L'accessibilité au Luxembourg

Catégorie : Communication

  • ISIE NEWS – Des actualités en langage facile

    ISIE NEWS – Des actualités en langage facile

    Quand les actualités deviennent accessibles

    Comment les personnes ayant des difficultés d’apprentissage comprennent-elles ce qui se passe dans le monde ? Comment peuvent-elles participer aux discussions politiques quand la plupart des actualités sont trop difficiles à lire ? Cette question est au cœur du projet Isie News – une nouvelle initiative de l’APEMH, récompensée en mai 2026 par le Prix de l’inclusion numérique.

    L’idée : de personnes concernées pour des personnes concernées

    L’idée d’Isie News est venue de deux collaboratrices de l’Atelier Isie ayant des difficultés d’apprentissage. Ces deux femmes sont très intéressées par la politique et souhaitent discuter de l’actualité – mais elles critiquent à juste titre qu’il existe encore trop peu d’actualités au Luxembourg qui soient faciles à comprendre.

    Leur conclusion : il faut une plateforme pour des actualités inclusives et accessibles – et ce, en ligne, car l’environnement numérique offre de nombreuses possibilités techniques pour lever les barrières.

    Pourquoi des actualités en langage facile ?

    Le droit d’exprimer librement son opinion, l’accès à l’information ainsi que le droit de participer à la vie politique et publique sont ancrés dans la Convention des Nations Unies relative aux droits des personnes handicapées, ratifiée par le Luxembourg en 2011.

    Dans la réalité, cependant, de nombreuses personnes se heurtent à des obstacles lorsqu’elles lisent des actualités.

    Trois méthodes de travail

    Le projet Isie News repose sur un modèle de travail innovant articulé autour de trois axes :

    1. Co-production – Les collaboratrices ayant des difficultés d’apprentissage participent dès le début – elles décident ensemble de la forme que doivent prendre les actualités et sont membres à part entière de l’équipe de rédaction.
    2. Peer-to-peer – Les collaboratrices créent un produit accessible aux autres personnes ayant des difficultés d’apprentissage. Elles savent par expérience propre ce qui fonctionne – et ce qui ne fonctionne pas.
    3. Peer-to-professional – Les collaboratrices sont expertes en communication inclusive. Elles peuvent conseiller d’autres médias sur la façon de produire des contenus accessibles.

    La voie numérique est-elle la bonne ?

    Le canal numérique est un bon choix car il offre simultanément la possibilité de contourner différentes barrières :

    • Lecteurs d’écran pour les personnes ayant des problèmes de vue
    • Fichiers audio pour les personnes qui ne lisent pas bien
    • Vidéos avec support visuel
    • Navigation simple et compatibilité avec les technologies d’assistance numériques

    Par ailleurs, Isie News souhaite collaborer avec des médias locaux pour construire un réseau durable d’actualités inclusives au Luxembourg.

    Trois phases du projet

    Le projet se déroule en étapes structurées :

    • Phase 1 – Conception : L’équipe de co-production discute ensemble de la mise en œuvre du projet : Quelle forme doivent prendre les actualités ? À quelle fréquence sont-elles publiées ? Quels sujets sont traités en priorité ?
    • Phase 2 – Test : Différents formats d’actualités sont créés et testés par des collaboratrices : sont-ils vraiment faciles à comprendre ? Que faut-il améliorer ?
    • Phase 3 – Publication : Les actualités sont mises en ligne – idéalement en coopération avec un média local.

    Le Prix de l’inclusion numérique 2026

    Lors du 8e Forum interdisciplinaire sur l’inclusion numérique, l’APEMH a reçu le Prix de l’inclusion numérique 2026 – une reconnaissance importante pour le projet Isie News et pour le travail de l’ensemble de l’Atelier Isie.

    Ce prix souligne que l’inclusion dans l’espace numérique n’est pas un sujet de niche – c’est une urgence sociale. Et les idées viennent parfois non pas des bureaux des politiques, mais des personnes qui doivent faire face quotidiennement à des obstacles.

    Isie News dans un contexte plus large

    Isie News s’inscrit dans un tableau d’ensemble qui est en mouvement au Luxembourg :

    • Accessilingua développe un soutien basé sur l’IA pour produire des textes en langage facile
    • Guichet.lu propose de plus en plus de procédures administratives en langage facile
    • Klaro propose des traductions

    Là où les autres initiatives rendent principalement accessibles des contenus administratifs ou éducatifs, Isie News comble une autre lacune : l’actualité courante. Les personnes ayant des difficultés d’apprentissage ne doivent pas seulement pouvoir comprendre leur déclaration fiscale – elles doivent aussi savoir ce qui se passe dans le monde et au Luxembourg.


