mobiliteit.lu par téléphone au 2465-2465 ou faire une réservation via l’application adapto.lu.

    Droit de vote pour tous

    Introduction du droit de vote pour les adultes sous tutelle

    Grâce aux modifications de la loi électorale en vigueur depuis le 29 juin 2023, les adultes sous tutelle ont désormais un droit de vote et peuvent participer le dimanche des élections.

    Toutefois, pour éviter que ce nouveau droit ne devienne un désavantage pour la personne concernée (par exemple si elle n’est pas en mesure d’exprimer sa volonté politique), les adultes sous tutelle sont excusés d’office et ne sont pas poursuivis pénalement s’ils n’exercent pas leur droit de vote.

    Accompagnement dans l’isoloir

    L’article 79 de la loi électorale a également été modifié. Ainsi, les adultes ayant le droit de vote qui sont sous tutelle ou qui ont une déficience visuelle, physique, mentale, intellectuelle ou sensorielle permanente ont désormais la possibilité de se faire accompagner par un guide dans l’isoloir le dimanche des élections.

    Modèle de vote tactile

    En collaboration avec le Centre pour le développement des compétences relatives à la vue (CDV), le gouvernement met à disposition des électeurs ayant une déficience visuelle un modèle de vote tactile.

    Ce document électoral tactile est disponible le dimanche des élections dans tous les bureaux de vote et peut, dans le cas du vote par correspondance, être commandé directement par l’électeur auprès du CDV.

    Mise en page améliorée du bulletin de vote

    Logos des partis politiques

    Pour la première fois, les logos des partis politiques sont reproduits sur le bulletin de vote. Cela aide les personnes ayant des déficiences sensorielles ou cognitives à lire et remplir plus facilement les bulletins.

    Design adapté

    Par ailleurs, la mise en page du bulletin de vote a été adaptée :

    • Police de caractères adaptée
    • Contrastes supplémentaires
    • Caractères plus grands

    Ainsi, le bulletin de vote est également plus accessible pour les électeurs ayant une déficience visuelle.

    Soirées thématiques avec des politiciens et des électeurs

    Pour garantir que toutes les personnes puissent exercer correctement leur droit de vote, des tables rondes d’information sont organisées, au cours desquelles des explications sur les programmes des partis politiques sont données.

    Ces événements s’adressent aux personnes qui ont des difficultés à comprendre les programmes politiques. Des membres des partis politiques sont invités à participer activement à ces tables rondes d’information.

    Les informations sur ces événements sont publiées sur www.info-handicap.lu.

    Site Internet officiel pour les élections

    Toutes les informations sur les projets lancés dans le cadre des élections sont publiées sous forme accessible sur le site Internet officiel pour les élections www.elections.public.lu.

    Importance pour la démocratie

    Les élections accessibles ne sont pas seulement une possibilité – elles sont un droit fondamental démocratique. Lorsque des personnes ne peuvent pas exercer leur droit de vote parce que les informations sont trop compliquées ou parce qu’elles ne peuvent physiquement pas accéder au bureau de vote, leur droit fondamental leur est refusé.

    Le langage facile n’est donc pas seulement un outil pour l’inclusion – c’est un outil pour la démocratie !

    Mais il reste encore du travail. Tout le monde doit pouvoir voter – sans barrières.

    Plus d’informations :


    Sources :

    • gouvernement.lu – News (2023): Élections accessibles pour tous
    • elections.public. – Accessibilité
    • Staatsministère a Ministère fir Famill (2023)
    • ZPB: Check Politik – Walinformatiounen
    • Klaro: Aberuffung a Liichter Sprooch
    • Info-Handicap: Broschür Accessibilité des bureaux de vote
  • Cap’FALC et Accessilingua – Deux chemins vers le même objectif

    Cap’FALC et Accessilingua – Deux chemins vers le même objectif

    Comment la France et le Luxembourg travaillent sur l’avenir du Langage Facile à Lire et à Comprendre

    En France, Cap’FALC est développé, au Luxembourg Accessilingua. Les deux projets utilisent l’Intelligence Artificielle (IA) pour traduire des textes en Langage Facile à Lire et à Comprendre. Mais les approches, les publics cibles et les philosophies sont différents. Il existe tout simplement différentes façons d’atteindre le même objectif.

    Qu’ont-ils en commun ?

