L’audiodescription décrit à l’oral les éléments visuels d’un film, d’une vidéo ou d’un événement en direct. Les personnes malvoyantes et non-voyantes peuvent ainsi en comprendre le contenu. Les descriptions s’insèrent dans les silences de la bande-son, entre les dialogues. Elles ne couvrent ainsi pas les sons importants de l’action. Au Luxembourg, comme dans le reste de l’Union européenne, les fournisseurs de services de médias audiovisuels ont une obligation. Ils doivent améliorer progressivement l’accessibilité de leurs programmes, et l’audiodescription en fait partie. Cet article explique comment on crée une audiodescription et quelles règles encadrent sa rédaction. Il indique aussi comment la faire réaliser pour vos propres contenus.
Décrire l’image par la parole
Dans le cadre de l’audiodescription, on décrit à l’oral les éléments visuels perçus par le public. Cela permet aux personnes malvoyantes et non-voyantes de comprendre les informations visuelles d’un film ou d’un événement. Les audiodescriptions peuvent concerner des films et des vidéos, ainsi que des événements en direct. L’audiodescription en direct (Live-AD) consiste à décrire ce qui se déroule, de manière spontanée et en temps réel. Cela concerne par exemple une pièce de théâtre, un concert, une manifestation sportive ou une conférence.
Le présent article traite des audiodescriptions pour les films et les vidéos. On y décrit à l’oral les éléments visuels importants. On insère ensuite ces descriptions dans les séquences sans dialogue ni son. Le résultat est un film à écouter, également appelé film sonore ou film audiodécrit.
Un droit reconnu par les textes internationaux et européens
La Convention relative aux droits des personnes handicapées des Nations unies a été adoptée en 2006. Elle reconnaît le droit d’accès à la culture, aux loisirs et aux médias pour les personnes en situation de handicap. Son article 30 appelle les États à rendre les œuvres audiovisuelles et culturelles accessibles, dans des formats adaptés. L’audiodescription fait partie de ces formats.
Depuis mars 2021, une loi transpose au Luxembourg la directive européenne sur les services de médias audiovisuels. Elle introduit de nouvelles obligations d’accessibilité pour les fournisseurs luxembourgeois de télévision et de vidéo à la demande. L’Autorité luxembourgeoise indépendante de l’audiovisuel (ALIA) encourage ces fournisseurs à améliorer continuellement l’accessibilité de leurs programmes. Cela concerne notamment les personnes ayant une déficience visuelle ou auditive. Concrètement, les fournisseurs doivent élaborer des plans d’action en ce sens. Ils doivent aussi transmettre à l’ALIA un rapport sur leur mise en œuvre, tous les trois ans. L’audiodescription et le sous-titrage figurent parmi les mesures concernées.
De l’écriture du script à l’enregistrement en studio
La description doit s’intégrer dans les pauses des dialogues de la bande-son originale. Elle ne couvre ainsi pas les bruits et effets sonores pertinents pour l’action. C’est pourquoi on crée une audiodescription sous forme de « timed text ». Le texte de l’audiodescription se synchronise ainsi dans le temps avec le film.
Pour ce faire, l’auteur doit d’abord créer un script précis. Il identifie les séquences du film sans dialogue ni son, définies à l’aide de codes temporels (horodatages). Il rédige ensuite une description pertinente pour chacune de ces séquences. Les séquences sans son ne durent généralement que quelques secondes. L’auteur y décrit donc en priorité les informations visuelles indispensables à la compréhension du film. Un rédacteur vérifie ensuite le script sur le plan linguistique et sur son contenu.
Vient ensuite l’enregistrement vocal. Dans un studio, un locuteur professionnel enregistre le texte, sous la direction technique d’un concepteur sonore. Un rédacteur d’audiodescription veille à la fidélité au script, à la prononciation correcte des noms et à l’intonation. Le concepteur sonore crée enfin un mixage à partir de l’audiodescription enregistrée et du son original du film. On publie la version finale sous forme de piste audio séparée. L’utilisateur peut l’activer via le menu du lecteur multimédia ou une application.
Les règles de rédaction : neutralité, précision, exhaustivité
Au fil des ans, l’Europe a élaboré des directives spécifiques à chaque pays pour la rédaction des audiodescriptions. Pour la zone francophone, l’Arcom (le régulateur français de la communication audiovisuelle et numérique) a publié des lignes directrices. Voici un aperçu de certaines de ces règles :
- Elle répond aux questions « qui, où, quoi, quand ? »
- Elle décrit le « comment ». Au début du film, cela inclut les caractéristiques des personnages : couleur des cheveux et de la peau, âge, vêtements. Elle décrit aussi les lieux et objets importants pour l’intrigue : époque, décors, paysage, ameublement, couleurs, etc.
- Elle utilise une formulation neutre ; elle n’émet ni critique ni opinion personnelle
- Elle précise l’origine des bruitages ambigus
Faire réaliser une audiodescription, et y penser dès le scénario
La création d’une audiodescription professionnelle pour un film ou une vidéo est un travail d’expert. Elle nécessite des auteurs, des rédacteurs, des locuteurs et des concepteurs sonores. Certaines sociétés de production média se sont spécialisées dans ce domaine. Nous vous conseillons donc de commander votre audiodescription auprès d’un prestataire spécialisé, plutôt que de l’improviser.
Vous êtes en train de créer un script pour votre film ? Souhaitez-vous qu’il soit également accessible aux personnes malvoyantes et non-voyantes ? Pensez à l’audiodescription dès le début. Vous pouvez concevoir la bande sonore originale ou la voix off pour inclure d’emblée les descriptions pertinentes. Vous éviterez ainsi de devoir commander, a posteriori, une audiodescription coûteuse et chronophage.
Sources
- Accessibility of programmes, ALIA (Autorité luxembourgeoise indépendante de l’audiovisuel)
- Accessibilité des services de médias audiovisuels, Arcom
- Audiodescription, Akzent.lu
- Convention relative aux droits des personnes handicapées, article 30, Organisation des Nations unies (ONU)

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