    Sources:

  • Vidéos en langue des signes : bonnes pratiques de réalisation

    Vidéos en langue des signes : bonnes pratiques de réalisation

    De nombreuses personnes sourdes et malentendantes utilisent la langue des signes comme langue maternelle. Certaines d’entre elles rencontrent des difficultés à lire la langue écrite : les informations écrites ou les sous-titres ne suffisent donc pas à garantir l’accessibilité à toutes les personnes concernées. Il est alors utile de fournir des informations supplémentaires en langue des signes. Mais une vidéo en langue des signes doit respecter certaines règles pour être vraiment utile : éclairage, cadrage, positionnement de la personne qui signe. Cet article présente ces bonnes pratiques.

    Un complément aux sous-titres, pas un remplacement

    Toutes les personnes sourdes ne maîtrisent pas la langue des signes. Elle ne doit donc en aucun cas remplacer les sous-titres et/ou les transcriptions dans une vidéo, mais les compléter. Le critère de succès WCAG 1.2.6 (« langue des signes, contenu préenregistré ») recommande d’ailleurs l’interprétation en langue des signes pour tout contenu audio préenregistré, en complément des sous-titres. Vous trouverez plus d’informations sur la langue des signes dans notre article consacré à ce sujet.

    Comment afficher la personne qui signe ?

    Il existe deux façons courantes d’afficher la personne qui signe :

    • La méthode du « film dans le film » : la vidéo originale s’affiche en format réduit, avec la personne qui signe à droite. Cette méthode exige de filmer devant un écran vert et n’est pas prise en charge par tous les logiciels vidéo.
    • L’affichage en bas à droite de la vidéo originale : la personne apparaît plus petite, ce qui peut nuire à la reconnaissance des signes, et masque une petite partie de la vidéo originale.

    Cinq critères pour une vidéo en langue des signes réussie

    • Ne pas masquer les contenus importants : la personne qui signe est généralement placée en bas à droite de la vidéo.
    • Prévoir un bouton de choix, si le lecteur vidéo le permet, pour visionner la vidéo avec ou sans langue des signes.
    • Couleurs contrastées et bon éclairage : les vêtements de la personne qui signe et l’arrière-plan doivent être unis et contraster avec la couleur de peau, afin que les mains et le visage soient bien visibles.
    • Filmer d’assez près pour que les mouvements restent clairement reconnaissables, y compris sur petits écrans.
    • Tenir compte de l’ensemble de l’espace de signation, qui s’étend de la tête aux hanches et d’un côté à l’autre du corps : la personne doit être filmée de manière à ce que tous ses mouvements soient reconnaissables.
  • Illustrations accessibles : quels types d’images et comment les utiliser ?

    Illustrations accessibles : quels types d’images et comment les utiliser ?

    Certaines personnes ont du mal à lire. Les images peuvent alors aider à traiter plus facilement les informations et à mieux comprendre un texte. Photos, dessins, pictogrammes, emojis ou diagrammes, chaque type d’image a une fonction différente et convient à des objectifs différents. Mais une image mal choisie ou mal intégrée peut aussi créer de la confusion. Cet article explique les différents types d’images, comment les utiliser efficacement dans un texte, et pourquoi le texte alternatif reste indispensable dans les médias numériques.

    Le texte alternatif, un principe transversal

    Dans les médias numériques, les images et graphiques doivent être décrits par un texte, sauf s’ils sont purement décoratifs. Ce texte, appelé « texte alternatif », aide les personnes qui ne peuvent pas ou peu reconnaître le contenu d’une image, un lecteur d’écran le lit à haute voix. Attention, les images décoratives doivent aussi être identifiées comme telles. Une image est décorative lorsqu’elle n’apporte aucune information supplémentaire nécessaire à la compréhension du texte. Ce principe correspond au critère de succès WCAG 1.1.1 (« Contenu non textuel »), qui exige un équivalent textuel pour tout contenu non textuel porteur d’information.

    Cinq types d’images, cinq fonctions

    Le type d’image utilisé dépend de l’objectif et du groupe cible. Par exemple, une information destinée à des adultes ne devrait pas utiliser de dessins destinés aux enfants.

    • Les photos sont utiles pour représenter quelque chose de manière réaliste : situations du quotidien, parties du corps, personnes, émotions, objets et lieux.
    • Les dessins expliquent des processus, comme les modes d’emploi ou les instructions dans les domaines de la santé, du social ou de l’environnement.
    • Les diagrammes aident à représenter des informations complexes, à condition d’offrir un contraste suffisant et une légende claire.
    • Les pictogrammes sont des symboles simples représentant un objet, un concept ou une situation. Utilisés avec du texte, ils sont plus faciles à comprendre ; leur signification doit toutefois être apprise au préalable.
    • Les emojis représentent des sentiments ou une atmosphère, et peuvent exprimer une recommandation.