    Avant d’aborder les différences, examinons d’abord ce que les deux projets ont en commun :

    1. La technologie Les deux utilisent l’Intelligence Artificielle pour simplifier les textes. L’IA analyse des textes compliqués et propose des versions plus simples qui correspondent aux règles du Langage Facile à Lire et à Comprendre.

    2. L’objectif Les deux projets ont le même objectif principal : produire plus de textes en Langage Facile à Lire et à Comprendre – et plus rapidement. Sans cette technologie, il faut 2 heures pour traduire un seul texte de 500 mots en Langage Facile à Lire et à Comprendre.

    3. Les limites de l’IA Les deux projets soulignent : L’IA est un outil d’aide, pas un substitut aux experts humains. Une relecture et une validation humaines restent essentielles.

    4. Les règles Les deux sont basés sur les règles d’Inclusion Europe, pour le FALC (France) ou le Langage Facile à Lire et à Comprendre (Allemagne/Luxembourg).

    5. L’idée principale Les deux projets partagent la conviction que l’information doit être accessible à tous. L’Intelligence Artificielle peut aider à atteindre cet objectif plus rapidement.

    Où sont les différences ?

    Malgré ces points communs, les deux projets diffèrent fortement :

    Origine et contexte

    AspectCap FALCAccessilingua
    PaysFranceLuxembourg
    InitiateurUNAPEI (Association pour personnes en situation de handicap)GovTech Lab (Ministère de la Digitalisation)
    Date de démarrage20182024
    PartenairesMeta AI, INRIATeam SoftGiant, CTIE, Klaro

    Cap’FALC est né du mouvement FALC lui-même. L’UNAPEI, l’association nationale pour les personnes avec déficience intellectuelle, a constaté que le pays avait besoin de plus de capacité de traduction. Ils ont donc développé cet outil.

    Accessilingua est une approche descendante : le gouvernement a constaté que sur guichet.lu, il n’y avait pas assez de textes en Langage Facile à Lire et à Comprendre, car la production prend trop de temps. Le GovTech Lab a donc lancé un Appel à Solutions.

    Public cible

    Cap’FALC :

    • Ateliers FALC en France
    • Transcripteurs des ESAT (Établissements et Services d’Aide par le Travail pour personnes en situation de handicap)
    • Accès prioritaire pour les personnes formées au FALC

    Accessilingua :

    • Administration publique au Luxembourg
    • Rédacteurs de guichet.lu, infocrise.lu, etc.
    • Au début : uniquement pour les organes gouvernementaux
    • Espoir : plus tard éventuellement pour le grand public

    La différence la plus importante : Cap FALC est un outil PAR des personnes en situation de handicap POUR des personnes en situation de handicap. Accessilingua est un outil pour l’administration – développé avec l’aide de Klaro – pour créer des documents qui seront lus par des personnes en situation de handicap.

    Fonctionnalités

    Cap FALC offre :

    • Simplificateur IA : propose des phrases plus simples
    • Dictionnaire collaboratif : définitions créées par les utilisateurs
    • Banque d’images collaborative : illustrations partagées
    • Fonctionnalité communautaire : tous les utilisateurs peuvent contribuer à la fonction de traduction

    Accessilingua offre :

    • Traduction IA : génère des textes en FALC/Langage Facile à Lire et à Comprendre
    • Adaptation luxembourgeoise : prend en compte les mots locaux (par ex. « Formation » au lieu de « Weiterbildung », « Chamberwal » au lieu de « Parlamentswahl »)
    • Deux langues : français (FALC) et allemand (Langage Facile à Lire et à Comprendre)
    • Intégration : directement avec Guichet.lu et d’autres sites gouvernementaux

    La différence la plus importante : Cap’FALC est un environnement de travail complet avec des fonctionnalités communautaires. Accessilingua est davantage axé sur la fonction de traduction.

    Conclusion

    Cap FALC et Accessilingua ne sont pas des concurrents. Ce sont des exemples d’approches différentes, chacune optimisée pour le pays et le public cible. Les deux projets montrent :

    ✅ L’Intelligence Artificielle peut démocratiser le Langage Facile à Lire et à Comprendre
    ✅ La validation humaine reste essentielle
    ✅ Il faut des solutions techniques et créatives pour rendre plus d’informations accessibles à tous