    Bonnes pratiques d’utilisation

    • Dans un même document, utiliser toujours le même type d’image pour représenter le même objet.
    • Le lien entre le texte et l’image doit être clair : l’image doit être proche du texte auquel elle se rapporte, sans le recouvrir.
    • Les éléments importants peuvent être mis en évidence, par exemple en agrandissant l’image ou en entourant un détail.
    • Les images doivent transmettre un message clair, être faciles à comprendre et en couleur, avec des motifs facilement reconnaissables, un arrière-plan sobre et des contrastes nets. Éviter les détails inutiles.

    Bon à savoir

    Une image peut être interprétée différemment selon l’âge, l’origine et le milieu social du groupe cible. C’est pourquoi le lien avec le texte doit toujours être clair.

  • Sous-titres : les bonnes pratiques pour des vidéos accessibles

    Sous-titres : les bonnes pratiques pour des vidéos accessibles

    De bons sous-titres reproduisent ce qui est dit dans une vidéo, mais pas seulement. Ils facilitent la compréhension lorsque la personne qui parle a un accent fort ou des difficultés à s’exprimer, et permettent aux personnes malentendantes de comprendre la vidéo en lisant ce qui est dit. Au-delà des mots prononcés, de bons sous-titres identifient aussi qui parle, mentionnent les bruits de fond et la musique, ou expriment des émotions. Encore faut-il les concevoir correctement, la quantité de texte, la durée d’affichage, la police et les paramètres jouent tous un rôle dans leur accessibilité. Cet article explique les critères à respecter pour créer de bons sous-titres.

    Des recommandations, pas de norme figée

    Il existe des recommandations pour les sous-titres, mais aucune norme internationale fixe. Les recommandations de cet article s’adressent en priorité au public luxembourgeois. Pour les organismes publics et les médias, la norme européenne EN 301 549 fixe toutefois des exigences précises et contraignantes que les sous-titres doivent respecter.

    À qui profitent les sous-titres ?

    Les sous-titres facilitent la compréhension lorsque la personne qui parle a un accent fort ou des difficultés à s’exprimer. Les personnes malentendantes peuvent comprendre la vidéo car elles peuvent lire ce qui est dit. De plus, les sous-titres peuvent fournir des informations supplémentaires qui vont au-delà des mots prononcés, comme l’identification de la personne qui parle, la mention des bruits de fond et de la musique, ou l’expression des émotions. Ils profitent aussi aux personnes qui apprennent la langue parlée dans la vidéo, ainsi qu’à toute personne qui regarde une vidéo sans le son, par manque d’écouteurs ou dans un lieu bruyant.

    Quels types de sous-titres existe-t-il ?

    On distingue généralement trois types de sous-titres. Les sous-titres fermés (closed captions) peuvent être activés ou désactivés par la personne qui regarde la vidéo, ce qui laisse le choix à chacun. Les sous-titres ouverts (open captions) sont incrustés directement dans l’image et restent toujours visibles ; ils sont utiles sur les plateformes qui ne permettent pas encore de sous-titres activables, comme Instagram. Les sous-titres en direct (live captions) sont générés automatiquement en temps réel, par exemple lors d’une diffusion en direct ; leur qualité est généralement moins bonne que celle de sous-titres préparés à l’avance.

    Trois critères pour des sous-titres efficaces

    Réglages et positionnement

    Une vidéo accessible doit offrir la possibilité d’activer ou de désactiver les sous-titres, certaines personnes pouvant les trouver gênants. Les sous-titres doivent toujours apparaître en bas de l’écran, afin de ne pas masquer d’informations importantes.

    Police et contraste

    Les sous-titres doivent être lisibles même sur petits écrans, avec une taille de police plus grande que d’habitude. Comme pour les documents accessibles, les écritures sans sérif (Arial, Verdana, Tahoma) sont recommandées. Le contraste entre la couleur des sous-titres et l’arrière-plan doit être aussi fort que possible ; une barre translucide en bas de l’écran peut aider à garantir ce contraste tout en laissant voir la vidéo.

    Longueur du texte et temps de lecture

    Une ligne de sous-titre devrait comporter au maximum entre 30 et 37 caractères, sans afficher plus de deux lignes à la fois. On compte environ 13 à 15 caractères par seconde de lecture, soit environ 2,5 à 3 secondes pour 37 caractères. La durée d’affichage peut être plus longue mais ne devrait pas dépasser 6 à 8 secondes, un temps plus long est utile pour les vidéos destinées aux enfants ou comportant de nombreuses coupures. Le texte, s’il est animé, doit toujours se déplacer dans le sens de la lecture. Les recommandations de sous-titrage de la BBC, largement utilisées dans le secteur audiovisuel, retiennent des seuils très proches : 37 caractères par ligne au maximum et une vitesse de lecture de référence d’environ 160 à 180 mots par minute.

    Comment créer ses sous-titres ?

    Grâce à la reconnaissance vocale automatique, créer des sous-titres est aujourd’hui rapide. Des outils comme Whisper, disponible notamment via l’application MacWhisper, transcrivent l’audio localement sur l’ordinateur, sans envoyer les données en ligne. YouTube Studio et la Meta Business Suite proposent aussi une transcription automatique, même si la vidéo n’est pas publiée sur ces plateformes, et permettent d’exporter le résultat au format .srt, le format de fichier de sous-titres le plus courant. Quel que soit l’outil utilisé, la transcription automatique contient presque toujours des erreurs de reconnaissance, de ponctuation ou de majuscules : elle doit systématiquement être relue et corrigée avant publication.

    Sources

  • 37 offres « tourisme et culture pour tous » dans un classeur FALC

    37 offres « tourisme et culture pour tous » dans un classeur FALC

    Le Syndicat Intercommunal Kanton Réiden vient de publier un nouvel outil innovant : le classeur « Tourisme & Culture pour tous ». Cette initiative vise à rendre l’offre touristique et culturelle de la région plus inclusive et accessible.

    Ce classeur disponible en allemand , rassemble 37 offres différentes, réparties en six catégories : visites guidées, sentiers de promenade, activités sportives, gastronomie, hébergements et événements culturels.

    L’objectif principal est clair : permettre à chacun, y compris aux personnes avec une déficience intellectuelle, de profiter pleinement des richesses du territoire. Le projet contribue également à sensibiliser les acteurs du tourisme et le grand public aux besoins spécifiques de ces publics.

    Développé en collaboration avec différents partenaires régionaux, ce classeur constitue un véritable guide pratique pour découvrir la région du « Wëlle Westen » sous un angle inclusif et humain.

    Une belle avancée vers un tourisme plus responsable, où l’accessibilité devient une priorité pour tous.

  • Sites web accessibles : pour qui et comment les concevoir ?

    Sites web accessibles : pour qui et comment les concevoir ?

    Internet est aujourd’hui un outil indispensable pour s’informer, faire des démarches administratives, acheter, communiquer ou se divertir. Un site web accessible est un site conçu pour que toutes les personnes puissent y naviguer, comprendre son contenu et utiliser ses fonctions, indépendamment d’un éventuel handicap ou de besoins particuliers. Cela concerne aussi bien les personnes aveugles ou malvoyantes que celles qui utilisent d’autres dispositifs qu’un clavier et une souris, ou qui ont besoin d’un outil de traduction automatique. L’accessibilité d’un site repose à la fois sur des critères techniques et sur la qualité de son contenu. Cet article explique sur quelles normes s’appuyer au Luxembourg et ce qui rend concrètement un site accessible.

    Les normes de référence : WCAG et RAWeb

    La norme internationale de référence pour l’accessibilité des sites web est le WCAG (Web Content Accessibility Guidelines), publié par le W3C. La version WCAG 2.2, parue en 2023, est reconnue depuis 2025 comme norme ISO/IEC 40500:2025 et organise l’accessibilité autour de quatre grands principes : perceptible, utilisable, compréhensible et robuste. Ces quatre principes sont parfois résumés par l’acronyme POUR, une formulation reprise notamment dans les référentiels francophones d’accessibilité numérique. Le Luxembourg a développé son propre référentiel, le RAWeb, qui reprend l’intégralité des critères du RGAA français ainsi que des critères supplémentaires, pour un total de 136 critères de contrôle couvrant l’intégralité de la norme européenne EN 301 549. Le RAWeb peut être utilisé pour vérifier l’accessibilité d’un site et guider sa conception.

    À qui profite un site accessible ?

    À tout le monde. Un site web accessible est conçu pour que chacun puisse l’utiliser, que la personne navigue avec un ordinateur ou un autre appareil. Il doit aussi pouvoir être consulté par une personne qui a besoin d’applications spécialisées pour surfer sur Internet ou d’appareils adaptés pour utiliser un ordinateur. L’accessibilité web est utile en particulier :

    • aux personnes qui utilisent d’autres accessoires qu’un clavier et une souris pour se servir d’un ordinateur ;
    • aux personnes malvoyantes ou aveugles ;
    • aux personnes qui ont besoin d’un outil de traduction automatique pour consulter des sites web.

    Les quatre piliers d’un site accessible

    Un site web accessible répond à plusieurs qualités importantes :

    Compatibilité technique

    Le site doit fonctionner avec différents navigateurs et outils d’assistance, comme les lecteurs d’écran ou les logiciels de grossissement de caractères.

    Informations bien présentées

    Tous les contenus doivent être faciles à percevoir : textes lisibles, contrastes de couleurs suffisants, descriptions pour les images porteuses d’information, sous-titres pour les vidéos.

    Fonctionnement prévisible

    Le site doit se comporter de manière logique : les boutons et liens font ce qu’on attend d’eux, et en cas d’erreur, le site aide l’utilisateur à la corriger.

    Navigation simple et claire

    Les visiteurs doivent pouvoir se déplacer facilement sur le site : des menus bien organisés, des liens qui expliquent où ils mènent, et la possibilité d’utiliser toutes les fonctions au clavier seul. Un bon réflexe consiste à éviter les intitulés vagues comme « cliquez ici » ou « en savoir plus », qui n’apportent aucune information aux personnes qui parcourent une page lien par lien avec un lecteur d’écran.

    Comment évaluer rapidement l’accessibilité d’un site ?

    Il est possible de se faire une première idée de l’accessibilité d’un site sans compétences techniques particulières. Quelques vérifications simples suffisent : peut-on atteindre tous les liens et boutons uniquement avec le clavier, le contraste entre le texte et l’arrière-plan est-il suffisant, les éléments animés peuvent-ils être arrêtés, une vidéo reste-t-elle compréhensible sans le son, et la page est-elle structurée avec des titres cohérents. Si l’un de ces points pose problème, cela révèle une lacune à corriger. Pour aller plus loin, un audit complet réalisé par des experts permet d’identifier l’ensemble des non-conformités et d’établir un plan d’action pour les corriger progressivement.

  • Le cadre législatif de l’accessibilité au Luxembourg

    Le cadre législatif de l’accessibilité au Luxembourg

    Au Luxembourg, trois lois importantes encadrent l’accessibilité. Elles concernent tous les domaines de la vie sociale et économique : les infrastructures, les services publics numériques et, depuis 2025, les produits et services du secteur privé. Ensemble, elles montrent l’engagement du pays pour l’inclusion de tous les citoyens, en particulier des personnes en situation de handicap. Cet article présente les organismes qui surveillent l’application de ces lois, les outils pratiques disponibles pour s’y conformer, et le détail des trois textes.

    Une dynamique portée par la société civile

    Ces lois permettent une approche globale : l’accessibilité devient progressivement un standard dans tous les domaines de la vie. Ce processus est soutenu par différentes organisations qui représentent ensemble l’expertise nationale, comme Info-Handicap, le centre national d’information et de rencontre du handicap, qui fédère plus de 60 associations depuis 1993 et promeut notamment le concept de « Design for All ». L’objectif est que toutes les personnes vivant au Luxembourg puissent participer de manière autonome et égale à la vie sociale, quelle que soit leur situation personnelle.

    Trois lois, un même objectif : l’inclusion

    Accessibilité des produits et services : loi du 8 mars 2023

    Cette loi transpose la directive européenne 2019/882 (European Accessibility Act) et étend les obligations au secteur privé. Elle est entrée en vigueur le 28 juin 2025. Sont concernés notamment les services de communications électroniques, les plateformes audiovisuelles, les services bancaires, le commerce électronique, le transport de passagers ainsi que les livres numériques. Les microentreprises (moins de 10 salariés et un chiffre d’affaires annuel inférieur à 2 millions d’euros) sont exemptées de certaines obligations.

    L’Office de la surveillance de l’accessibilité des produits et services (OSAPS) surveille la mise en œuvre de cette loi. En cas d’infraction, des amendes administratives et pénales pouvant atteindre 500 000 euros sont prévues, et jusqu’à 1 million d’euros en cas de récidive. Le montant de l’amende est proportionnel à l’ampleur et à la gravité du manquement.

    Accessibilité numérique publique : loi du 28 mai 2019

    Cette loi transpose la directive européenne 2016/2102. Elle concerne l’accessibilité des sites internet et applications mobiles des organismes du secteur public : l’État, les communes ainsi que certains organismes travaillant dans l’intérêt public et financés publiquement. Les sites web doivent être accessibles depuis septembre 2020, les applications mobiles depuis juin 2021. Le Service Information et Presse (SIP, Ministère d’État) surveille la mise en œuvre et traite les réclamations.

    Accessibilité des infrastructures : loi du 7 janvier 2022

    Cette loi règle l’accessibilité des lieux ouverts au public, des voies publiques et des bâtiments d’habitation collectifs. Elle concerne les commerces, restaurants, administrations, professions libérales et établissements d’hébergement. Les principales obligations portent sur les entrées accessibles, les zones d’accueil, les voies de circulation, les sanitaires et une signalétique adaptée. Les lieux ouverts au public existants doivent être accessibles avant le 1er janvier 2032.

    RAWeb, RAAM, RAPDF : des référentiels pour passer à l’action

    La loi sur l’accessibilité numérique ainsi que la loi sur l’accessibilité des produits et services se basent sur la norme européenne EN 301 549. Le Luxembourg a développé des référentiels pour faciliter la mise en œuvre de l’accessibilité :

    • Le RAPDF s’applique aux documents PDF avec 46 critères de contrôle ;
    • Le RAAM s’applique aux applications mobiles avec 107 critères de contrôle ;
    • Le RAWeb s’applique aux sites internet et contient 136 critères de contrôle.

    Ces cadres de référence aident les organisations à appliquer plus facilement la norme européenne. Ils évitent le travail direct avec des textes de loi complexes et contiennent des tests précis, des méthodes claires et des techniques concrètes (HTML, CSS, JavaScript). Le texte intégral de la directive européenne 2016/2102, qui fonde l’obligation d’accessibilité numérique du secteur public dans toute l’Union européenne, est consultable sur le portail EUR-Lex.

  • La transcription simultanée : le sous-titrage en temps réel pour les personnes sourdes et malentendantes

    La transcription simultanée : le sous-titrage en temps réel pour les personnes sourdes et malentendantes

    Pour les personnes malentendantes ou sourdes, suivre une conversation orale peut être un vrai défi, que ce soit en cours, au travail, chez le médecin ou lors d’un événement public. La transcription simultanée, aussi appelée sous-titrage en temps réel, répond à ce besoin en retranscrivant les paroles en texte écrit au fur et à mesure qu’elles sont prononcées. Cet article explique son fonctionnement, ses usages et comment l’organiser au Luxembourg.

    Secret professionnel et complémentarité

    Les transcripteurs et transcriptrices sont soumis au secret professionnel. La transcription complète utilement d’autres solutions d’accessibilité comme les sous-titres préenregistrés ou la langue des signes, dans le cadre plus large du principe de la redondance sensorielle. Le concept anglophone équivalent, la Communication Access Realtime Translation (CART), est reconnu aux États-Unis comme un aménagement d’accessibilité à part entière pour les personnes sourdes et malentendantes.

    Comment organiser une transcription au Luxembourg ?

    Pour organiser une transcription, contactez le service de conseil pour personnes malentendantes Hörgeschädigten Beratung SmH (hoergeschaedigt.lu). Pour une bonne collaboration, fournissez à l’avance tous les documents utiles : plans de déroulement, termes techniques, présentations, noms des participants. Prévoyez aussi de bonnes conditions de travail : une table avec chaise sans accoudoirs, une prise électrique, un bon éclairage et une bonne acoustique. Ce travail étant intellectuellement très exigeant, deux transcripteurs qui se relaient sont nécessaires pour les missions de plus d’une heure.

    Des usages variés, sur place ou à distance

    La transcription s’applique à de nombreux domaines : santé (chez le médecin, à l’hôpital), travail, école et formation, administrations, tribunal et police, services religieux, activités associatives, événements privés (fêtes de famille, mariages) et événements culturels ou de loisirs.

    Elle fonctionne aussi bien sur place qu’à distance. En présentiel, les transcripteurs sont assis directement à côté du client, à l’écart dans la salle, ou dans une pièce adjacente ; si ce n’est pas la même salle, une transmission sonore (par exemple via un système FM) est nécessaire. À distance, on parle de transcription en ligne : elle requiert une transmission audio via un outil de visioconférence.

    Trois techniques de transcription

    Les transcripteurs et transcriptrices se préparent avant chaque intervention : ils se familiarisent avec le sujet et le vocabulaire spécialisé, et créent des abréviations pour les noms de personnes et d’institutions. Trois techniques principales sont utilisées au Luxembourg et en Allemagne, qui peuvent être combinées entre elles :

    • La transcription par reconnaissance vocale (respeaking) : le transcripteur répète ce qu’il entend dans un système de reconnaissance vocale entraîné à sa voix, qui convertit la parole en texte presque instantanément ; les corrections se font directement au clavier.
    • La vélotypie assistée par ordinateur : un clavier spécial (vélotype) permet d’enfoncer plusieurs touches simultanément, comme au piano, pour écrire des syllabes ou des mots entiers d’un seul geste et augmenter fortement la vitesse.
    • La technique conventionnelle : un clavier standard sert à transcrire les propos. Quand le débit est trop rapide, le texte est résumé à l’aide d’abréviations.

    Selon la situation, les professionnels travaillent dans la même pièce à l’aide d’un masque microphone spécial (sténomasque), ou à distance avec un casque, depuis une salle adjacente ou une cabine d’interprétation.

    Un service d’interprétation écrite en temps réel

    La transcription simultanée, ou transcription, est une forme d’interprétation conçue pour les personnes nées sourdes, malentendantes ou devenues sourdes. Les informations acoustiques sont transmises en direct sous forme écrite : les mots prononcés, mais aussi les expressions non verbales, les bruits (rires, applaudissements), l’ironie et les changements d’interlocuteur. La personne malentendante lit le texte sur un écran, une tablette ou un écran de projection.

    Ce service aide surtout les personnes qui communiquent oralement et connaissent peu ou pas la langue des signes. Son avantage principal : contrairement à un enregistrement ou un résumé rédigé après coup, il permet de lire en temps réel, de poser des questions et de participer activement à la conversation.

    Sources

  • Le FALC (langage facile à lire et à comprendre) : règles et acteurs au Luxembourg

    Le FALC (langage facile à lire et à comprendre) : règles et acteurs au Luxembourg

    Le langage facile à lire et à comprendre, ou FALC, est une variante fortement simplifiée d’une langue, créée comme moyen de participation communicative pour permettre aux personnes avec des difficultés d’apprentissage d’accéder à l’information. Ce n’est pas un langage naturel mais un langage artificiellement créé et fortement réglementé, porté en Europe notamment par l’association Inclusion Europe. Au Luxembourg, plusieurs structures produisent et vérifient des textes en FALC. Cet article présente les règles principales du FALC et les acteurs luxembourgeois qui le mettent en œuvre.

    Toujours privilégier le FALC, même sans vérification

    Si une vérification par un groupe de relecture n’est pas possible, les textes devraient néanmoins être rédigés en FALC : cela garantit le plus grand accès possible à l’information.

    Qui vérifie les textes en FALC au Luxembourg ?

    Pour garantir la compréhension d’un texte FALC, il est recommandé de le faire vérifier par un groupe de relecture composé de personnes avec des difficultés d’apprentissage. Un texte vérifié peut porter le logo d’Inclusion Europe pour le langage FALC. Au Luxembourg, il existe actuellement :

    • l’atelier isie de l’APEMH, qui relève des textes en allemand, français et anglais ;
    • le groupe de relecture Op der Schock, spécialisé dans le tourisme ;
    • le Service Langage facile du Centre pour le développement intellectuel (CC-CDI), exclusivement pour le domaine scolaire.

    Le service Klaro de l’APEMH propose par ailleurs des conseils et des formations en FALC pour toute personne intéressée.

    Trois catégories de règles

    Les textes en FALC sont plus courts en contenu que les textes standards, car une sélection d’informations est nécessaire pour les personnes ayant une capacité d’attention réduite.

    Mise en page

    • Polices sans empattement, interligne de 1,5, texte aligné à gauche.
    • Une phrase par ligne ; images et pictogrammes pour faciliter la compréhension.

    Structure des phrases

    • Phrases courtes de 8 à 10 mots, une seule information par phrase, structure sujet-verbe-complément.
    • Phrases actives et positives plutôt que passives ou négatives.

    Vocabulaire

    • Utilisez des mots simples et le même mot pour parler de la même chose ; expliquez les termes techniques.
    • Évitez les abréviations, les métaphores et les initiales.
    • Présentez les chiffres et les dates de manière simple (« 3 livres » plutôt que « trois livres »).

    Origines et reconnaissance du FALC

    Le concept de langage facile existe pour différentes langues : le FALC pour l’espace francophone, la « Leichte Sprache » pour les pays germanophones, et le « easy-to-read » pour les pays anglophones. L’association Inclusion Europe, qui défend les droits des personnes en situation de handicap intellectuel à travers l’Europe, a joué un rôle décisif dans son développement et a élaboré des règles de référence intitulées « Information for all » (2010). Depuis 2014, le langage facile fait aussi l’objet d’études linguistiques.

  • Le langage inclusif : rendre visibles tous les genres, de manière accessible

    Le langage inclusif : rendre visibles tous les genres, de manière accessible

    Notre langage façonne notre réalité et notre perception : il peut inclure ou exclure certaines personnes. Dans une démocratie, tout le monde doit pouvoir participer et être inclus, y compris les personnes handicapées et les personnes de tous sexes et genres. Le langage inclusif vise à rendre visibles tous les genres et toutes les orientations sexuelles et à les traiter de manière égale, sans normes universelles imposées. Mais l’inclusivité et l’accessibilité ne vont pas toujours spontanément ensemble : certains procédés typographiques, comme le point médian, peuvent poser problème aux lecteurs d’écran. Cet article explique comment concilier les deux.

    Une question d’attitude, avant tout

    Il n’existe pas de langage parfait, totalement non discriminatoire. L’essentiel est de prendre conscience de la personne à qui l’on s’adresse et de ce qui est important pour elle. Le langage évolue constamment ; en participant activement à cette évolution, nous pouvons contribuer à une société plus inclusive.

    Langage non discriminatoire et validisme

    Le langage non discriminatoire consiste à utiliser les mots de manière à éviter toute forme de stigmatisation. Il ne s’agit pas seulement d’éviter certains mots, mais d’adopter une attitude respectueuse. Certaines expressions peuvent, sans intention, dévaloriser une personne en situation de handicap, on parle alors de validisme. Par exemple, on privilégiera « personne en situation de handicap » ou « personne avec un handicap » plutôt que « handicapé », et « utilise un fauteuil roulant » plutôt que « victime d’un handicap ». Chaque personne peut avoir ses propres préférences : il est conseillé de demander directement comment elle souhaite être appelée.

    Plusieurs techniques pour un langage inclusif

    Il existe plusieurs façons de parler et d’écrire de manière inclusive. Il ne s’agit pas de règles strictes mais de recommandations, à adapter selon le contexte et le public :

    • La double flexion : écrire les deux formes entièrement, par exemple les étudiants et les étudiantes.
    • Le point médian (·) : regroupe les formes masculine et féminine dans un même mot, par exemple un·e employé·e.
    • Mots épicènes : privilégier des mots neutres, par exemple un/une élève, un/une journaliste.
    • Les noms collectifs : utiliser un nom qui désigne un ensemble de personnes sans distinction de genre, par exemple la clientèle plutôt que les clients.
    • La voix active : reformuler une phrase à la voix active permet souvent d’éviter de choisir entre le masculin et le féminin, par exemple nous vous prions de confirmer plutôt que vous êtes priés de confirmer.

    S’adresser à un groupe ou à une personne

    Pour un discours ou un courrier adressé à un ensemble de personnes, une formule de salutation neutre évite de présumer qui sera présent : « Bonjour à toutes et tous », « Cher public » ou « Chers invité·es » remplacent avantageusement des tournures qui supposent un public uniquement masculin ou féminin.

    Face à une personne que l’on ne connaît pas, il vaut mieux éviter de présumer son genre. Un simple « Bonjour », dit avec un sourire, remplace utilement un « Bonjour Madame » ou « Bonjour Monsieur » qui pourrait s’avérer erroné. Si la relation se prolonge, la personne elle-même indiquera souvent comment elle souhaite être appelée, par exemple en précisant son pronom dans la signature d’un courriel.

    Concilier inclusivité et accessibilité

    Le langage inclusif peut être compatible avec le FALC (Facile à lire et à comprendre), à condition de privilégier des formulations neutres ou collectives plutôt que des signes typographiques complexes.

    Le point médian peut poser un problème d’accessibilité, car les lecteurs d’écran ne le lisent pas toujours correctement, ce qui peut rendre le texte confus pour les personnes malvoyantes ou non-voyantes. Par exemple : « les étudiant·e·s sont invité·e·s » devient plus accessible sous la forme « les membres du corps étudiant sont invités », sans symbole spécial.

    Une étude représentative menée en 2022 par l’organisme allemand BFIT-Bund auprès de personnes aveugles et malvoyantes a montré qu’aucun caractère de séparation (astérisque ou deux-points) n’offre d’avantage technique clair sur l’autre en matière d’accessibilité. Selon Access42, il est par ailleurs possible de personnaliser certains lecteurs d’écran pour qu’ils interprètent correctement les caractères spéciaux ; cette organisation considère d’ailleurs que le point médian demeure une bonne option pour pratiquer un langage inclusif, à condition de sensibiliser les utilisateurs de technologies d’assistance. Des extensions de navigateur comme LEIA permettent aussi de configurer la lecture du point médian pour certains lecteurs d’écran, ce qui limite cette gêne pour les personnes qui les utilisent.

    Sources